Elections en RDC: la coupure d'Internet crée un climat de suspicion

Afrique Connection | 01 / 01 / 2019 à 04:37

Internet est coupé en République démocratique du Congo (RDC) depuis le 31 décembre au matin.

 

Selon des opérateurs de téléphonie, cette mesure a été prise sur instruction du gouvernement, qui n'a pas donné pour le moment de justification officielle. Elle intervient au lendemain des élections générales et suscite des réactions de suspicion de la part de l'opposition et de la société civile congolaise. Par ailleurs, RFI n'est pas audible sur sa fréquence habituelle dans la capitale Kinshasa.

D'après Aubin Minaku, secrétaire général de la majorité au pouvoir en RDC et président de l'Assemblée nationale, des raisons sécuritaires justifieraient cette coupure des communications dans le pays au lendemain des élections générales.

« Aujourd'hui, les réseaux sociaux sont l'une des principales sources d'information pour les Congolais, explique de son côté Tshivis Tshivuadi, secrétaire général de l'ONG Journalistes en danger. Et à l'heure actuelle, il est impossible de savoir ce qui se passe dans le pays et c'est ce qu'ils veulent ».

Collecte des données

Les candidats de l'opposition, eux, estiment que le gouvernement aurait pris cette décision pour empêcher un dépouillement en toute transparence. « Compte tenu de l'impraticabilité des routes en RDC, surtout en cette saison des pluies, Internet est indispensable pour la collecte des données », se désole Abraham Lukabuanga, porte-parole du candidat Félix Tshisekedi.

Même son de cloche du côté du candidat Martin Fayulu. Eve Bazaïba, sa porte-parole, rappelle que l'application WhatsApp et les SMS restent les moyens les plus simples pour les observateurs de communiquer les résultats provisoires des bureaux dans lesquels ils sont déployés.

« Pour nous, c’est une décision liberticide et anti-constitutionnelle, estimait déjà le 31 décembre Israël Mutala, président de l'Association Médias en ligne et également patron du site 7sur7.com. Les autorités elles-mêmes ont dit que les élections se sont passées relativement bien, sans violence. Je ne vois donc pas pourquoi, aujourd’hui, on couperait Internet au motif que les tendances qui remontent sur les réseaux sociaux peuvent conduire à une insurrection ou à un désordre public. »

RFI 

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