A Abidjan, accord afro-européen et onusien pour lutter contre l'esclavage des migrants en Libye

Afrique Connection | 01 / 12 / 2017 à 09:45

En marge de la rencontre entre l'Union européenne (UE) et l'Union africaine (UA) à Abidjan, mercredi 29 novembre, les deux organisations ainsi que l'ONU ont annoncé des mesures immédiates pour lutter contre l’esclavage d’émigrés clandestins en Libye. Lors de cette réunion d’urgence, il a été décidé qu’une task force serait créée pour contrer les passeurs en Libye.

Le dossier de la migration, thème central de la rencontre

"À la demande de Paris" une réunion d'urgence, organisée en marge du sommet Union africaine et Union européenne, s'est tenue à Abidjan (Côte d'Ivoire) mercredi 29 novembre en début de soirée [Le Figaro]. Cette rencontre a eu lieu pour lutter contre l’esclavage d’émigrés clandestins, un fléau qui est apparu en Libye, et qui a été révélé par CNN lors d'un reportage diffusé en novembre. RFIexplique que le sujet des migrations est "finalement venu occuper une place centrale dans le 5èmesommet Europe-Afrique". "Les récents reportages sur la façon dont les Africains – particulièrement les jeunes – sont traités par les passeurs et les trafiquants, sont horrifiants", a estimé le président du Conseil européen, Donald Tusk [RFI].

FranceInfo précise que cette rencontre sur l'esclavage a réuni "outre l'UE, l'Union africaine et l'ONU, neuf pays : la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, le Tchad, le Niger, la Libye, le Maroc et le Congo". Lors d’une conférence de presse à l'ambassade de France, c'est Emmanuel Macron qui a annoncé les mesures prises par les participants.

"Sensibiliser la jeunesse africaine"

Parmi les différentes actions concrètes annoncées, le président français a cité la mise en place d'une "force coordonnée pour d'abord aller chercher les clandestins sur le sol libyen qui souhaitent être rapatriés dans leur pays d'origine" [RFI]. A la création de cette task force s'ajoute un "soutien accru à l'Office international des migrations pour aider au retour des Africains qui le souhaitent vers leur pays d'origine", rapporte FranceInfo.

Les dirigeants africains et européens ont par ailleurs décidé de "mettre en place 'une coopération étroitede leurs services de police et de renseignement 'pour démanteler les réseaux et leur financement et interpeler les trafiquants'" [FranceInfo]. Afin de lutter contre les réseaux, Emmanuel Macron a aussi annoncé le "gel d’avoirs et [de] sanctions financières à l’encontre des trafiquants identifiés ou de celles et ceux qui sont en lien avec eux" [Jeune Afrique].

Enfin, parmi les nouvelles mesures prises en commun, le président a évoqué la mise en place d'une campagne de communication, dont le but est de "sensibiliser la jeunesse africaine" afin de la détourner d'un "exode qui se conclut trop souvent en drame" [RFI]. Libération rappelle que "60% de la population africaine a moins de 25 ans, et des centaines de milliers de jeunes désespérés par le chômage, la pauvreté et l’absence de perspectives dans leurs pays" s'aventurent clandestinement vers l'Europe dans l'espoir d'une vie meilleure.

"Reconstituer un Etat pérenne"

Lors de la conférence de presse, Emmanuel Macron a souligné que la Libye, représentée par son président Fayez el-Sarraj, soutient ces initiatives et a donné son accord pour que les "opérations d'évacuation d'urgence soient menées dans les prochains jours ou semaines".

Le président français a aussi affirmé que pour "réellement lutter contre ce qu’il se passe en Libye", il est nécessaire de "reconstituer un Etat pérenne" doté d'un "équilibre politique" [Jeune Afrique].

L'Union africaine a également décidé de "mettre en place une commission d’enquête afin de procéder aux investigations requises [sur les responsables de ces traites] et de donner un cadre aux suites judiciaires qui pourront être données à la suite de ces opérations" [Ouest-France].

Par ailleurs, Emmanuel Macron veut "embarquer les États de l'Union européenne" dans la mise en place d'un dispositif d'accueil des migrants "répondant aux critères pour obtenir l'asile" [Le Figaro]. Le quotidien explique que Paris a déjà commencé à mettre en pratique ce système avec un "premier petit contingent de réfugiés rapatriés de Libye en novembre". Le chef de l’Etat souhaite maintenant "étendre ce dispositif".

Avec agences

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