"Je ne dois pas faire de la politique aujourd'hui"

À Paris, le service minimum de Khalifa Sall pour ses retrouvailles publiques avec ses partisans

Afrique Connection | 04 / 11 / 2019 à 04:19

Après Dakar, le 21 octobre dernier, Khalifa Sall a effectué sa première sortie publique dans la diaspora, à Paris plus précisément, ce samedi 2 novembre. Mais comme à Dakar, il s'est abstenu de tenir un discours politique, se contentant juste de réitérer son pardon et d'appeler ses partisans à l'imiter.


Ceux qui s'attendaient à une déclaration choc de Khalifa Sall lors de sa première rencontre avec la diaspora depuis sa sortie de prison, samedi à Paris, ont dû déchanter. Car l'ancien député- maire de Dakar est resté dans le ton de sa première sortie publique à Dakar, lundi 21 octobre 2019. C'est-à-dire des paroles apaisées, "sans racune ni rancoeur" contre ceux qui l'ont privé de liberté pendant plus de 30 mois.

Bref, face à une assistance qui s'attendait sans doute à une déclaration forte, Khalifa Sall s'est juste contenté d'assurer le service minimum, exempt de tout propos revanchards.
"Quand je dis que j'ai pardonné ou que j'ai dépassé cette épreuve, c'est sincère en moi. C'est le passé", a martelé Khalifa Sall face à ses partisans de France et des invités de l'opposition et de la société civile sénégalaise.

"Ressasser le passé, c'est parfois susciter la rancoeur, de l'amertume, de la rancune? Rancoeur et racune retardent (...) et ne sert à rien", justifie Khalifa Sall dans son discours qui a duré neuf minutes.

"C'est cette invite aussi que je vous fais. Vous-vous êtes battus sous la neige, la pluie, le soleil." "Je ne dois pas faire de la politique aujourd'hui", a-t-il ensuite martelé, paraphrasant le coordonner de son mouvement en France, Malick Youm. 

"Je suis venu voir ma famille, voir chacune et chacun de vous pour vous dire "merci, merci, merci", a conclu l'ancien prisonnier de Rebeus.

"Le maître c'est Khalifa Sall et l'élève c'est Macky Sall."

Qu'à cela ne tienne, certains de ses partisans, qui se sont exprimés avant lui, ne sont pas abstenus de tenir un discours politique.

"Aujourd'hui Il est de notoriété publique que notre justice est instrumentalisée à des fins politiques", a dénoncé Fatou Badji du mouvement des jeunes.
"De Barbes à Trocadéro nous avons bravé le froid et les intempéries pour ne pas laisser mourir nos convictions, nos rêves et aspirations sous la menace des dérives de ce régime en place", a-t-elle souligné.

"Nous avons en face de nous un homme qui a été injustement emprisonné", a embrayé Yaye Ami Diop.
Avant de lancer une pique au Président Macky Sall et son régime:
"Aujourd'hui, ce sont ceux-là qui l'ont emprisonné qui ont des problèmes. Parce que Macky Sall était étudiant à la faculté des sciences avec moi-même, Khalifa Sall était déjà député à l'Assemblée nationale. Donc je pense qu'aujourd'hui le maître c'est Khalifa Sall et l'élève c'est Macky Sall. En l'emprisonnant, il a raison son directeur de campagne, parce que tous les Sénégalais ont aujourd'hui Khalifa Sall dans leur coeur. Le combat continue. Nous allons nous battre pour qu'il retrouve toute sa liberté, tous ses droits. Et nous allons l'installer au palais de la République."

Thierno DIALLO

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