présidentielle sénégalaise de 2019

Au Sénégal, « le Fouta apporte systématiquement son soutien au parti au pouvoir, quel qu’il soit »

Afrique Connection | 05 / 03 / 2019 à 09:24

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Meeting de Macky Sall à Podor le 24 février 2019. © Présidence du Sénégal

Après la publication des résultats la semaine dernière, par la commission nationale de recensement des votes, les scores fleuves obtenus par le président sortant Macky Sall dans le Fouta ont suscité beaucoup de commentaires. Et de contestations. Alors, comment expliquer ces scores à la russe ou nord-coréens ?

Le résultat de Macky Sall « perpétue une tendance électorale observée depuis des années », répond Alssane Bèye, doctorant en sociologie électorale à l’Université Gaston-Berger (UGB) de Saint-Louis et à l’Université de Bruxelles, dans un entretien avec notre confrère Jeune Afrique. 

L'analyste de rappeler qu' « historiquement, le parti au pouvoir obtient un soutien massif, et donc des scores élevés, dans les espaces périphériques et ruraux, à l’inverse des espaces urbains, généralement plus acquis à l’opposition. Le Fouta est ce que j’appelle un « espace de basculement électoral », ou un espace de repositionnement politique : autrement dit, un espace électoral qui apporte son soutien de manière mécanique au parti au pouvoir, quel qu’il soit. »

Alassane Bèye de comparer les scores du président sortant à ceux d'Abdoulaye Wade en 2007 qui avait obtenu des scores très élevés, notamment dans le département de Ranerou Ferlo.

"Quasiment impossible de voler une élection"

 

« Ce basculement massif en faveur du pouvoir en place n’est pas quelque chose de nouveau – pas plus que les dénonciations qui vont de pair », décrypte le politologue sénégalais.

Qui relève que le parti (APR) du président sortant a un ancrage très fort dans cette région. « Déjà en 2012, alors qu’il était le candidat de l’opposition, Macky Sall avait devancé Abdoulaye Wade dans certains départements de la région de Matam. Et lors du recueil des parrainages, il y a obtenu la promesse de très nombreuses signatures », rappelle Alassane Bèye.

Interpellé sur les soupçons de fraude électoral brandis par l'opposition pour expliquer ces scores élevés dans Fouta, Alassane Bèye balaye, avec assurance, d'un revers de main.

« Le processus électoral sénégalais est suffisamment organisé pour qu’il soit quasiment impossible de voler une élection. Les partis ont en effet des représentants dans les bureaux de vote, qui signent chaque procès-verbal. Au Sénégal, on ne peut plus bourrer les urnes », explique t-il.

Cheikh SARR, Afrique Connection

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