Ebola : vers l'administration du sérum expérimental aux malades africains ?

Afrique Connection | 08 / 08 / 2014 à 11:32

Depuis l'administration avec succès d'un sérum expérimental sur deux membres du personnel médical d'une ONG américaine au Liberia, la tentation est grande pour renouveler l'expérience sur les malades guinéens, libériens et léonais. C'est dans cette optique que l'OMS convoquera, au début de la semaine prochaine, des experts en matière d'éthique médicale.

Cette fois, la guerre contre Ebola semble vraiment déclarée. Quelques jours seulement après l'administration avec succès du sérum ZMAPP expérimental aux deux Américains de l'ONG Samaritan Purse, rapatriés du Liberia, les questions se demandant pourquoi ne pas exporter le remède en Afrique se multiplient. Face à ces interrogations et aux polémiques naissantes, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a décidé de se pencher immédiatement sur cette éventualité. « Au début de la semaine prochaine, l'OMS convoquera un tableau d'experts en matière d'éthique médicale pour étudier la possibilité de recourir à un traitement expérimental dans le cadre de la flambée de virus Ebola en cours en Afrique de l'Ouest. Il n'existe actuellement aucun médicament ou vaccin homologué contre ce virus, mais plusieurs options expérimentales sont en cours de mise au point », a annoncé l'organisation via un communiqué rendu public mercredi.

Le prêtre catholique Miguel Pajares, qui a contracté le virus de l'Ebola avant d'être transféré à l'hôpital Carlos III (photo d'illustration).

« Nous devons demander à des experts de l'éthique médicale de nous indiquer comment agir de manière responsable », complète le Dr Marie-Paule Kieny, Sous-Directeur général de l'OMS. Qui a admis que « nous sommes face à une situation inhabituelle avec cette flambée. Nous devons affronter une maladie avec un fort taux de létalité, contre laquelle nous n'avons ni traitement, ni vaccin ayant fait ses preuves. »

Toutefois, s'interroge t- on à l'OMS, « un médicament expérimental amène à se demander si ce médicament, qui n'a jamais été testé et dont l'innocuité pour l'homme n'a pas été démontrée, devrait être utilisé dans le cadre de la flambée ».

Un problème majeur : le remède n'est pas disponible en quantité suffisante

Et même au cas où les experts médicaux de l'OMS donnaient le feu vert pour administrer le sérum aux patients africains, un autre problème se poserait. Il s'agit de la disponibilité du remède. Les quantités aujourd'hui disponibles pour ce produit sont, en effet, « extrêmement limitées », avertit l'OMS.

L'organisation renseigne aussi que, pour évaluer de nouveaux médicaments, la méthode de référence consiste à réaliser « une série d'essais chez l'homme, en commençant avec un petit nombre de sujets, pour s'assurer que le produit peut être administré sans risque. Ces essais sont ensuite étendus à un plus grand nombre de personnes pour étudier l'efficacité du nouveau médicament et comment l'utiliser au mieux. »

Aussi, poursuit le texte, « lorsqu'on aborde l'utilisation d'un nouveau médicament, le premier principe à respecter est: «ne pas nuire». La sécurité est toujours la principale préoccupation. »

Dans tous les cas, l'on saura dans les prochains jours si oui ou non le sérum qui a guéri les deux Américains sera administré aux patients africains, dont la vie ne tient qu'à un miracle.
Le virus Ebola qui est parti de la Guinée en janvier dernier a déjà tué prés de 1000 personnes en Afrique de l'Ouest.

Thierno DIALLO

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