132 migrants guinéens coincés dans l'enfer libyen rapatriés dans leur pays

Afrique Connection | 08 / 09 / 2017 à 11:52

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a rapatrié cette semaine 132 personnes originaires de Guinée, coincées dans l’enfer libyen. C’est le septième convoi de ce type depuis le début de l’année.

 

La situation catastrophique en Libye provoque le retour au pays de centaines de migrants. L’espoir d’atteindre l’Europe trouve parfois ses limites dans ce pays où les migrants sont torturés, rançonnés et même vendus. Mardi 5 septembre, pour la septième fois depuis le début de l’année, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a procédé au rapatriement volontaire de 132 migrants guinéens en provenance de Libye. Les six premiers avaient permis à 727 personnes de rentrer chez dans leur pays.

Traités "comme des esclaves"

Parmi les 132 passagers arrivés mardi dans la capitale guinéenne, Conakry, se trouvait 10 femmes, un bébé, trois enfants – dont un mineur non accompagné – et deux personnes malades, selon le communiqué de l'OIM. Même si la plupart d’entre eux espérait rejoindre l’Europe, certains étaient établis en Libye depuis plusieurs années. Mais "la dégradation de la situation économique et sécuritaire sur place", a motivé leur retour au pays.

Hassan Bah, un menuiser qui a travaillé pendant plus de trois ans à Tripoli, la capitale libyenne, a expliqué à l’OIM que "tout se passait bien" pour lui jusqu’en 2016, quand il a demandé à son épouse de le rejoindre. "Après la naissance de notre bébé nous avons décidé de rentrer, les affaires devenant de plus en plus difficiles", a-t-il dit.

Quant à Djibril Bangoura, ancien comptable en Guinée licencié suite à une baisse d’activité causée par le virus Ebola, il espérait rejoindre l’Europe avec son jeune frère. Mais arrivés en Libye, ils ont tous deux été incarcérés pendant deux ans et traités "comme esclaves". Selon lui, son frère est toujours détenu en Libye. "J’ai souffert de la prison, de l’exploitation de l’homme par l’homme et mon frère est resté derrière moi en prison", a-t-il témoigné.   

Aide à la réintégration durable

"Tous ont fait appel à l’OIM pour un retour volontaire humanitaire », explique l’organisme onusien, ajoutant que l’"ambassade de Guinée à Tripoli a facilité leur identification et l’obtention des documents de voyage".

> À lire sur InfoMigrants : Humanitaire à bord de l’Aquarius : ">L’OIM a effectué des entrevues en Libye avec les migrants, des examens médicaux et fourni une assistance supplémentaire sous forme de kits comprenant des vêtements et des chaussures.

 L’organisme a également procédé à leur enregistrement afin de mieux saisir le profil des migrants irréguliers, d’en savoir plus sur les raisons de leur départ, leur parcours migratoire et leurs conditions de séjour en Libye.

Chaque migrant a ensuite reçu une enveloppe d'environ 50 euros pour ses besoins immédiats tels que le logement ou la nourriture, et pour lui permettre de rejoindre sa destination finale. Ils devraient ensuite recevoir dans les trois mois une aide à la réintégration durable grâce à un programme financé par le Fonds fiduciaire de l’Union européenne lancé en avril pour une période de trois ans.

Avec Infos Migrants

 

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