Présidence du parti Les Républicains (LR)

Éliminée de la course, la candidate Mireille Mouéllé fustige ce manque d'ouverture « aux nouveaux visages, aux « autres » ! »

Afrique Connection | 10 / 10 / 2017 à 10:20

Il y a quelques semaines Mireille Mouéllé déclarait sa candidature à la candidature de la présidence du parti Les Républicains (LR). Mais, malgré un intense lobbying, elle n'a pu obtenir le nombre de parrainages requis pour la validation de sa candidature. Si cette Française d'origine camerounaise en veut aux responsables du parti qui ont « refusé de (lui) donner accès aux fichiers » qui l’auraient permis de contacter les adhérents, elle dénonce surtout ce manque d'ouverture de la République « aux nouveaux visages, aux « autres » ! »

 

« C’est avec regrets et sans amertume que je vous annonce dès aujourd’hui (lundi 9 octobre 2017, NDLR) que ma candidature à la présidence de LES RÉPUBLICAINS ne recueillera pas les parrainages nécessaires », écrit Mireille Mouéllé dans un communiqué reçu à Afrique Connection.

Effectivement, selon le règlement et le calendrier électoral, les militants ayant manifesté leur intention de se porter candidat à la présidence de Les Républicains (LR) ont jusqu'au mercredi 11 octobre 2017 à 20h00 pour déposer à la Haute Autorité leur déclaration de candidature accompagnée des formulaires de parrainage des candidats.

« (…) confortée par des soutiens verbaux et les encouragements de ceux qui se sont servis de cette candidature pour proclamer que tout est ouvert. Ce sont ceux-là aussi qui ont refusé de me donner accès aux fichiers qui m’auraient permis de contacter les membres pour, peut-être, obtenir ces parrainages »

Et d'après le même règlement intérieur, la condition de base pour qu'une candidature puisse être recevable est qu'elle recueille :

« d’une part, au moins 1 % d’adhérents à jour de cotisation au 31 décembre2016 ou au 30 juin 2017, provenant d’au moins quinze fédérations départementales différentes, sans que plus d’un dixième des signataires puissent être adhérents d’une même Fédération, soit au moins 2 347 adhérents ; et d’autre part, au moins 5 % des parlementaires (députés, sénateurs et députés européens élus au 31 décembre 2016 ou au 30 juin 2017 ou sénateurs élus lors du scrutin du 24 septembre 2017) issus de « les Républicains », à jour de cotisation d’adhérent et d’élu au 31 décembre 2016 ou au 30 juin 2017, soit au moins 13 parlementaires ».  

Or, la Secrétaire générale du Conseil national des français pour la diversité, cette structure du parti LR créée en 2011 pour défendre et promouvoir la diversité, ne remplira pas ces conditions.

Des huit candidats ayant déclaré officiellement leur intention, un seul nom semble se dégager du lot. Il s'agit de Laurent Wauquiez. Ce qui revient à dire que, sur le papier, la Française d'origine camerounaise aurait pu, comme les autres, avoir une once de chance pour au moins obtenir le quitus lui permettant de figurer sur la ligne de départ.

A (re)lire également : Une Française d'origine camerounaise candidate à la présidence du parti Les Républicains

D'où cette question : pourquoi les militants et les parlementaires LR ne lui ont-ils pas accordé leur parrainage ? La Secrétaire général….a sa petite idée.

«Il est vrai que je ne me suis présentée tardivement, confortée par des soutiens verbaux et les encouragements de ceux qui se sont servis de cette candidature pour proclamer que tout est ouvert. Ce sont ceux-là aussi qui ont refusé de me donner accès aux fichiers qui m’auraient permis de contacter les membres pour, peut-être, obtenir ces parrainages », dénonce t-elle.

« Ayant défendu l’audace d'une République Pluri-elle, je comprends que l’assemblage de ces mots ait pu surprendre ou faire peur »

Avant de poursuivre, plus amère :

« Ayant défendu l’audace d'une République Pluri-elle, je comprends que l’assemblage de ces mots ait pu surprendre ou faire peur. Néanmoins, c’est sur cette base que ma philosophie se construit. L’audace qui nous invite à nous dire que rien ne justifie que ce qui est établi doive constituer un avenir, aussi bien pour notre parti que pour notre pays. L’audace qui bouscule, qui construit, qui provoque parfois, engendrant le « tohu-bohu » qui permet l’émergence des choses. Le présent doit constituer un point de départ et non rester notre point statique et encore moins notre point d’arrivée. »

Mireille Mouéllé de conclure :

« République Plurie-elle n’est pas une appellation nouvelle, mais son écriture nous éclaire sur des directions encore peu véritablement explorées. La pluralité, dans son acception humaniste, sociale et dans sa dimension universelle n’a, à ce jour, servi que de prétexte à des discours convenus, rarement suivis par de véritables comportements ou des actions concrètes. »

Néanmoins, si elle est déçue, Mireille Mouéllé ne semble pas résignée dans son combat. Bien au contraire. « Mon combat ne s’arrête évidemment pas là », martèle t-elle.

« Notre République doit (…) considérer enfin que ce mot : « autre » n’est pas une injure ! Je souhaite pouvoir dire un jour au peuple : « Donnez-moi la parole, je vous la rendrai ! »

Avant de préciser : « Déjà engagée pour la place des femmes dans le monde, ainsi que pour des valeurs républicaines, telles que la Francophonie, la scolarité, l’égalité des chances ou la santé, je poursuis cette route, guidée par les valeurs qui ont déjà constitué les fondements de mes engagements passés. »

Puis de conclure par ce tacle sur cette non-acceptation de « l'autre » qui expliquerait peut-être la non-qualification de Mireille Mouéllé :

« Notre république doit s’ouvrir, s’ouvrir aux nouvelles idées, aux nouveaux visages, aux « autres » ! Et considérer enfin que ce mot : « autre » n’est pas une injure ! Je souhaite pouvoir dire un jour au peuple : « Donnez-moi la parole, je vous la rendrai ! »

Thierno DIALLO, Afrique Connection

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