Depuis l'Elysée, Alpha Condé "proclame" l'indépendance de l'Afrique en lançant un subtil message au successeur de son ami Hollande

Afrique Connection | 11 / 04 / 2017 à 15:20

Les amis Hollande et Condé se sont retrouvés pour une énième fois en cinq ans. Cette fois, le président guinéen a débarqué à l'Elysée avec les honneurs d'une visite d'Etat et aussi la casquette de président en exercice de l'Union africaine.

Ce mardi matin, la visite d'Etat en France d'Alpha Condé a démarré, comme c'est de tradition, avec une cérémonie d’honneurs militaires à l’Hôtel national des Invalides. Il a ensuite rallié l'Elysée à 11 heure (9h TU) où l'attendait son homologue François Hollande. Les deux présidents s'éclipseront ensuite pour un tête à tête, naturellement loin des regards curieux de la presse confinée comme d'habitude dans une minuscule pièce dans la cour de l'Elysée.

A l'issue de leur entretien, les deux chef d'Etat ont signé plusieurs contrats de coopération.  Avant de s'adresser à la presse. 

Bien que les deux hommes se soient déjà rencontrés à plusieurs reprises sur ces lieux, cette visite revêt cependant un caractètre particulier. D'abord parce que c'est une visite d'Etat et non une visite officielle ou de travail. Ensuite, parce que c'est la dernière visite d'Etat sous le quinquénat de Hollande, qui passe le témoin dans un peu plus d'un mois à celui qui sera élu le 7 mai prochain. 

 
"C'est la dernière visite d'Etat que j'organise et je souhaitais que ce soit à la fois pour Alpha Condé, pour la Guinée, et pour l'Union africaine"

"C'est la dernière visite d'Etat que j'organise et je souhaitais que ce soit à la fois pour Alpha Condé, pour la Guinée, et pour l'Union africaine", a d'ailleurs martelé le Français. Avant d'enchaîner avec des propos régulièrement réchauffé au cours de ces cinq dernières années. 

"La France vis-à-vis de l'Afrique n'intervient plus comme une puissance tutélaire. Ce temps là est terminé. La France n'intervient pas pour gérer ses propres intérêts, elle a à faire valoir la qualité de ses entreprises. La France n'intervient pas pour faire infléchir ou pour faire changer des règles politiques, des régimes électoraux. Elle est en soutien de l'Afrique parce qu'elle pense que ce grand continent a un grand potentiel et aussi des difficultés qu'il faut régler".

Alpha Condé a répondu à son hôte en tenant un discours quasi similaire (certes moins corsé) à celui qui avait fait sensation, il y a quelques jours à Abidjan, lors de la 2è conférence sur l’émergence de l’Afrique

En ce mardi début après-midi, le président de l'UA n'est certes pas allé jusqu'à demander à "couper le cordon omblical avec la France". Néanmoins, il a une nouvelle fois réitiré la nécessité que les Africains puissent eux-mêmes prendre en mains leur propre destin. Sans injonction venue de Paris ou de Bruxelles. 

"Les Africains sont très reconnaissants au président Hollande pour tout ce qu'il a fait pour l'Afrique (...) Il est important que les problèmes africains soient désormais résolus par les Africains.", a martelé le chef de l'Etat guinéen.

 
"Il faut qu'on accepte que l'Afrique définisse sa voie pour le développement et sa voie démocratique." (Alpha Condé)

Avant de lancer un message subtil au successeur de Hollande:  "c'est le point de vue du président Hollande, j'espère que ça continuera d'être le point de vue avec les dirigeants français".

"Il faut qu'on accepte que l'Afrique définisse sa voie pour le développement et sa voie démocratique. Bien sûr il y a les principes universels de la démocratie mais il faut qu'on cesse de prendre l'Afrique comme un seul Etat, il y a beaucoup d'Etats avec des différences", a plaidé le dirigeant demandant "qu'il y ait moins de dogmatisme" et qu'on "laisse" les pays africains définir leurs voies de développement et de "stabilité". 

Ce discours à l'Elysée est probablment une sorte de mise en bouche. Car celui que Condé prononcera mercredi risque de faire trembler les murs de l'Institut du monde arabe. Là-bas, le président de la Guinée et de l'Union africain est attendu pour une conférence organisé par l’Agence française du Développement (AFD) sur un thème qui fait déjà saliver: "Tout Afrique : les enjeux d’une approche continentale". 

Mains avant ce rendez-vous, le numéro un guinéen a, après l'Elysée, déjeuné ce mardi avec  le président de l’Assemblée nationale française, Claude Bartolone. Il s'est encuite entretenu avec plusieurs autres personnalités françaises. Ce soir, l'ami Alpha retorunera à l'Elysée pour un dîner d'Etat qui promet d'être appétissant. Plusieurs personnalités françaises et guinéennes seront également au rendez-vous.

La visite d'Etat du président guinéen prend fin mercredi. 

Thierno DIALLO pour afriqueconnection.com

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