retour sur les Jief 2017

Lassina Bamba, PDG 2ABCOM: "Nous sommes dans une mondialisation qui nécessite la réalisation de réseaux d’affaires entre plusieurs zones géographiques"

Afrique Connection | 11 / 10 / 2017 à 11:40

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Photo de famille lors des JIEF 2017 à la mairie de Paris 20e arrondissement

Lassina Bamba est le PDG de 2ABCOM Agence Conseil 360°, qui a organisé les 22 et 23 septembre 2017 les Journées Internationales de l’Entrepreneuriat Francophone (JIEF). C'était à la marie du 20e arrondissement de Paris. Dans cet entretien avec Afrique Connection, il tire un bilan satisfaisant de cette première édition tout en soulignant les défis qui se posent aux investisseurs et autres entrepreneurs qui lorgnent le marché de l'espace francophone.

 

Quels enseignements tirez-vous de la première édition des Journées internationales de l'entrepreneuriat francophone que vous avez organisées

Nées dans un contexte socio-économique mondial en mutation, les Journées Internationales de l’Entrepreneuriat Francophone (JIEF) constituent des moments de rencontres, de partage et de réseautage entre les différents acteurs de développement.

Elles ont pour objectif principal de faire de l’entrepreneuriat un outil stratégique d’intégration socio-économique et de lutte contre le chômage des jeunes et des femmes.

Cette première édition nous a permis d’apprendre, de comprendre et de nous confronter à diverses réalités pas moins évidentes, mais importantes pour grandir et avancer.

Nous sortons donc avec beaucoup de modestie et d’humilité satisfaits, confiants et remplis d’espoirs pour les éditions futures. Satisfaits d’avoir pu tenir cette première édition malgré les défis et les challenges qui ont été les nôtres. Satisfaits également de la qualité de l’animation des tables rondes, des communications et de la richesse des échanges, des enseignements, des deux jours.

Nous sommes confiants de l’intérêt porté par les différents acteurs (institutionnels, entrepreneurs, porteurs de projets) et leur disponibilité à contribuer à la pérennisation de cette initiative. L’expérience acquise lors de cette première édition nous servira à relever les défis, les challenges futurs et à améliorer les éditions à venir

Ces deux journées nous ont non seulement permis de créer une plateforme d’organisation, d’échanges et de réseautage, mais, et surtout d’apporter un ensemble de réponses aux défis à travers l’élaboration d’outils de compétitivité"
 

Y a t-il des défis qui se posent particulièrement aux investisseurs francophones ?

Tout investisseur et entrepreneur notamment de la zone francophone est confronté à différents défis. L’efficacité, la rentabilité et la compétitivité sont au cœur des défis auxquels peut être confronté un investisseur notamment un entrepreneur.

Les investisseurs francophones comparativement aux anglo-saxons se heurtent très souvent à une certaine lourdeur administrative. On pourrait également noter des défis de communication, de partage de réseaux, d’organisation et de formation. Ce sont des défis à relever par la pédagogie pour que nous soyons compétitifs dans cet écosystème en mutation avec la présence de nouveaux acteurs. C’est pourquoi, ces questions ont été au cœur des débats des Journées Internationales de l’Entrepreneuriat Francophone. Ces deux journées nous ont non seulement permis de créer une plateforme d’organisation, d’échanges et de réseautage, mais, et surtout d’apporter un ensemble de réponses aux défis à travers l’élaboration d’outils de compétitivité.

 

A (re)lire également: Dr Christine Nina Niyonsavye, ambassadeur Burundi France « L'Afrique n'a pas nécessairement besoin de l'extérieur pour se développer »

 

On a entendu des panélistes et d'autres participants dire qu'il n y a pas d'entrepreneurs francophones ou anglophones, qu'il y a tout simplement des entrepreneurs. C'était aussi une façon pour eux de souligner qu'il serait plus pertinent de ne pas circonscrire cet événement à l'espace francophone. Peut-on s'attendre à une évolution du concept lors de la prochaine édition ?

La question semble légitime à être posée au regard du thème des JIEF. Cela dit, il ne circonscrit pas les investisseurs ou entrepreneurs uniquement à la catégorie francophone. Nous sommes dans une mondialisation qui nécessite la réalisation de réseaux et d’affaires entre plusieurs zones géographiques. En tout état de cause nous appartenons à une région et cette région évolue dans les enjeux de la mondialisation. En tant qu’acteurs de la zone francophone, nous avons le devoir d’interroger notre compétitivité dans ce contexte de globalisation et de mutation de l'écosystème économique mondial.

En un mot, cette question rejoint celle des défis. Car, si on n’arrive pas à réfléchir et à définir des outils de compétitivité intra régionale, il nous sera difficile d’être compétitifs face aux acteurs d’autres régions.

Le concept « Journées Internationales de l’Entrepreneuriat Francophone » (JIEF) ne va pas pour l'instant changer, mais, le contenu est amené à évoluer à chaque édition. Car, il interroge les enjeux du moment et du futur.

Toutes ces observations dont vous faites cas ont pour objectifs de nous approfondir et améliorer davantage notre positionnement. 

 

Dans le cadre des préparatifs des JIEF, vous avez été reçus par plusieurs autorités diplomatiques africaines et certaines ont même pris part à l’événement. Comment ont-elles accueilli votre initiative ?

 

Nous avons effectivement été reçus par plusieurs acteurs de développement notamment des représentations diplomatiques pays membre ou observateur de la francophonie. Les premiers responsables de ces diplomaties se sont félicités d’une telle initiative, nous ont félicité et apportés leur soutien. Pour eux, ces initiatives s’inscrivent dans leurs agendas de travail, car, la communauté africaine de l’extérieur doit contribuer au renforcement de la notoriété internationale du continent. Cela passerait par le positionnement et la compétitivité de son économie. Ils étaient donc enthousiastes de nous accueillir et de participer à l’événement.

 

Évidemment toutes les missions diplomatiques qui nous ont reçus n’ont pas pu participer pour des raisons d’agenda, mais, beaucoup nous ont confirmé qu’ils seront avec nous à nos côtés pour les éditions prochaines.

 

C’est dire que les représentations diplomatiques de la zone francophone particulièrement africaine qui sont dans une dynamique de diplomatie économique sont intéressées par notre projet. Elles nous soutiennent et seront à nos côtés pour les éditions à venir.

 

Mais, dans le cadre des préparatifs des JIEF, nous avons également contacté d’autres pays entre autres la Zambie, le Ghana, l'Ethiopie, le Rwanda, qui ne sont pas des pays francophones mais des pays observateurs à la Francophonie. Car, pour nous, l’esprit de l’entrepreneuriat et du business est mondial et international.

 

"Chaque entrepreneur ayant son histoire et son parcours personnel, il me semble important voir indispensable de tenir compte de ces aspects pendant la réflexion et l’élaboration de son projet."

 

Quels conseils donnez-vous aux entrepreneurs et porteurs de projets de la diaspora ?

 

L’entrepreneuriat est avant tout un état d’esprit et a pour vocation d’apporter de la dynamique sociale, de créer de la valeur humaine. Il permet à l’entrepreneur de faire un travail qui cadre avec ses valeurs, ce qui nécessite de se former, se faire confiance dans l’humilité, avoir de la persévérance, de la patience et de l’abnégation, mais, aussi faire confiance à son entourage. Il ne faut jamais entreprendre avec l’esprit de se faire uniquement de l’argent.

 

Est ce que ce sont des conseils je ne saurai vous le dire. Chaque entrepreneur ayant son histoire et son parcours personnel, il me semble important voir indispensable de tenir compte de ces aspects pendant la réflexion et l’élaboration de son projet. Car, l’entrepreneuriat est avant une vocation.

 

Propos recueillis par Thierno DIALLO, Afrique Connection

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