Pendant qu'il est temps

Afrique Connection | 14 / 07 / 2017 à 03:41

Le 30 juillet 2017, nous irons aux urnes pour élire les députés qui vont siéger pour la treizième législature. Pour cela, 47 listes ont été déposées et validées par le Conseil constitutionnel. Pourquoi cette pléthore de listes ? Chaque sénégalaise, chaque sénégalais, qu’il soit paysan, ouvrier, enseignant, du nord, du sud, de l’est ou de l’ouest, se demande pourquoi ? Est-ce pour représenter le peuple ? Le défendre face au pouvoir ? Est-ce pour lui permettre d’avoir une meilleure prise en compte de ses préoccupations ? Ou est –ce pour avoir une place au soleil, sous les cocotiers ? Est-ce pour un emploi ,un double emploi ? Est- ce pour une quêtede reconnaissance ? Chers compatriotes, allez savoir pourquoi ?

Certes, je suis comme vous, mais, j’essaie de comprendre l’entêtement de ces femmes et hommes à vouloir être députés. En France, lors des dernières élections législatives, nous avons lu dans la presse que Henri GUAINO, une éminence grise de l’ère sarkozyste, traiter ses électeurs de minables au motif qu’ils l’ont éliminé au premier tour et par ricochet, l’ont renvoyé à Pôle emploi à l’instar des autres citoyens qui y sont depuis …

 

Savez –vous que dans votre ville, sont commis les actes les plus ignobles ?

 

Quand on voit combien gagne actuellement un représentant du peuple et les privilèges dont il bénéficie dû à son rang, et que l’on se fait refuser l’entrée à l’assemblée le temps d’une journée. Il y a de quoi perdre la tête et son latin. Oui, citoyens, peut être vous n’avez pas voulu d’un Fillon bis, qui sait ? C’est comme dans l’ère du temps, chez nous ici, au Sénégal, une ancienne ministre durant le magistère de Wade, a « boudé » la coalition dont elle faisait partie, parce que, Madame était en treizième position, est -ce par orgueil ou se sentait-elle tellement indispensable ? Il semblerait que cela soit un mépris et une méconnaissance de son statut de grande dame d’une grande banlieue dakaroise. Mais, Madame, ce que vous ne savez pas, c’est que dans votre ville, la République a été assassinée lors du meurtre d’une représentante du peuple, en la personne de Mme Fatoumata Matar Ndiaye, cinquième vice Présidente au conseil économique social et environnemental, et responsable de l’APR .

Savez –vous que dans votre ville, sont commis les actes les plus ignobles ? Savez –vous que dans votre ville, beaucoup de familles souffrent et que beaucoup de jeunes diplômés ou non, sont aux abois, par ce qu’ils sont sans emploi ? Avez-vous pensé à eux, à vos militants, au peuple ? Eh bien non ! Vous êtes la parfaite illustration de la plupart des postulantes ou postulants qui coûte que coûte, veulent tous être députés. Tous, car dans le même ordre d’idée, un Maire d’une autre banlieue dakaroise, a tourné le dos à son Parti, pour les mêmes raisons. Pourvous, et comme pour les autres, la conviction, la vertu et la morale politique ne devraient pas exister, et nous devrions nous contenter de vous regarder agir comme vous semble. Sachez que vous n’êtes pas seuls, car, l’appétit vient en mangeant dit l’adage.

Voyez, 47 listes, c’est énorme. Pourquoi, en est on arrivé là ? Ce nombre faramineux de listes n’aurait jamais été possible si la politique n’était pas devenue l’ascenseur social. Chers compatriotes, pensez-vous un seul instant, que tout ces gens qui sollicitent le suffrage du peuple pour le représenter, aspirent à le défendre, à être à son service en votant des lois. Je n’y crois pas du tout, vous, sans nul doute, non plus. Cependant, parmi ces candidates et candidats, il se pourrait qu’il y ait des honnêtes gens, prêts à servir le peuple en vertu de leur engagement et de leur probité.

 

Quand, il y a collision ou confusion des genres, le doute est permis. Beaucoup de reproches ont été faits à la douzième législature. 

Si on avait accordé la primauté à la qualité, à l’exigence, nous n’en serions pas là, à nous demander comment nous allons nous sortir avec 47 listes. Car, tous ces partis et coalitionsauraient dû trouver le moyen de s’entendre pour fusionner, en mettant un critère de sélection qui serait accepté de tous. QU’ils sachent, que le peuple le fera à leur place au soir du 30 juillet. La question est de savoir, que feront –ils de leur mandat, une fois au parlement. Est –ce qu’ils comprendront que nous leur avons délégué le pouvoir de nous représenter ? J’ose espérer ! 

Chers compatriotes,

Permettez d’avoir un doute et de m’en expliquer. Il va de soi que le pouvoir en place souhaiterait obtenir la majorité pour pouvoir gouverner en toute tranquillité. Ce qui nous paraît légitime. Cependant, en démocratie, les pouvoirs sont séparés. Quels sont ces pouvoirs et à qui appartiennent-ils ?  Il s’agit du pouvoir législatif dont la mission est de légiférer, du pouvoir judiciaire qui doit contrôlerl’application des lois, lesquelles doivent être exécutées par le gouvernement dépositaire du pouvoir exécutif. Si on s’en tenait à cette stricte séparation, il me semble que le Premier ministre, chef du gouvernement  ne devrait pas être tête de liste et mener une campagne électorale.

Cependant, Il a parfaitement le droit de défendre sa politique en tant chef de l’exécutif. Cette proximité avec les futurs élus est une entorse à la démocratie n’en déplaise à ses partisans. Notre pays fonctionne sur les principes de la démocratie représentative, l’assemblée représente le peuple, les députés qui y siègent, votent les lois en son nom, le gouvernement doit suivre ses directives. Rien ne doit entraver ou oblitérer ce travail parlementaire, quelque soit le motif invoqué.

Quand, il y a collision ou confusion des genres, le doute est permis. Beaucoup de reproches ont été faits à la douzième législature. Des manquements, des « bisbilles » et bien d’autres. De mémoire, je n’ai jamais entendu parler d’enquête parlementaire, ni d’une initiative parlementaire sur une cause nationale ou internationale, plus particulièrement dans la sous -région. Combien de jeunes sénégalais, avec leur slogan « barça ou barsac » ont péri et continuent de périr en mer, en fuyant la misère. A ce jour, aucune loi, aucune enquête parlementaire pour comprendre et prendre les mesures qui s’imposent. Le drame du diola (du nomdu bateau qui a écoulé et qui avait fait des victimes), les crimes perpétrés, On s’en émeut et on oublie !

Aujourd’hui, dans le monde rural la spéculation foncière bat son plein, personne ne s’y intéresse. ET, pourtant, il faudrait agir, avant que des drames ne surviennent. Aujourd’hui, nous sommes contraints de nous soumettre à faire le choix parmi 47 listes pour l’échéance électorale du 30 juillet, cette situation inopportune doit nous amener à réfléchir et à nousposer les bonnes questions et à y apporter les réponses adéquates. Cela ne veut pas dire légiférer à tout va, mais, au moins prendre des dispositifs pour faire de la prévention : car comme dit l’adage : « gouverner, c’est prévoir ».

 

Vous et votre gouvernement, vous êtes notre repère et pas notre dernier recours

 

Désormais, le peuple, doit être maître de son destin pour quenotre parlement joue pleinement son rôle de contre pouvoir, il ne devrait plus être une salle de théâtre, ni une chambre d’enregistrement. Si nous voulons que l’émergence dont on nous vante les mérites, devienne une réalité et non un slogan publicitaire, faisons un choix lucide. Pour changer et moderniser un pays, il faut des lois impopulaires et un gouvernement fort et une justice indépendante.

Monsieur, le Président, Monsieur, le Premier ministre,

Vous et votre gouvernement, vous êtes notre repère et pas notre dernier recours, ce sont les futurs et honorables ????? par délégation qui sont investis de cette mission. Et voici le message du peuple, délivré par ma modestepersonne et par procuration, et destiné à ces derniers : vous devrez agir et agir vite. Plus jamais cette pléthore de listes, ces associations de business, il faut une loi car elle est la seule autorité qui vaille pour nous débarrasser de la médiocrité et de l’égoïsme des hommes.

ABDOULAYE SENE

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