Oumar El- Béchir au sommet de l'UA à Kigali: même pas peur!

Afrique Connection | 15 / 07 / 2016 à 12:31

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Sous le coup de deux mandats d'arrêt, le président soudanais, Oumar El Bechir, continue de narguer la CPI et la communauté internationale, en voyageant sans se faire arrêter

C’est un énième pied au nez et à la barbe de la fameuse cour pénale internationale et de la communauté internationale. Recherché pour génocide et sous le coup de deux mandats d’arrêt, le président soudanais sera bel et bien présent au sommet de l’Union africaine, à Kigali, à partir de dimanche.

Et c’est avec un esprit tranquille, puisque les autorités rwandaises lui ont assuré qu’il n’avait rien à craindre parce qu’elles n’exécuteraient pas le mandat de la CPI.

En effet, rappelle la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, le pays de Kagamé n'a pas ratifié le statut de Rome, traité fondateur de la CPI.

Pour cette raison donc,  le Rwanda  n’a  "aucune obligation", ni "aucun droit" d'arrêter M. Béchir, a-t-elle affirmé, selon lAFP.

Ce qui amène Louise Mushikiwabo  à qualifier la demande de la CPI de  "distraction" ; une demande  adressée il y a "deux jours" à son gouvernement et dans laquelle la CPI demande l’arrestation de Béchir si toutefois il mettait les pieds à Kigali.

« Le Rwanda est l'hôte des dirigeants africains invités par l'Union africaine (…) Sans équivoque, quiconque invité par l'Union africaine et qui sera là à Kigali, sera bienvenu et sera sous la protection de ce pays », a martelé Louise Mushikiwabo  .

Deux mandats d'arrêts ont été lancés par la CPI contre le président soudanais en 2009, pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité et en 2010 pour génocide, les deux en lien avec le Darfour, région de l'ouest en proie aux violences depuis 2003. Plus de 300.000 personnes sont mortes dans ce conflit selon l'ONU.

Il continue toutefois de voyager dans de nombreux pays, dont certains sont signataires du Statut de Rome. En juin 2015, le gouvernement sud-africain n'avait pas arrêté M. Béchir alors qu'il participait dans ce pays à un sommet de l'UA, provoquant une vive polémique.

Mardi, la CPI avait jugé que l'Ouganda et Djibouti, tout deux membres de la CPI, avaient manqué à leur obligation d'arrêter Omar el-Béchir alors qu'il était présent sur leur territoire, et avait donc décidé d'en référer à l'ONU pour "défaut d'exécution".

Jean OLOHOU pour Afrique Connection, avec afp

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