Municipales à Marseille : entre le MoDem et Diouf rien ne va plus

Afrique Connection | 16 / 02 / 2014 à 07:26

Relations rompues entre le parti et l'ex-président de l'OM

"On arrête, ce n'est plus possible..." Les chefs de file du MoDem des huit secteurs de Marseille ont décidé de mettre un terme aux discussions avec Pape Diouf. En raison de son inexpérience politique.

 

Selon eux, Pape Diouf ne voit pas qu'il est entouré de "gauchistes", notamment du NPA, qui détournent de son objectif le rassemblement annoncé par le candidat. Pour Christophe Madrolle, les listes que se prépare à présenter Pape Diouf, "ne défendent pas les valeurs prônées par le MoDem".

 

Il regrette que Pape Diouf n'ait fourni aucun élément de réponse sur sa position pour le second tour : "Aussi bien sur le changement de gouvernance pour Marseille, que sur l'organisation de la campagne... Rien ne nous a été précisé ".

 

Plus grave encore, insiste le patron du MoDem marseillais, "les valeurs défendues par le mouvement démocrate ne sont pas entendues par Pape Dioufdésormais cerné par un entourage groupusculaire contraire au rassemblement large voulu par ceux qui veulent un changement à Marseille... Tout ceci, poursuit-il, nous amène à ne pas donner suite aux discussions entamées depuis plusieurs semaines avec Pape Diouf."

 

"Je ne renonce à rien"

 

Pour rendre officielle cette rupture, les responsables marseillais du parti de François Bayrou, ont adressé hier soir un SMS à l'ancien président de l'OM. Un texte qui tente de dédramatiser la situation en soulignant l'honnêteté et la sincérité de l'homme. Car pour le MoDem il n'y a pas de polémique.

 

L'urgence, à cinq semaines du 1er tour des municipales, c'est désormais la formation de listes. Quant à l'éventualité d'un accord avec le PS Patrick Mennucci, la réponse du MoDem est claire : "Nous ne sommes pas dans une logique d'un accord au 1er tour, au 2e pourquoi pas".

 

Joint par notre rédaction hier soir, Pape Diouf ne s'est pas montré surpris. Pour autant, l'ancien président de l'OM n'a aucunement l'intention d'abandonner la démarche politique qu'il a entreprise. "Je ne renonce à rien, affirmait-il. Je prends acte de la décision du MoDem, mais ça ne m'empêchera pas d'opérer le rassemblement que j'appelle de mes voeux".

 

"Je suis invulnérable aux pressions"

 

Si les dirigeants du MoDem jugent qu'il est victime de son amateurisme en politique, l'ancien président de l'OM retourne le compliment en mettant implicitement en cause le professionnalisme des vieux routiers de la politique qui les empêche d'innover : "Un rassemblement exige que tous ceux qui y viennent abandonnent toute idéologie et toute démarche politicienne."

 

Sur les reproches formulés sur son entourage gauchiste : "Lundi, nous allons présenter nos listes. À ce moment-là, chacun pourra juger en voyant les noms si ces reproches sont justifiés ou non." Philosophe, il conclut : "Quand je me suis lancé en politique, je savais qu'il y aurait des pressions de toutes sortes. Mais j'ai une chance : je suis invulnérable aux pressions."

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