Pape Diouf, candidat à la mairie de Marseille « Tout n’a pas été facile pour moi. J’ai enchaîné les petits boulots, j’ai ramé »

Afrique Connection | 16 / 03 / 2014 à 09:14

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Pape Diouf, en meeting aux Docks du Sud à Marseille, le 15 mars 2014/ Photo Afrique Connection

A une semaine du premier tour des élections locales en France, l’ancien président de l’Olympique de Marseille, candidat à la mairie de la même ville, tente un dernier baroud d’honneur pour convaincre les électeurs phocéens à voter pour sa liste citoyenne « Changer la donne ». Lors d’un meeting organisé ce dimanche au Dock des Sud, Pape Diouf a notamment rappelé le parcours de combattant qu’il a effectué avant de réussir à Marseille.

Depuis qu’il s’est lancé dans la bataille pour la conquête de la deuxième ville de France, Pape Diouf ne ménage pas ses efforts pour faire mentir les sondages (5% d’intentions de vote pour sa liste) les 23 et 30 mars prochain. Hier, lors d’un meeting tenu au Dock des Sud, il a argumenté pourquoi les Marseillais auront raison de lui donner la possibilité de « changer la donne ». Mais l’ancien président de l’Olympique de Marseille (Om) a, auparavant, un tantinet ému la salle comble en rappelant brièvement la galère qu’il a endurée avant d’en arriver là aujourd’hui. « Je suis arrivé à Marseille il y a un peu plus de 40 ans. J’étais un enfant, tout seul, dans cette ville. C’est pour vous dire que tout n’a pas été facile, et qu’il m’a fallut faire preuve de force, de rage, d’humilité pour rester digne et m’en sortir. J’ai enchaîné les petits boulots. J’ai ramé, je puis vous le dire », lance t-il dans un silence qui s’est subitement emparé des lieux. Puis, il enchaîne : « Bien sûr j’ai été journaliste, agent de joueurs et président de l’Olympique de Marseille ; mais je n’ai jamais oublié ce que je dois à Marseille, ce que ses habitants m’ont permis de réaliser. » Et de poursuivre : « ce  qui a été possible pour moi je veux que cela soit possible pour vous tous, pas dans 10 ou 20 ans, je le veux maintenant. C’est ça le sens de mon engagement ».

Dans le même ordre d’idées, Pape Diouf appelle à restaurer le « rêve marseillais », en faisant allusion au célèbre « rêve américain » : « Comme on parle du rêve américain, je veux que l’on restaure le rêve marseillais. Celui d’une ville de fraternité, d’une ville dans laquelle le développement économique est au service de tous et non seulement de quelques privilégiés, d’une ville dans laquelle il serait possible de se loger dignement, dans laquelle riches et pauvres vivent ensemble, et non chacun dans des quartiers séparés, dans des quartiers ou la pauvreté et le désespoir nourrissent la pauvreté et le désespoir. C’est cette mixité sociale que nous-nous engageons à construire. »

 « Je ne suis pas Obama, je suis Pape Diouf »

Aux médias qui le comparent à Obama, le franco- sénégalais oppose la modestie qui fait sa marque de fabrique : « J’ai lu sous la plume d’une journaliste que j’étais le Obama de Marseille. Je vais vous dire : « Je ne suis pas Obama, je suis Pape Diouf.  Et tant mieux, si comme Obama j’incarne notre volonté collective de réveiller Marseille, de faire vivre notre rêve, d’en faire notre vérité commune. Marseille doit retrouver sa liberté, sa créativité, sa générosité. C’est ça le rêve marseillais, et nous allons le réveiller ensemble », lance Diouf, face à une assistance majoritairement jeune.

Pape Diouf a également dénoncé les attaques méprisantes de ses adversaires. « Cette campagne pour les élections municipales, dit-il, n’est pas toujours simple. Elle l’est par mépris dont fait preuve les grands partis politiques à notre égard, à votre égard. Ce mépris est le témoin de leur absence de considération de leurs citoyens et donc des habitants que vous êtes. Ce mépris nous devons y mettre fin. Cette  campagne est dure parce que nos moyens financiers sont limités. Mais notre force et notre volonté sont inébranlables. Notre force e n’est pas l’argent. Notre force c’est vous, votre énergie, notre espérance. »

Un peu plus tôt : il soutenait que « l’immobilisme n’est pas une fatalité. Le chômage et la pauvreté non plus. Le racisme et l’exclusion peuvent être évités. Les difficultés de transport et de logement ne sont pas obligatoires. Mais pour changer la réalité il faut proposer une nouvelle façon de penser et d’agir, il faut regarder le monde autrement, écouter les gens comme ils sont et non comme nous voudrions qu’ils soient. C’est ce que nous proposons. »

Pape Diouf s’est engagé à ne faire que deux mandats de 6 ans, s’il était élu. Il ne reste plus qu'une semaine au Pape de la cité phocéenne de se donner la chance de convertir son rêve marseillais en réalité.

Thierno DIALLO, envoyé spécial à Marseille

 

 « L’action de Pape DIOUF peut enclencher une véritable dynamique d’éclosion de tous les talents des minorités »

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