Discours sur l'état de la nation

RDC: Kabila fustige les injonctions étrangères dans les affaires congolaises

Afrique Connection | 16 / 12 / 2014 à 10:08

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Le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila.

Joseph Kabila sort de son silence. Longtemps soupçonné de couloir tripatouiller la constitution afin de pouvoir se présenter à la présidentielle de 2016, le président de la République Démocratique du Congo a prononcé un discours sur l'état de la Nation, devant les deux chambres de du Parlement réunies en congrès. S'il a maintient toujours le suspens sur sa candidature, il ne s'est pas privé de répondre à la communauté internationale, les Etats-Unis et la France en tête, qui régulièrement lui mettent en garde contre tout tripatouillage de la constitution de son pays.

CALENDRIER ELECTORAL

« Les élections sont dans notre pays devenues incontournables pour l’accès aux plus hautes charges de l’Etat. Nous ne pouvons donc pas en faire l’économie quelles que soient nos difficultés. Toutes les élections prévues par les lois de la République seront organisées conformément aux dispositions qui seront prises par l’institution compétente pour ce faire, à savoir la Ceni [commission électorale]», a déclaré Joseph Kabila.

DE LA SOUVEAINETE CONGOLAISE

Parlant du processus électoral et et le débat que suscite sa supposée intention de de tripatouiller la constitution dans le but de pouvoir se présenter à la présidentielle en 2016, Kabila lance: « On peut en revanche s’interroger sur le bien-fondé de l’auto-invitation dans ce débat des personnalités non congolaises aussi bien intentionnées soient-elles », a-t-il cependant ajouté.

Le président de la RDC n' a pas manqué de s'interoger sur cette « tendance fort remarquée de certains compatriotes d’en appeler systématiquement à l’étranger pour régler les différends entre Congolais, comme si dans ce pays, nous n’avions pas collectivement assez de sagesse pour le faire nous-mêmes ».

Il enchaîne en mettant les points les "I": « Je voudrai dire aux premiers et aux seconds que le peuple congolais n’est pas n’importe quel peuple. Nous sommes les descendants de Kimpa Vita, de Simon Kimbangu, de Joseph Kasa-Vubu, d’Antoine Gizenga, de Patrice Lumumba et de Laurent Désiré Kabila. Nous sommes ce peuple tellement jaloux de son indépendance conquise de haute lutte et de liberté démocratique obtenue parfois au prix de sang ».

Ensuite, il administre sa dose à l'Occident: « De nos partenaires et pourvu que cela soit fait dans le respect de notre souveraineté, nous sommes toujours prêts à recevoir des avis, conseils et suggestions mais jamais des injonctions. »

MASSACRES DE BENI 

Sur l'insécurité qui sévit dans le territoire de Béni, au Nord-Kivu, Kabila n'a pas pris de gants pour dénoncer: « Les forces obscures de l’intérieur et de l’extérieur guettent la moindre distraction de notre part pour allumer le feu. C’est le cas depuis quelques mois dans le secteur de Beni-Mabu au Nord-Kivu où des milliers de personnes sont contraintes d’abandonner leurs foyers et où la population subit quotidiennement des violences insupportables du fait des bandes d’anarchistes dépourvues de toute revendication intelligible moins encore légitimes. »

Jean OLOHOU

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