L'opposant gabonais redoute un "empoisonnement " silencieux

JEAN PING: "JE SUIS PERSUADÉ QUE LE RÉGIME VEUT DÉSORMAIS M’ÉLIMINER"

Afrique Connection | 17 / 01 / 2018 à 01:15

L'opposant gabonais, Jean Ping, qui se considère toujours comme le vrai vainqueur de la présidentielle de 2016, s'estime aujourd'hui en danger dans son pays. Les derniers développements de son bras de fer avev le régime d'Ali Bongo, matérialisés par son interdiction de sortie du territoire, lui font même craindre le pire. Raison pour laquelle il refuse de déférer à la convocation, redoutant une arrestation suivie d' un "empoisonnement" avec des effets à retardement.

 

L'opposant gabonais Jean Ping est attendu ce vendredi, à 15h, dans le bureau du juge d’instruction du tribunal de première instance de Libreville. Cette convocation en qualité de témoin entre dans le cadre de l’enquête sur Pascal Oyougou, un allié de Ping arrêté en septembre dernier et inculpé « du crime de complot contre l’autorité de l’État et du délit d’acte ou manœuvre de nature à compromettre la sécurité publique ».

Mais, prudent, Ping a décidé de ne pas répondre personnellement à la convocation du juge, laissant ses avocats le faire à sa place. En effet, empêché de prendre un vol pour Paris il y a quelques jours, et aujourd'hui sous surveillance policière à son domicile de Libreville, Jean Ping dit avoir une idée du plan du régime qui se cacherait derrière cette convocation chez le juge d'instruction.

"Je pense surtout que ce pouvoir est aux abois et qu’il a monté cette affaire de convocation judiciaire pour essayer de me forcer à capituler"

"Je pense surtout que ce pouvoir est aux abois et qu’il a monté cette affaire de convocation judiciaire pour essayer de me forcer à capituler. Je sais pertinemment quel est leur projet : me convoquer chez le juge, puis m’interpeller. Et ensuite, peut-être m’inoculer un poison dont les effets se feront sentir plus tard", a t-il révélé dans un entretien téléphonique avec le quotidien français Libération.

Jean Ping de poursuivre dans la même interview:

"Mais je connais bien ce régime ! Dans le passé, c’est déjà arrivé. Aujourd’hui, Ali joue sa dernière carte, il pense qu’en liquidant le véritable vainqueur des élections de 2016, il va mettre un terme à la crise. Tout le monde sait que j’ai gagné les présidentielles avec plus de 60% des voix, 300 de mes compatriotes ont déjà été tués depuis le scrutin. Je mesure mes mots, je suis persuadé que le régime veut désormais m’éliminer. Et c’est pour cette raison que je ne vais pas chez le juge. J’envoie simplement mes avocats, pour plaider le droit dans cette affaire montée de toutes pièces".

A (re)voir également: MENGUE M'EYAA: « LE PEUPLE GABONAIS NE SE LAISSERA PAS FAIRE, NI AU PAYS NI DANS LA DIASPORA" (VIDÉO)

L'opposant gabonais qui ne se considère pas comme tel se dit même étonné de lire dans les motifs de la convocation du juge que son allié Oyougou l'aurait directement accablé. Et non sans s'interroger sur les circonstances des accusations portées par cet allié qui dort en prison depuis quatre mois.

"Un partisan de l’opposition, Pascal Oyougou, arrêté en septembre, m’accablerait soudain de tous les maux ? Ah bon ? Il est en prison, n’a jamais été entendu par un juge… Et là, il m’accuse? Mais de quoi ? Et si c’est avéré, que faut-il en conclure ? Qu’il a été torturé ? Qu’on lui a fait des promesses ? Tout ça ne tient pas debout… En réalité, Ali pensait que je finirais par accepter un compromis, qu’après toutes ces violences, il m’offrirait un poste et tout recommencerait comme avant. Et comme cette fois ça ne marche pas, le régime se durcit", a laissé entendre Jean Ping chez notre confrère français.

Thierno DIALLO, Afrique Connection

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