Processus électoral

Officiel : la Plateforme de Paris vomit le consul Amadou Diallo et demande à rencontrer l'Ambassadeur Bassirou Sène pour notification

Afrique Connection | 17 / 01 / 2018 à 03:14

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Le consul général du Sénégal à Paris, Amadou Diallo. La Plateforme de l'opposition et de la société civile sénégalaise en France ne veut plus qu'il préside la commission administrative électorale pour la présidentielle à venir

C'était une simple menace en l'air depuis quelques mois déjà. Et aujourd'hui la Plateforme de Paris, une constellation de partis politiques et de mouvements citoyens sénégalais en France, a fini de vomir le consul du Sénégal à Paris, Amadou Diallo, qu'elle ne considère plus comme président de la commission administrative pour l'organisation des élections en France. Une demande d'audience a été déposée auprès de l'Ambassadeur du Sénégal, Bassirou Sène, pour lui notifier la décision et lui demander de désigner un président « neutre ».

 

Après la tempête, la tempête? En tout cas, quelques mois après avoir récusé sans succès, sur le bout des lèvres il est vrai, le consul général à Paris en sa qualité de président de la commission administrative électorale de sa juridiction, l'opposition et la société civile reviennent à la charge. Cette fois, c'est par anticipation, et de façon plus organisée. 

À environ pile un an de la présidentielle, ils ont mis en place une entité dénommée « Plateforme de Paris ». Celle-ci se définit comme un cadre "consensuel" de partis politiques de l'opposition et de mouvements citoyens. Elle revendique « 35 à 38 % du corps électoral ».

« Ce n'est pas une coalition, un cadre qui prépare 2019 dans le sens d'avoir un candidat unique. C'est simplement un cadre qu unifie des partis de l'opposition, les mouvements citoyens, les indépendants strictement autour d'une question essentielle à savoir le processus électoral qui a été complètent biaisé en 2017 en France », précise Abubakeur Benjelloun de Diaspora Plurielle.

A (re)lire également: (Vidéo) Les minutes du séminaire de l'opposition et de la société civile sénégalaise aux Mureaux

Après son séminaire tenu samedi aux Mureaux (banlieue ouste de Paris), la Plateforme de Paris n'a pas mis trop de temps pour entrer dans le vif du sujet, dérouler sa plateforme revendicative aux autorités. Elle a déposé une demande d'audience mardi auprès de l'Ambassadeur du Sénégal à Paris, Bassirou Sène, pour lui notifier ses décisions.

« Il s'agit de 12 points sur lesquels nous voulons nous adresser aujourd'hui aux autorités sénégalaises pour que plus jamais on rencontre les problèmes qu'on a vécus en 2017 », explique Abubakeur Benjelloun qui fait figure de porte-parole.

Mais l'une des principales décisions de cette plateforme est la « destitution » du Consul Amadou Diallo comme président de la commission administrative électorale de la juridiction de Paris. On se souvient que les relations avec ce dernier étaient déjà très tendues l'été dernier pendant le processus de distribution des cartes d'électeur en vue des Législatives du 30 juillet 2017.

"L’État sénégalais peut continuer à le garder comme consul à Paris, c'est son problème. Mais en tout cas il ne dirigera plus nos élections"

« Nous voulons rencontrer l'Ambassadeur parce que déjà c'est la plus haute autorité sénégalaise en France, et aussi parce que nous ne voulons plus travailler avec le consul général du Sénégal à Paris qui a été pris la main dans le sac. Et comme le stipule l'article 6 lorsqu'on est pris la main dans le sac en plein action de vol, de tripatouillage, on doit être démis. Donc nous ne voulons plus que l'Ambassadeur nomme le consul comme président de la commission administrative. Nous voulons qu'il nomme une personne autre parce qu'Amadou Diallo a fait preuve de beaucoup d'esprit partisan et d'attitudes pas du tout républicaines. », explique Benjelloun.

« Nous rejetons toute forme de discussion avec ce consul qui n'est plus pour nous le représentant des Sénégalais à Paris. L’État sénégalais peut continuer à le garder comme consul à Paris, c'est son problème. Mais en tout cas il ne dirigera plus nos élections. », insiste celui qui fait figure de porte-parole de la Plateforme de Paris.

Mais Amadou Diallo n'est pas le seul dans le collimateur de cette plateforme. Le président de la DECENA, Badara Guèye, n'est aussi plus désiré. Une lettre destinée au président de la CENA, à Dakar, est en préparation. Son délit ? «  Parce qu'il n'a pas été à la hauteur de l'organisation, et surtout qu'il a trop subi de pressions qu'il a acceptées de la part des autorités notamment du consul général de Paris ».

Reste à savoir maintenant si le simple désir de cette plateforme de ne plus avoir affaire à  Amadou Diallo suffira pour que les autorités les suivent dans ce sens, ou si l'Ambassadeur Bassirou Sène a le pouvoir de nommer un président de commission autre que le consul en place. Ou, en fin de compte, pour couper court à tout ce blabla qui avait déjà empoisonné le processus précédent, Macky Sall consentira à éloigner Amadou Diallo de la Rue Hamelin, histoire donc d'éviter un processus parsemé d’embûches dans cette juridiction très polititisée.

Bref, la seule chose qui est aujourd'hui sûre, c'est que c'est reparti pour un long bras de fer.

Thierno DIALLO, Afrique Connection

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