ILS SONT ACCUSES D'AVOIR VOULU TUER LEUR CHEF

EN GUINEE-BISSAU, LA DÉTENTION ARBITRAIRE DE DIX MILITAIRES FAIT JASER

Afrique Connection | 17 / 08 / 2018 à 08:18

Dix militaires bissau-guinéens soupçonnés d'avoir voulu assassiner le chef des armées du pays en décembre 2017 sont depuis lors détenus dans de "mauvaises conditions" et sans "aucune preuve" contre eux, a dénoncé leur avocat.

Ces dix militaires, pour la plupart des hommes de rang au siège de l'état-major à Bissau, avaient été arrêtés début décembre 2017. Ils étaient soupçonnés d'avoir voulu éliminer physiquement le chef des armées, le général Biague Na Ntam, a affirmé à l'AFP Me Ricardo Nancassa.

Ils attendaient le retour à Bissau du général Ntam, qui se trouvait hors du pays pour des raisons médicales, pour exécuter leur plan, selon leurs accusateurs, a dit Me Nancassa.

Depuis leur arrestation, "ils n'ont jamais été présentés à un juge d'instruction encore moins formellement accusés. C'est une violation flagrante des lois et des libertés des prévenus. Ils sont séquestrés", a dénoncé l'avocat.

"Cela est contre la loi de notre pays. Aucune preuve n'a jusqu'ici été présentée contre eux", a t-il indiqué.

"Ces hommes sont toujours incarcérés sans accusation formelle dans de très mauvaises conditions dans une prison de la base aérienne" de la capitale, a martelé Me Nancassa qui exige leur libération.

Le tribunal militaire, joint jeudi par l'AFP, s'est refusé à tout commentaire.

La Guinée-Bissau, ex-colonie portugaise, a connu de nombreuses années d'instabilité politique et militaire dans laquelle l'armée a souvent été impliquée.

Le pays a traversé des turbulences politiques depuis la destitution en août 2015 par le président José Mario Vaz de son Premier ministre, Domingos Simoes Pereira, chef du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), auquel M. Vaz appartient également.

Un nouvel accord de sortie de crise a été conclu au sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) le 14 avril à Lomé.

Cet accord a abouti à la désignation d'un Premier ministre de consensus, chargé de conduire le pays aux législatives le 18 novembre, et à la reprise des travaux du Parlement, qui s'est réuni le 19 avril après deux ans d'interruption.

Avec AFP

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