Elle faisait venir et prostituer en France des filles de son pays

Cette Nigériane est l'une des fugitives les plus recherchées d'Europe (une affaire de sexe)

Afrique Connection | 18 / 10 / 2019 à 05:49

Jessica Edosomwan est recherchée depuis 2017 dans le cadre d'une vaste enquête sur un réseau de proxénétisme nigérian démantelé dans le sud-est de la France. Il s'agit de l'une des fugitives les plus recherchées par Europol, qui lance sa nouvelle campagne Europe's Most Wanted, destinée à mettre la lumière sur cette affaire afin de recueillir des informations.

La photo de Jessica Edosomwan se mêle à celle de bien d'autres visages. Depuis 2017, elle est l'une des fugitives les plus recherchées d'Europe, après avoir été identifiée comme l'une des protagonistes d'un réseau de proxénétisme qui s'était implanté dans le sud-est de la France. Elle est surtout la seule à avoir échappé à la vague d'interpellations dans le cadre de l'enquête menée par l'office central pour la répression de la traite des êtres humains pour démanteler ce réseau. Les 26 membres de ce réseau seront jugés prochainement par le tribunal de Lyon.

Le cas de Jessica Edosomwan a été choisi par la police française pour apparaître sur le site Europe's Most Wanted lancé par Europol, l'agence européenne de coopération des polices européennes. Depuis trois ans, l'organe européen, dans le cadre d'une campagne européenne, met en avant un fugitif par pays de l'Union européenne. L'objectif est de montrer ces visages au grand public afin de tenter de collecter des informations sur ces fugitifs susceptibles de se trouver dans l'un des pays coopérant avec Europol. Cette année, la lumière est mise sur la criminalité chez les femmes. 

"Le mode opératoire de ces réseaux nous laisse à penser que cette femme pourrait se trouver en Belgique ou en Allemagne, où elle peut bénéficier de relais", note Jacques Croly Labourdette, chef de la Brigade nationale de recherche des fugitifs.

21 fugitifs retrouvés en 3 ans

Jessica Edosomwan est considérée comme le bras droit de la tête de ce réseau. Les proxénètes, tous originaires de la même région au Nigeria, faisaient entrer illégalement sur le territoire français des jeunes femmes. Une fois en France, ils les prostituaient, leur faisaient subir des violences morales et physiques, et exerçaient des pressions sur elles et sur leur famille. Ils leur extorquaient de l'argent afin de rembourser entre 50 et 60.000 euros déboursés pour les faire venir en France. Ces jeunes femmes étaient également soumises à un rite vaudou, le "juju", un rite traditionnel nigérian que les femmes redoutaient.

Selon le témoignage de la soixantaine de victimes, Jessica Edosomwan les surveillait et récoltait l'argent. Elle leur laissait seulement de quoi subvenir à peine à leurs besoins. L'argent était lui envoyé au Nigeria via un système basé sur des collecteurs et des transporteurs. Les membres de ce réseau encourent jusqu'à 20 ans de prison. "Les faits reprochés sont particulièrement graves, note le patron de brigade nationale de recherche des fugitifs. Au regard de l'importance du dossier et de l'investissement du service enquêteur, il est important d'aller jusqu'au bout de l'enquête."

Les précédentes campagnes menées ces trois dernières années par Europol ont permis l'interpellation de 21 fugitifs sur les 69 dont les cas avaient été mis en avant par l'agence européenne. A chaque fois sur la base de renseignements du grand public. Avec bfmtv

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