À Libreville, Jean Ping harangue la rue en l’absence d'Ali Bongo

Afrique Connection | 18 / 12 / 2018 à 06:02

La carte de la rue pour espérer enfin porter le titre autoproclamé de « président élu des Gabonais » auquel il continue de s’accrocher? En l’absence du président Ali Bongo, en convalescence à Rabat au Maroc, Jean Ping tente la stratégie de la mobilisation populaire pour mettre la pression sur le régime. La manifestation « improvisée» qui a été dispersée ce samedi 5 décembre est-elle le nouveau levier de pression de l’opposant numéro un ?

 

En harangueur de foule, Jean Ping aura réussi à mobiliser mais aussi faire...marcher. Son message à la tribune de son meeting organisé, au quartier Charbonnages dans le 1er arrondissement de Libreville, a eu l'effet de stimuli de protestation.

« Quand la concertation est bloquée, il ne reste plus que la confrontation. Nous y sommes. Je ne vous retiens donc plus. La voie est bien libre. Vous pouvez foncer, c'est le moment », a lancé Jean Ping devant une foule de plusieurs centaines de personnes.

Un discours offensif qui a déclenché une manifestation « improvisée » mais tisonnée par celui qui se considère toujours comme le « président élu des Gabonais ». En face, une cinquantaine de policiers anti émeutes ont usé de gaz lacrymogènes pour disperser la centaine de manifestants dont certains ont brièvement été interpellés. A la tête de la Coalition pour la nouvelle République (CNR), la manifestation que Jean Ping appelait de ses vœux, n'est pas une stratégie fortuite.

Une assignation à résidence mise à profit

Depuis le mois d'octobre 2018, le palais du bord de mer, tout comme le bureau du président sont vides. Le président Ali Bongo Ondimba est actuellement en convalescence au Maroc où il a été transféré après son hospitalisation à Riyad en Arabie Saoudite. C'est cet espace institutionnel laissé vacant que l'opposant a décidé d'occuper par la pression de la rue sur les autorités qui tiennent la barque en attendant le retour du chef de l'Etat gabonais. En ressortant la vieille rengaine.

« C'est le début d'une série d'actions d'envergure qui continuera à partir de lundi et amènera Jean Ping à la prise de pouvoir », a confié Clay Martial Obame, porte-parole de la CNR. Son assignation à résidence, Jean Ping l'a donc mis à profit pour nourrir sa stratégie de retour dans la sphère publique où son silence commençait à devenir assourdissant. La carte de la légitimité populaire, l'opposant l'avait déjà tenté, le 3 novembre 2018.

Dans un discours qu'il voulait rassembleur lu depuis sa résidence, l'ancien chef de la diplomatie gabonaise a voulu fédérer les partis d'opposition autour de sa personne. Une union sacrée destinée à servir son projet de contestation de la réélection d'Ali Bongo lors de la présidentielle d'août 2016. Il semble que l'appel à manifestation entre dans le cadre de ce projet de revendiquer le fauteuil présidentiel en l'absence d'Ali Bongo.

La Tribune 

Top 10 + Populaires

Afrique Connection TV