Visa: La nouvelle colonisation

Afrique Connection | 19 / 04 / 2017 à 07:19

Une attestation d’hébergement, des bulletins de salaires pour prouver effectivement que l’on est capable de subvenir à ses besoins le temps de l’hébergement, une attestation de souscription aux sociétés de retraite, la photocopie du passeport et également l’équivalent de la preuve de l’achat d’un billet d’avion: bref un dossier d’une cinquantaine de page pour pouvoir demander un visa vers l’Europe.

 

Plusieurs points noirs en ressortent: un flou total règne sur les documents à fournir; le temps pour connaître la réponse du consulat est très variable. Puis, de grandes sommes d’argent sont déboursées sans garantie de voir sa requête aboutir et certaines demandes sont refusées à l’oral sans la moindre explication.

Ce qui est flagrant, c’est qu’à partir du moment où tu es demandeur de visa, tu deviens un sous-homme. A l’ambassade, ils te traitent comme une bête. Certains employés ont besoin de se sentir puissants, d’avoir un peu d’importance. Cette situation est de notoriété publique. Quand tu te rends à une ambassade, tu te prépares psychologiquement, tu as le moral blindé. Et puis une fois à l’intérieur du bâtiment consulaire, on vous appelle suivant un numéro. Dans une salle publique, c’est une dame derrière sa vitre qui pose les questions avec son micro. Devant tout le monde. Aucune intimité. Aucun respect de la personne. Le consulat c’est le territoire étranger par excellence où un citoyen se fait maltraiter par ses concitoyens.

Et je ne parle pas que des gens sans statuts qui recherchent une immigration sans motifs. Il s’agit aussi bien de lauréats au baccalauréat ainsi que des ingénieurs et des médecins qui ont été refusés malgré le dépôt d’un dossier complet. L’avenir de ces derniers dépend parfois des employés qui travaillent au services visa des consulats.

La procédure de délivrance des visas est très peu précisée dans la réglementation. L’insuffisance de règles et de critères clairs et précis rend ce dispositif très opaque. Selon les pratiques de tel ou tel consulat, la procédure de délivrance de visa peut alors sensiblement varier. De plus ce flou procédural est entretenu par un silence obtus de la part des consulats qui ne s’embarrassent pratiquement jamais de justifier ni même de notifier leurs refus, ou d’informer sur les possibilités de contester leur décision.

Il est extrêmement difficile pour les intéressés de contester la décision de refus, non seulement parce que n’étant pas informés des raisons ayant motivé le refus il est impossible de présenter des arguments visant à démontrer l’erreur éventuellement commise par le consulat, mais encore parce que l’absence de réponse écrite implique le plus souvent une absence d’information sur les voies et délais de recours.

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