Tshisekedi confirmé par la Cc, Fayulu s'autoproclame

IMBROGLIO POLITIQUE: LA RDC SE RÉVEILLE AVEC DEUX PRÉSIDENTS

Afrique Connection | 20 / 01 / 2019 à 07:35

C'était le scénario redouté. Les Congolais n'y ont pas échappé. Cette nuit, après avoir jugé recevables mais infondés les recours des candidats de l'opposition, la Cour constitutionnelle a dans une deuxième audience confirmé la CNI qui avait déclaré l'opposant Félix Tshisekedi vainqueur de la présidentielle du 30 décembre dernier. Mais dans la foulée, Martin Fayulu s'est autoproclamé "président légitime".

Après avoir égrené le nombre de voix des différents candidats, le président de la cour constitutionnelle, Benoît Lwamba Bindu, a  proclamé "élu à la majorité simple président de la République démocratique du Congo Félix Tshilombo Tshisekedi ».

La cour confirme ainsi la CNI. Faisant ainsi un véritable pied de nez à l'union africaine qui avait annoncé "douteux" les résultats proclamés par CNI et avait suggéré la suspension dela proclamation des résultats définitifs. 

Mais dans la foulée de la Cour, le candidat Martin Fayulu a tenu un point de presse pour déclarer qu'il est le "président légitime" de la RDC.

"Je me considère désormais comme le seul président légitime de la République démocratique du Congo", a déclaré M. Fayulu juste après le rejet de son recours et la proclamation de la victoire de son adversaire par la Cour constitutionnelle.

"Dès lors, je demande au peuple congolais de ne pas reconnaître tout individu qui se prévaudrait illégitimement de cette qualité, ni obéir aux ordres qui émaneraient de lui", a-t-il lancé, revendiquant la victoire avec 60% des voix.

"Je demande par ailleurs à l'ensemble de la communauté internationale de ne pas reconnaître un pouvoir qui n'a ni légitimité ni qualité légale pour représenter le peuple congolais", a-t-il ajouté.

Fayulu demande aux Congolais d'organiser "des manifestations pacifiques sur toute l'étendue du territoire national" pour protester contre la décision de la Cour constitutionnelle.

"Ce n'est ni plus ni moins qu'un coup d'Etat constitutionnel car il porte à la magistrature suprême un non-élu", a-t-il insisté.

"Par cet arrêt, la Cour constitutionnelle vient une fois de plus de confirmer qu'à l'instar de la Commission électorale, elle est au service d'un individu et d'un régime dictatorial qui ne respecte ni les lois de la République ni les règles les plus élémentaires de la démocratie et de la morale", a-t-il dit, visant le président sortant Joseph Kabila.

M. Fayulu accuse M. Tshisekedi d'être "totalement complice" d'un "putsch électoral" organisé par le président sortant Kabila.

La RDC est loin de sortir de l'ornière. Le pays se réveille avec deux présidents. 

Thierno DIALLO, Afrique Connection 

 

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