L'histoire du jour

De SDF et aveugle en France au monde du cinéma aux USA, le long chemin de croix du styliste d'origine camerounais Mason Ewing

Afrique Connection | 20 / 07 / 2019 à 09:30

Avant de devenir un grand styliste, qui crée notamment une mode pour malvoyants, et grand producteur cinématographique, le malvoyant franco-camerounais, Mason Ewing, a connu une enfance chaotique qui l'a fait basculer entre les foyers de l'Aide sociale à l'enfance et les hébergements d'urgence.

Né au Cameroun, Mason Ewing a rejoint son grand-oncle et sa grande-tante dans la banlieue parisienne à l'âge de 6 ans, après la mort de sa mère.

Il affirme avoir été "battu, brûlé, séquestré" par le couple, qu'il accuse notamment de l'avoir torturé avec du piment dans les yeux et sur le sexe – il a obtenu leur condamnation à 15 mois de prison avec sursis en 2004. Pris en charge par l'ASE (aide sociale à l'enfance), le jeune Camerounais s'est retrouvé à l'hôpital, à 13 ans, pour une sinusite doublée d'une méningite.

Pour lui, pas de doute : ce sont les mauvais traitements subis dans l'enfance qui ont causé cette cécité. "Avec les coups et le piment, j'avais déjà des douleurs au crâne et des problèmes de vue", explique-t-il. L'adolescent a dû apprendre à vivre avec son handicap, tout en étant baladé de famille d'accueil en famille d'accueil, rarement avec bonheur. Dans l'une, il assure avoir été comparé "au caniche noir de la famille, auquel il manquait une patte". Son linge était lavé à part, à cause de son "odeur de Noir". Dans une autre, ce jeune homme étiqueté "difficile" a tenté de se sectionner les veines. Il a fini par prendre ses marques dans un foyer de Melun (Seine-et-Marne), avant de devoir le quitter à 19 ans.

"Le jour de mes 19 ans, le 9 avril 2001, on m'a annoncé que mon contrat ne serait pas reconduit et que je ne pouvais pas rester dans le foyer où j'étais, raconte-t-il. Cela a été une panique indescriptible, la plus grosse peur de ma vie.", dit-il.

Après quelques jours chez un ami, Mason Ewing s'est retrouvé dans le circuit de l'hébergement d'urgence. "J'ai été mis au Samu social, dans une chambre avec des SDF bourrés, qui vomissaient et cassaient tout dans la chambre, décrit-il. Imaginez la panique quand vous ne voyez pas... Si j'avais été voyant, j'aurais préféré être dehors, à la rue." Le trentenaire à la voix douce et aux mots durs affirme avoir été victime d'attouchements sexuels, lors d'une douche, de la part d'un membre du personnel qui l'aidait à se laver. "Ma plainte a été classée, faute de preuves", fulmine-t-il.

(...) Cet ancien enfant placé est sorti de la rue grâce à des rencontres marquantes. La journaliste Dominique Torrès, fondatrice du Comité contre l'esclavage moderne, a été l'une des premières à le soutenir et à lui trouver un logement. Des dizaines de personnalités ont ensuite été touchées par le parcours de Mason Ewing. Le créateur de mode Olivier Lapidus, par exemple, a aidé le jeune homme à réaliser le rêve de sa mère : devenir styliste.

Récemment, il a bénéficié du soutien du PSG qui a décidé de l'aider pour le développement de sa marque. La nouvelle lui a été annoncé par le coordonnateur sportif du club de la capitale et ancien latéral gauche de l'équipe, le Brésilien Maxewell.

 

L'ex-SDF vit désormais entre la Seine-et-Marne et la Californie, où il développe des projets dans le cinéma.

Afrique Connection (avec Franceinfo)

 

L'histoire du jour

De SDF et aveugle en France au monde du cinéma aux USA, le long chemin de croix du styliste d'origine camerounais Mason Ewing

Afrique Connection | 20 / 07 / 2019 à 09:30

Avant de devenir un grand styliste, qui crée notamment une mode pour malvoyants, et grand producteur cinématographique, le malvoyant franco-camerounais, Mason Ewing, a connu une enfance chaotique qui l'a fait basculer entre les foyers de l'Aide sociale à l'enfance et les hébergements d'urgence.

Né au Cameroun, Mason Ewing a rejoint son grand-oncle et sa grande-tante dans la banlieue parisienne à l'âge de 6 ans, après la mort de sa mère.

Il affirme avoir été "battu, brûlé, séquestré" par le couple, qu'il accuse notamment de l'avoir torturé avec du piment dans les yeux et sur le sexe – il a obtenu leur condamnation à 15 mois de prison avec sursis en 2004. Pris en charge par l'ASE (aide sociale à l'enfance), le jeune Camerounais s'est retrouvé à l'hôpital, à 13 ans, pour une sinusite doublée d'une méningite.

Pour lui, pas de doute : ce sont les mauvais traitements subis dans l'enfance qui ont causé cette cécité. "Avec les coups et le piment, j'avais déjà des douleurs au crâne et des problèmes de vue", explique-t-il. L'adolescent a dû apprendre à vivre avec son handicap, tout en étant baladé de famille d'accueil en famille d'accueil, rarement avec bonheur. Dans l'une, il assure avoir été comparé "au caniche noir de la famille, auquel il manquait une patte". Son linge était lavé à part, à cause de son "odeur de Noir". Dans une autre, ce jeune homme étiqueté "difficile" a tenté de se sectionner les veines. Il a fini par prendre ses marques dans un foyer de Melun (Seine-et-Marne), avant de devoir le quitter à 19 ans.

"Le jour de mes 19 ans, le 9 avril 2001, on m'a annoncé que mon contrat ne serait pas reconduit et que je ne pouvais pas rester dans le foyer où j'étais, raconte-t-il. Cela a été une panique indescriptible, la plus grosse peur de ma vie.", dit-il.

Après quelques jours chez un ami, Mason Ewing s'est retrouvé dans le circuit de l'hébergement d'urgence. "J'ai été mis au Samu social, dans une chambre avec des SDF bourrés, qui vomissaient et cassaient tout dans la chambre, décrit-il. Imaginez la panique quand vous ne voyez pas... Si j'avais été voyant, j'aurais préféré être dehors, à la rue." Le trentenaire à la voix douce et aux mots durs affirme avoir été victime d'attouchements sexuels, lors d'une douche, de la part d'un membre du personnel qui l'aidait à se laver. "Ma plainte a été classée, faute de preuves", fulmine-t-il.

(...) Cet ancien enfant placé est sorti de la rue grâce à des rencontres marquantes. La journaliste Dominique Torrès, fondatrice du Comité contre l'esclavage moderne, a été l'une des premières à le soutenir et à lui trouver un logement. Des dizaines de personnalités ont ensuite été touchées par le parcours de Mason Ewing. Le créateur de mode Olivier Lapidus, par exemple, a aidé le jeune homme à réaliser le rêve de sa mère : devenir styliste.

Récemment, il a bénéficié du soutien du PSG qui a décidé de l'aider pour le développement de sa marque. La nouvelle lui a été annoncé par le coordonnateur sportif du club de la capitale et ancien latéral gauche de l'équipe, le Brésilien Maxewell.

 

L'ex-SDF vit désormais entre la Seine-et-Marne et la Californie, où il développe des projets dans le cinéma.

Afrique Connection (avec Franceinfo)

 

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