précarité

Dans le métro parisien, les sans-abris sont souvent des travailleurs pauvres

Afrique Connection | 20 / 11 / 2019 à 09:17

Métro, boulot... métro. Les sans-abris du métro parisien sont de plus en plus des travailleurs pauvres, selon une enquête présentée le 18 novembre 2019 par la RATP et l’Observatoire du Samusocial de Paris et menée de décembre 2018 à août 2019. Un tiers des 714 sans-abris recensés déclarent en effet avoir des revenus : pour 20% d'entre eux tirés du travail, 6% de leur retraite et 3% du chômage.

Travailleurs précaires, retraités, femmes victimes de violences…

Il s’agit majoritairement d’hommes seuls (82%), francophones et âgés de 46 ans en moyenne. "Le public a changé, en particulier avec l'augmentation de la part des travailleurs précaires, qui font un autre usage du métro. Ils y passent la nuit mais travaillent la journée, ou l'inverse", explique à l’AFP Odile Macchi, sociologue à l'observatoire du Samusocial, qui a mené l'enquête de terrain. On trouve également de plus en plus de jeunes retraités, de jeunes en rupture familiale, des femmes victimes de violences et des personnes malades.

Parmi les 714 sans-abri recensés par l'enquête dans la quasi-totalité des stations pendant l'enquête, seuls 7% disent y rester toute la journée et font partie de cette classe d'occupants, souvent clochardisés, repérable du grand public. Et pour plus de la moitié des sans-abri du métro, le souterrain représente juste un refuge. "Entre 6h et 8h, dormir représente l'activité principale (50% des sans-abri recensés). A partir de 18h, la majorité (60%) des sans-abri n'avaient aucune activité", détaille l'enquête.

30% sont en mauvaise ou très mauvaise santé

Et parmi la population enquêtée, plus de 30% des sans-abri du métro se déclarent "en mauvais ou très mauvais état de santé", selon le rapport, soit près de deux fois plus que dans l'enquête nationale de référence sur les sans-domicile, réalisée en 2012 par l'Insee (17%).De même, 30% des sans-abris interrogés disent être limités dans leurs activités quotidiennes comme manger ou marcher, dont 20% de manière forte. Ils sont en effet 3% à déclarer marcher 500 mètres avec beaucoup de difficultés et 2% à ne pas pouvoir le faire.Par ailleurs, 7 % déclarent avoir beaucoup de difficultés à monter ou descendre les escaliers. "Ces limitations fonctionnelles physiques peuvent parfois freiner les orientations vers les structures", déplorent l’Observatoire du Samusocial de Paris et la RATP dans leur enquête.

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