coup dur pour cheikh Tidiane Gadio

L'ancien minsitre sénégalais des Affaires étrangères arrêté et inculpé aux Etats-Unis pour corruption

Afrique Connection | 21 / 11 / 2017 à 08:59

C'est un coup dur pour Cheikh Tidiane Gadio, et une tâche (indélébile?) sur son image. L'ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères (2000-2009), sous le magistère d'Abdoulaye Wade, a été arrêté aux Etats-Unis vendredi dans le cadre d'une affaire de corruption à ramification internationale. Il agissait avec un complice chinois, Chi Ping Patrick Ho, 68 ans, président d'une ONG basée à Hong-Kong et en Virginie, dans l’Est des Etats-Unis.

 

Les ambitions présidentielles de Cheikh Tidiane Gadio sont-elles tombées à l'eau? L’ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères, candidat à la présidentielle de 2012, qui voulait également concourir à l'échéance présidentielle de 2019, a en effet aujourd'hui un autre combat à mener. Celui de se défendre devant la justice américaine.  Le président de l'Institut Panafricain de Stratégies a été arrêté vendredi à New York. Il a été présenté samedi devant un juge qui l'a inculpé pour corruption. Son complice chinois, lui, a été arrêté samedi et présenté à un juge lundi.

D'après le communiqué de la justice américaine rendu public lundi, et relayé par l'AFP, tous les deux sont accusés d'avoir corrompu de hauts responsables au Tchad et en Ouganda

Les opérations de corruption se sont étendues sur plusieurs années. Le « business » de Cheikh Tidiane GADIO et son complice chinois consistait à « obtenir des avantages pour une entreprise pétrolière chinoise. » C'est un gros deal qui porte sur « plusieurs millions de dollars ».

“Des responsables au plus haut niveau des gouvernements des deux pays sont soupçonnés d’avoir reçu des pots-de-vin”, a indiqué le ministre adjoint de la Justice Kenneth Blanco, citant le président du Tchad et le ministre ougandais des Affaires étrangères sans communiquer leur nom, rapporte l'AFP.

Les USA, cimetière d'anciens ministres et de présidents africains? En tout cas, ce n'est pas la première fois qu'un homme politique africain d'envergure est alpagué par la justice américaine.

 

M. Blanco a ajouté que la justice américaine était déterminée à poursuivre ceux qui compromettent la compétitivité des entreprises.

“Leurs pots-de-vin et leurs actes de corruption portent tort à notre économie et minent la confiance dans un marché libre”, a-t-il également commenté.

Les personnes inculpées sont soupçonnées d’avoir, entre autres, fait transiter près d’un million de dollars par l’intermédiaire du système bancaire new-yorkais.

En échange d’un pot-de-vin de deux millions de dollars, le président du Tchad aurait offert à l’entreprise pétrolière chinoise des droits pétroliers dans le pays sans passer par un appel d’offres international. L’ancien ministre sénégalais aurait joué un rôle central dans cette affaire.

M. Ho aurait également distribué des cadeaux tout en promettant d’autres avantages, dont le partage des profits d’une société commune ainsi que l’acquisition potentielle d’une banque en Ouganda, en vue d’obtenir des avantages pour l’entreprise de l’énergie pour laquelle il jouait le rôle d’intermédiaire.

A (re)lire également: GADIO NE FERA PAS RENAÎTRE L'AFRIQUE A PARIS

Alors, les USA, cimetière d'anciens ministres et de présidents africains? En tout cas, ce n'est pas la première fois qu'un homme politique africain d'envergure est alpagué par la justice américaine.

On se rappelle notamment que, cet été, l’ancien ministre guinéen des Mines, Mamhmoud Thiam, a été condamné à sept ans de prison pour avoir blanchi de l’argent de pots-de-vin. Comme Cheikh Tidiane Gadio, lui aussi faisait du business avec des entreprises chinoises. M. Thiam avait reçu 8,5 millions de dollars reçus dans les opérations. Somme qu'il avait utilisé pour payer l’école de ses enfants et acheter une maison de 3,75 millions près de New York.

En 2015, c'est l'ancien président de la transition en Guinée, Sékouba Konaté, qui avait été arrêté dans un aéroport américain en Virginie alors qu’il essayait de sortir du pays.

Le commandant de la force régionale de l’Union Africaine avait été accusé d'avoir essayé de faire entrer plus de 64 000$ en espèces aux Etats-Unis en 2013 depuis l’Ethiopie. Il avait été poursuivi parce qu'il avait déclaré à la douane américaine détenir moins de 10 000$.

Cheikh SARR, Afrique Connection

Top 10 + Populaires

Afrique Connection TV