Corruption à l’IAAF : La contre attaque de Massata Diack sur fond de déballages

Afrique Connection | 22 / 02 / 2016 à 10:52

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Massata Diack

Le fils de Lamine Diack, l’ancien président de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), englué comme son père dans le scandale de corruption et blanchiment, a choisi le media français, L'équipe TV, pour déballer.

Massata Diack rejette en bloc toutes les accusations et pointe les britanniques Sébastien Coe (actuel président de l'IAAF) et Cie, qui selon lui « n'ont jamais caché leur intention de salir la présidence de Lamine Diack à l'IAAF ».

Dans cet entretien diffusé ce lundi soir sur L’Equipe TV, il revendique  un bilan plus que glorieux en tant qu'agent marketing de l'instance mondiale d'athlétisme. Il n'aurait eu en charge que 9 pays sur 215. Mais il se vante d'avoir rapporté 678 millions de dollars des 925 millions de dollars de toute l'ère Lamine Diack de 1999 à 2015. Massata Diack pense mériter des honneurs, pour avoir sauvé l' IAAF de la faillite, plutôt que d'être traîné dans la boue.

Massata Diack semble néanmoins avoir déjà tourné la page de l'IAAF. D’ailleurs, il promet de retourner à son élevage de poulet et à l'agriculture chez lui, au Sénégal. Façon très nette de dire qu'il « ne répondra pas à la justice française ». D'abord parce que, dit il, « Massata Diack n'est pas français ». Et ensuite parce que « cette justice qui n'instruit qu' à charge dans ce dossier est partiale et donc disqualifiée ».

L'interview semble très convenue, et la mise en scène parfaitement orchestrée par un Massata Diack qui reçoit l'envoyé spécial de L'Équipe TV chez lui à Dakar, emmitouflé dans son grand boubou "baay lahat" et son écharpe "keffieh" mouride, façon surtout pour lui de rappeler qu'il est bon talibé Mouride.

Dans cette interview, Massata met également au défi ses accusateurs d'apporter les preuves que son frère Pape Khalill était aussi employé de l'IAAF. Pour lui, c’est « Faux, archi-faux! »

Quid de la montre de luxe et des 50 000 en espèces remis en main propre par Massata Diack himself au Dr. Gabriel Dollé, médecin à tout faire et responsable de l'antidopage à l'IAAF ? Le fils de Lamine Diack est accusé d’avoir remis ces cadeaux au médecin pour "services rendus" en aidant à mettre sous le coude les passeport biologiques des athlètes Russes pour sauver les mondiaux d'athlétisme qui se sont tenus du 10 au 18 août 2013 à Moscou. Ces accusations font pouffer de rire Massata Diack qui répond par l'ironie : « ils m'ont juste épargné de m'accuser d'être enceinte et d'avoir donné naissance à un bébé.»

Plus sérieusement, le fils Diack précise qu'en plus de dix ans de collaboration à l'IAAF, il n'aurait rencontré le Dr. Dollé qu'une ou 2 fois tout au plus dans les travées des événements de l'IAAF. A la question de pourquoi ne parler que maintenant, Massata répond qu'il réservait le fond de sa pensée à la justice de son pays. Et depuis qu'il a été entendu par les limiers de la DIC, à la demande des autorités judicaires du Sénégal, il a soulagé sa conscience. D'ailleurs Massata Diack qui donne en même temps des nouvelles rassurantes de son Père, retenu en France et empêché de quitter le territoire hexagonal par un contrôle judiciaire, s'étonne que la justice française ne s'intéresse pas plus que cela aux acteurs russes de cet imbroglio politico-affairiste qui sacrifie le sport sous l'autel de petits arrangements entre "amis".

 Pour rappel, deux anciens responsables de l'athlétisme russe aux mondiaux de 2013, Valentin Balachnikov et Aleixi Menikov,  ont déjà été suspendus à vie par la commission d'éthique de l'IAAF le 7 janvier dernier. C'est par la même décision que Massata Diack aussi était suspendu à vie des affaires de l'athlétisme mondiale. Affaire à suivre.

Abdoulaye CISSE

 

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