présidentielle française

DRÔLE DE DIVERSITÉ DANS LE ONZE DE DÉPART POUR LA CONQUÊTE DE L’ÉLYSÉE

Afrique Connection | 22 / 03 / 2017 à 02:34

Tous les candidats à l’élection présidentielle française du 23 avril prochain se veulent rassembleurs. Cela va de soi, car sans un rassemblement majoritaire on ne peut devenir Président de la République.

 Dans un peu plus d'un mois, la France aura un nouveau président. Et depuis le 18 mars, et la clôture de la course aux parrainages par le Conseil constitutionnel, l'on est entré dans le vif du sujet.

La lutte pour ce siège suprême laisse sans doute un goût amer à certains citoyens, ceux dont les favoris ont été recalés.

Ils sont en tout cas onze candidats à avoir obtenu les très courus 500 parrainages requis pour avoir le droit de prendre position sur la ligne de droite, de s'insérer dans l'avant-dernière ligne droite qui mène vers l’Élysée.

Il s'agit de Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière), François Asselineau (Union populaire républicaine), Jacques Cheminade (Solidarité et progrès), Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), François Fillon (Les Républicains), Benoît Hamon (Parti socialiste), Jean Lassalle (Résistons !), Marine Le Pen (Front national), Emmanuel Macron (En marche !), Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste). 

Neuf autres prétendants sont restés sur le carreau, faute d'avoir atteint la barre fatidique des 500 parrainage, parmi lesquels les anciennes ministres de droite, Michèle Alliot-Marie, Rama Yade, ou encore l'ex-plume de Sarkozy, Henri Guaino.

 
La surenchère dépasse toutes les attentes, et les minorités en prennent pour leur grade

 

La diversité chez les heureux élus ? La seule qui saute aux yeux, c'est le fait que le onze de départ est issu de divers horizons idéologiques. C'est un onze qui va de l'extrême-droite à l'extrême gauche. Chacun y va de sa touche personnelle plus ou moins loufoque, pour essayer d'être original. Quitte à, par exemple pour le candidat de la droite et du centre, pointer le curseur jusqu'à l'extrême-droite, histoire de séduire ses électeurs. Mais personne n'est dupe.

La surenchère dépasse toutes les attentes, et les minorités en prennent pour leur grade. Certains parlent de la Clause Molière, d'autres de rétablir la laïcité et cela n'est que le début. Là aussi, c'est à dire dans le volet culturel des programmes de certains candidats, est invoquée la diversité.

En matière de genre aussi, la diversité se fait désirer. Des onze candidats, elles ne sont que deux femmes.

En fin, pour ce qui concerne la vraie diversité, celle-là même qui donne toute leur place aux Français nés de parents immigrés, peu d'états-majors ne s'en soucient. La diversité n'a pas sa place dans ce débat, encore une fois. Pour preuve combien de personnes issues des " minorités " entourent les candidats ? Peu, voire pas du tout. Et les rares qui sont là ne sont quasiment pas visibles dans les débats.

Bref, en France, on aime bien parler de diversité. Mais, arriver le moment de l'appliquer, c'est mystère et boule de gomme. Et pourtant, en équipe de France de football, toutes les chances de gagner a toujours reposé, et repose encore aujourd'hui, sur cette diversité. C'est à croire que le « onze » politique est l'affaire d'une seule catégorie, et le « onze » de foot à une autre. Drôle de diversité.

Mahamat Zene Isseine Bourma pour Afrique Connection

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