PAUL KANANURA DE L'INSTITUT MANDELA BALANCE GRAVE SUR JEUNE AFRIQUE

Afrique Connection | 22 / 03 / 2018 à 02:10

L'Institut Mandela, basé en France et dirigé par Dr Paul Kananura a décerné lundi 19 mars à Paris, des « Prix Mandela » à un certain nombre de personnalités africaines, notamment les Présidents burundais, Pierre Nkrunziza, et tchadien, Idriss Déby Itno. Une démarche qui a fait l'objet d'articles très critiques de la part de Jeune Afrique et Libération. Dans cet entretien avec Afrique Connection, le président de l'Institut Mandela, Paul Kananura, n'est pas allé du dos de la cuillère pour démonter les motivations de ces deux médias qu'il accuse notamment d'être à la solde d'un « donneur d’ordre extérieur ayant chèrement payé ces articles de caniveau ». Pour relever certaines « contradictions » dans l'article de Jeune Afrique, Paul Kananura est aussi allé fouiller dans les « poubelles » du magazine panafricain...et balancer sa moisson. Entretien.

 

Après une tribune salée en janvier, vous et l'Institut Mandela que vous dirigez faîtes à nouveau objet d'un article au vitriol dans Jeune Afrique. Cette fois-ci, le quotidien français Libération s'est joint à ce que vous appelez une « campagne d'intoxication ». Mais qui est ce Paul Kananura qui suscite tant d' « acharnement » de la part de Jeune Afrique notamment ? 

Je suis Paul Kananura, Docteur en Aménagement et Urbanisme, spécialisation politiques publiques et Président de l’Institut Mandela. J’ai fait toutes mes études universitaires avec succès, de la première année jusqu’en doctorat, à l’Université Montaigne de Bordeaux, où j'ai été élu successivement Représentant des Étudiants de DEA (Diplôme des Etudes Approfondies) au Conseil de l’École Doctorale Histoire- Géographie, membre du Conseil Scientifique de l’Université et membre de la Commission des Moyens de l’Université.

« Nous connaissons les méthodes de coups bas de ce microcosme, qui aurait aimé distinguer des personnalités à notre place. Ces gens-là sont imbus de leur méchanceté aveugle. Mais ils nous trouveront toujours sur leur chemin. »

Quelles étaient vos motivations en briguant ces différentes postes de responsabilité durant votre cursus universitaire ? 

Je suis animé par une profonde passion de servir les autres. C’est dans cet esprit que je me suis présenté aux élections des conseils centraux de l’Université pour représenter les intérêts de tous les étudiants et j’ai accompli ma mission avec abnégation et dignité car les électeurs m’avaient confié un mandat clair.  J’ai été élu avec un score de 70% parmi les trois candidats, en 2002, par des Étudiants de DEA pour les représenter au Conseil de l’Ecole Doctorale. J’ai été élu et réélu en Conseil Scientifique de l’Université de 2002 à 2006. La liste des Étudiants Africains que je conduisais est arrivée en tête deux fois, ce qui a privé pour la première et la dernière fois l’UNEF (Union Nationale des Etudiants de France) d’arriver en tête dans les trois conseils centraux.  J’en gardais un sentiment de satisfaction et de devoir accompli. 

Lundi 19 mars, l'Institut Mandela que vous dirigez a décerné des « Prix Mandela » à des personnalités. Jeune Afrique et Libération ont fait des articles très critiques sur votre personne et votre Institut. Seriez-vous devenu l’homme à abattre par le microcosme journalistique parisien?

Nous avons un proverbe en Afrique qui dit que « La lumière attire toujours les insectes diverses ». Je serai tenté de reprendre la maxime du tyran romain Tibère, « que l’on me haïsse pourvu qu’on me craigne », mais elle ne correspond ni à ma philosophie de vie ni à mon éthique. Je pourrai également invoquer Sacha Guitry : « Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d’eux, ils en diraient bien davantage » ! Or, je ne pense rien de mes détracteurs puisque je ne les connais pas. Et quand bien même je les connaîtrais, je les inviterai à méditer ces paroles évangéliques, « Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent ». Je vous promets d’appliquer cette règle…, mais pas avant de répondre à vos questions !

Répondez à notre question alors...

On n’écrit pas sur quelqu’un qui ne fait rien ou qui n'en veut pas la peine. J’aime les critiques positives, mais je méprise les mensonges et les contre-vérités écrites pour nuire à un individu et désorienter le lecteur. Certains nègres de service s’attellent à cet exercice pour distiller les idées de leurs maîtres, toujours racistes et spoliateurs. À Paris, il y a des journalistes respectables et dignes dont j’admire la pertinence de leurs analyses. Par contre j’ai très peu de considération pour les journaux ou les journalistes corrompus de la moelle épinière jusqu’au cerveau, qui trompaient l’opinion publique parce qu’ils ont reçu de l’argent pour salir l’image des honnêtes gens. Nous connaissons les méthodes de coups bas de ce microcosme, qui aurait aimé distinguer des personnalités à notre place. Ces gens-là sont imbus de leur méchanceté aveugle. Mais ils nous trouveront toujours sur leur chemin. 

« Il est pour le moins curieux que Jeune Afrique et Libération publient le même torchon au même moment.  La coïncidence  est troublante et je confirme l’existence d’un donneur d’ordre extérieur ayant chèrement payé ces articles de caniveau. »

Pensez-vous qu’ils fassent ces articles pour des raisons inavouables? 

Bien sûr que oui. Il est pour le moins curieux que Jeune Afrique et Libération publient le même torchon au même moment.  La coïncidence  est troublante et je confirme l’existence d’un donneur d’ordre extérieur ayant chèrement payé ces articles de caniveau. Ces pseudos journalistes, improvisés journalistes d’investigation pour fouiller dans les poubelles du monde sans rien trouver, ont oublié de fouiller dans les poubelles de l’Université pour trouver des traces de mes études, mandats électifs et actions académiques. Outre les ragots qu’il recèle et les calomnies qu’il reproduit, l’article de Libération transpire le racisme intrinsèque. Si le prix Mandela était une marque déposée par un européen de souche comme ils disent, on n’aurait pas déversé sur lui toutes ces billevesées, suspicions et même accusations gratuites. Mais comme il s’agit d’un Africain, ou d’un nègre comme ils n’osent plus le dire, tout devient permis pour eux, de la suspicion jusqu’à la stigmatisation.  

Êtes-vous vraiment sûr que ces articles ont été commandés et payés?

 Je ne le crois pas seulement, je le confirme car j’ai des informations et des preuves dans ce sens.  Et puis nous connaissons tous les méthodes de chantages et d’extorsion de Jeune Afrique, bien décrites et documentées par le Journal Mediapart et auparavant dans plusieurs livres et témoignages d’anciens journalistes de Jeune Afrique. Dommage qu’un journal sérieux d’information comme Libération se soit converti au mode de publication business pour survivre de la crise actuelle de la presse. 

Projetez-vous d’exercer votre droit de réponse à ces articles?

Même si le mépris serait la réponse adéquate, je vais prendre le temps de la réflexion.  Il est temps que ces journaux arrêtent de publier n’importe quoi. Toutes les options sont donc ouvertes.  Je tiens à vous signaler que Jeune Afrique a publié partiellement notre droit de réponse à son premier article diffamatoire du 8 janvier.  Cela est strictement interdit par la loi. Il vient de faire la même bêtise comme un enfant gâté en publiant un deuxième torchon. Ce même torchon est publié par Libération pour se rendre service mutuellement dans une association que certains taxeraient de malfaiteurs.  Comment qualifier un journal qui ne respecte ni l’éthique journalistique, ni la loi de la république? C’est du voyeurisme de bas étage.

Contrairement à ce qui est écrit, Libération ne nous a jamais contactée.  Sa journaliste ne s’est pas inscrite à la Cérémonie de remise des Prix Mandela. Et d’ailleurs, elle a commis une grave faute professionnelle en écrivant que le Prix décerné, à titre posthume, au Président Bourguiba a été réceptionné par un Ancien Ambassadeur de Tunisie, Mezri Haddad. Cela prouve à suffisance son absence à la cérémonie et celle de son journal, car le Prix a été remis àSon Excellence Monsieur Ghazi Gherairi, Ambassadeur de Tunisie auprès de l’UNESCO et Représentant l’Etat tunisien, en présence de la famille Bourguiba et de Son Excellence Monsieur Abdelaziz RASSAA, Ambassadeur de Tunisie en France. 

« Le Prix Mandela du Courage attribué au Président Nkurunnziza a donné l’occasion inespérée aux comploteurs racistes et à leurs complices affairistes véreux pour continuer la déstabilisation du Burundi. »

Revenons brièvement sur l’Institut et le Prix Mandela mis en cause par nos confrères. Plus précisément, que répondez-vous aux attaques de ces deux médias contre votre Institut et le Prix du Courrage décerné au Président Pierre Nkurunziza ?

L’Institut Mandela est une  marque déposée, donc il n’a pas besoin de reconnaissance de qui que ce soit. Vos confrères ignorent probablement le sens de la propriété intellectuelle sauf s’ils sont animés par une mission malsaine de tromper l’opinion publique. Les Prix Mandela sont décernés à des personnalités ou institutions après un processus rigoureux de sélection des candidatures motivées. Les prix ne sont pas destinés à récompenser l’absence de problème, mais plutôt la volonté de trouver des solutions ou d’y faire face. Le Prix du Courage attribué au Président Pierre Nkurunziza rentre dans cette philosophie. C’est un héros pour une partie de son peuple auquel il a rendu la dignité et il est décrié par une autre partie revancharde et nostalgique d’un pouvoir minoritaire, voire carrément coloniale.

Après un Coup d’Etat avorté auquel participaient des militaires dirigés par l’opposition radicale burundaise subordonnée à des pouvoirs étrangers, le Président Nkurunziza fait face avec courage exceptionnel à une déstabilisation internationale avec parfois une fabrication de fausses preuves des massacres dont la projection dans le journal télévisé de France 3 a donné lieu à un communiqué d’excuse de la rédaction. On a déjà vu cela dans le cas de l’Irak hier et de la Syrie aujourd’hui. Dans un pays  qui a connu un conflit ethnique, l’animosité empêche tout sentiment de fierté nationale, d’où l'instrumentation complotiste à chaque occasion pour déstabiliser un pays fragile.

Le Prix Mandela du Courage attribué au Président Nkurunnziza a donné l’occasion inespérée aux comploteurs racistes et à leurs complices affairistes véreux pour continuer la déstabilisation du Burundi.

Que valent les deux articles de Jeune Afrique et de Libération, à vos yeux?

Rien que du charlatanisme avec une incohérence déconcertante. Comment consacrer des pages sur une structure « bidon », si on n’est pas bidon soi-même? A mon sens c’est un journal bidon, avec des journalistes non crédibles, qui peut faire ce genre de chose.  Dans le même torchon, ils disent qu’ils n’ont pas trouvé les traces de nos conférences. Et ils confirmaient d’une part que le Ministère des Armées a répondu que j’ai invité des militaires à nos événements et d’autre part que le Département d'État Américain les a informé que son service Africa Regional Service a participé à nos conférences depuis 2015.  Est-ce que ces militaires et membres d’Africa Regional Service participaient à des rencontres imaginaires sans trace? Et pourtant les traces sont dans la maison même de Jeune Afrique, devenue Vieille Afrique, frappée d’amnésie ou de démence.  Je vais lui rafraîchir la mémoire pour trouver facilement les traces de nos conférences au moment où elle a profité de notre naïveté pour nous soutirer de l’argent.

En-voici une (voire fac-simlé et facture ci-après, NDLR). C'est une conférence organisée par le Dr. Paul Kananura, publiée à la Page 102 de JA n° 2582 du 4 au 10 juillet 2010 pour une somme de 13 754 euros.

« Comme nous avons refusé de payer la rançon, nous sommes traînés dans la boue pour nous soumettre à ses méthodes classiques de pression »

 

Comme nous avons refusé de payer la rançon, nous sommes traînés dans la boue pour nous soumettre à ses méthodes classiques de pression. Qu’elle sache que nous ne céderons à rien, nous sommes allergiques aux chantages et pressions diverses.  Les articles de Jeune Afrique chèrement payés ne servaient à rien pour l’Afrique. Ses méthodes d’extorsion sont connues : 200 000 pour un cahier spécial de 23 pages, 23 000 pour un article de 3 pages et 11 500 pour une page ; voilà ce qu’on paye pour avoir droit au chapitre dans Jeune Afrique. Ce n’est pas de l’information c’est de l’escroquerie pure et simple. Jeune Afrique est l’ennemie première de l’Afrique.  Donc, ces contre-vérités sur nous deviennent un honneur pour nous qui prouvent que nous ne complotons pas contre notre cher Continent. Nous le servons en restant fidèles aux précurseurs de la lutte pour l’indépendance et pour la liberté, notamment Nelson Mandela et Habib Bourguiba.

Propos recueillis par la rédaction d'Afrique Connection

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