LES HUMEURS DE CAMPAGNE DE LATYR DIOUF (n°2)

Afrique Connection | 22 / 07 / 2017 à 01:55

 

Encouragé par de fins amis qui disent avoir franchement rigolé à ma première saillie de campagne, je poursuis l’exercice sur le même ton, à la fois grave et léger, mais dans l’esprit, toute proportion gardée, des Pensées de campagne de Marc Aurèle (n’allez pas revoir Gladiator !) ou des Essais de Michel de Montaigne (Souvenez-vous, chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition). Ces deux-là font partie de ceux qui, prétendant vouloir discuter avec et pour eux-mêmes, ont parlé à/pour toute l’humanité. De ce fait, une fois qu’on les a croisés, on a le fâcheux sentiment de les imiter juste en exprimant son intime conviction. Qu’à cela ne tienne, mes humeurs sont les miennes et j’y tiens. Mais, « hélas, quand je vous parle de moi, je vous parle de vous ». Vous reconnaîtrez là les Contemplations intemporelles du troisième gourou, monsieur Victor Hugo. Pas besoin d’incarner davantage le propos en voulant justifier mes Confessions (4ème gourou) ou en prétendant montrer un homme (Ecce homo, 5ème et dernier gourou !). Revenons-en au fait.

 
(..) J’avais notamment soutenu que nous étions comptables des illusions politiques qui ont perdu le maire de Dakar 

 

La campagne pour les législatives, qui me sert de prétexte pour passer mon âme et mon engagement politique au contrôle technique, bat son plein depuis bientôt deux semaines. J’ai eu l’occasion de m’exprimer publiquement à l’occasion de nos réunions. Après le meeting d’ouverture d’Asnières-Sur-Seine où j’avais pris la parole au nom de la Convergence des Cadres Républicains, le 9 juillet dernier, un ami m’avait transféré un extrait vidéo de mon allocution. En le visionnant au calme, je l’ai trouvé plus soucieux d’ovations que d’adhésion éclairée. Il fallait bien entrer dans la campagne, avec tout ce que cela exige de postures.

Je vous dispense de la substance intégrale de mon propos mais, pour discréditer une opposition qui se débrouille déjà toute seule en la matière, j’avais notamment soutenu que nous étions comptables des illusions politiques qui ont perdu le maire de Dakar car, l’APR avait joué un rôle essentiel dans la chute de la Coalition Sopi en mars 2009, trois mois seulement après sa naissance. C’est ainsi que Monsieur Khalifa Sall est devenu, avec notre concours incontestable, le maire de la capitale, ce qui a eu comme conséquences de le remettre en confiance et d’avoir les énormes moyens à l’origine de ses déboires judiciaires. Cela reste, à mon avis, juste dans une certaine mesure, mais je n’ai pas aimé cette échappée, avec le recul.

 

Notre Coordo, comme on l’appelle, me dira que c’était excellent (il le dit souvent à tous ses camarades !). Il avait ajouté que mes scrupules à flinguer nos adversaires, de temps en temps, m’empêchaient de révéler mes vrais atouts politiques. Il avait conclu par une de ses phrases fétiches qu’il attribue à Sartre : « Mais, l’intellectuel est un mauvais militant ». L’intellectuel comme s’appelle le lettré qui a un projet d’influence, d’après Régis Debray, gourou d’un de mes jeunes amis ;). Je ne sais pas à quel degré je suis l’un ou l’autre mais je ne distingue jamais très bien « l’adversaire » dans cette opposition en déconfiture. Et je ne veux plus me tromper en donnant à certaines de ses soit-disant figures des occasions de croire en leur crédibilité.

En revanche, les fléaux intimes sont nombreux et redoutables. Je leur consacrerai le texte le plus chargé et, sûrement, le plus grave de cette série de campagne. J’y évoquerai, à travers quelques portraits, les effroyables impostures qui anéantissent toute velléité de progrès collectif réel. En attendant, allons rapidement au cœur de ce deuxième épisode, sur un terrain où nos pourfendeurs n’aiment guère s’aventurer. Je reprends, ici, textuellement, une partie de mon propos de samedi dernier (15 juillet), au cours de notre meeting au Grand Rex.

La stratégie de nos opposants consiste à faire croire que des élections législatives ne doivent pas être l’occasion de parler des réalisations de l’exécutif. Mais, ils ne se gênent pas pour nier des avancées facilement vérifiables ou pour critiquer sévèrement le mandat du Président de la République.

Il est vrai que le rôle d’un député a, essentiellement, deux aspects :

 

-          Contrôler l’action gouvernementale. Il s’agit de participer à l’évaluation des politiques publiques, de poser des questions au gouvernement et de voter des motions de censure

-          S’impliquer dans la législation. Il s’agit d’examiner les textes en commission et en plénière, de déposer des propositions de loi et des amendements éventuels et de voter les lois.

Mais, en tant que représentant du peuple, un député, quelle que soit son affiliation, a le devoir de reconnaître et de soutenir les mesures gouvernementales qui soulagent sensiblement les populations. Je n’affectionne pas particulièrement les inventaires et aucun enjeu électoral ne me fera dire que tout est rose au Sénégal. Mais, regardons ensemble, très calmement, les efforts depuis l’arrivée du Président Macky Sall. Loin d’être exhaustif, ce rappel évocateur ne s’embarrassera pas, non plus, de détails techniques, de mécanismes de mise en œuvre, de coûts, d’évaluations…La raison en est évidente : espace et temps insuffisants ! C’est déjà assez fastidieux comme ça et vous n’entendrez jamais un bon lutteur scander « Thiour, ma limal leen ! » Vous êtes prêts ? Alors, tournons manège et écoutons un air de « bak » de bilan jusqu’à l’étourdissement.

Pour les Sénégalais de l’extérieur : Modification du code de nationalité permettant aux sénégalaises de pouvoir transmettre la nationalité sénégalaise à leurs enfants et époux (idée soumise en 2011 par notre modeste structure) ; Amélioration et renforcement du dispositif d´établissement de passeports et de carte nationale d’identité au niveau des consulats ; Mise en place du FAISE (Fonds d´Appui à l´Investissement des Sénégalais de l´Extérieur) ; large ouverture du droit au logement à la diaspora, renégociation des conventions relatives à la sécurité sociale des émigrés (participation active de notre structure aux concertations préparatoires) ; hausse de l’âge des véhicules d’importation ; baisse du tarif des appels entrants et des billets d’avion ; amélioration de l’assistance aux Sénégalais en situation de grave détresse et aux familles endeuillées (rapatriement de corps) ; implication directe de la diaspora dans la vie publique…

 
Gouvernance sobre et vertueuse, sans sourire à la goguenardise des opposants 

Gouvernance sobre et vertueuse, sans sourire à la goguenardise des opposants : Activation de la Cour de répression de l´enrichissement illicite (CREI) ; création de l’Office national Anti-Corruption (OFNAC) ; baisse du train de vie de l’Etat et maîtrise des déficits publics; adoption du Code de transparence des finances publiques de l´UEMOA ; application de la norme mondiale relative à la transparence des revenus issus des ressources naturelles ; rapports annuels de l’ITIE (Initiative pour la transparence dans les industries extractives) pour mieux comprendre le secteur extractif et renforcer la transparence dans les secteurs minier, gazier et pétrolier ; audit du fichier de l’Etat et rationalisation des effectifs…

Social, Emploi & Habitat : baisse des prix des produits pétroliers ; baisse des prix des denrées de première nécessité et appui en vivres de soudure pour la population et le bétail ; baisse des loyers ; baisse de l’impôt sur les salaires ; revalorisation des pensions de retraite ; harmonisation de l’âge de la retraite pour les secteurs publics et privé ; bourses de sécurité familiale pour les plus défavorisés, couverture maladie universelle, carte d’égalité des chances pour les citoyens en situation de handicap ; réduction des inondations, des milliers de logement pour les sinistrés, modernisation du dialogue social ; publications du Rapport des statistiques du travail (bossez un peu, vous verrez !) ; cadre de prévention et d’élimination du travail des enfants ; inclusion sociale du secteur informel à travers le Régime simplifié pour les petits contribuables (RSPC) ; emplois dans le domaine agricole avec le PRODAC, financement des porteurs de projet avec le Fonds de Garantie des Investissements Prioritaires (FONGIP) ; 2000 logements à 17 milliards en 2012 et 2013 contre 1500 logements à 97 milliards du Plan Jaxaay (je ne voulais pas de chiffres dans ce listing, mais c’était trop tentant !) ; offre de plus d’une dizaine de milliers de logements pérennes par an avec la SICAP et la SNHLM. Programme urbain du Pôle urbain de Diamniadio, Cité de l´Émergence …

Éducation et Santé: Assises de l’Éducation et de la Formation en appui au PAQUET (Programme d’Amélioration de l’Équité, de la Qualité et de la Transparence) cadre de la politique nationale en matière d’éducation ; poursuite de la construction de cases de Tout-petits et de classes pour l’élémentaire et le secondaire ; recrutement d’enseignants ; construction de centres de formation professionnelle ; concertation nationale et conseil présidentiel sur l’Enseignement Supérieur; pacification progressive de l’espace universitaire (grèves moins fréquentes) ; construction et équipement des salles de travaux pratiques ; rénovation de l´Université Cheikh Anta Diop ; Université virtuelle du Sénégal ; Espaces numériques ouverts (ENO) ; nouvelle carte universitaire ; construction d’instituts supérieurs d’enseignement professionnel (ISEP) ; construction de la 2ème université de Dakar, de l’Université El Hadji Ibrahima Niass du Sine Saloum, de l’Université Amadou Mahtar Mbow, Cité du savoir, centres universitaires délocalisés… Acquisition de générateurs d´hémodialyse, d’ambulances, de scanners ; relèvement des plateaux techniques des hôpitaux ; équipement de blocs opératoires ; politique de prévention, de renforcement de l´offre de santé, gratuité de l´hémodialyse, de la césarienne, des antirétroviraux, des soins pour les enfants de 0 à 5 ans et les personnes âgées, achèvement et équipement de nombreuses structures de santé… 

Si vous cherchez des coupables et des complices à nos malheurs, prenez juste un miroir, avant de poursuivre vos investigations ailleurs 

Ce tweet commence vraiment à être long et ne m’amuse plus. Bâclons-le ! Je ne vous parlerai donc pas de l’énergie où les avancées dépassent de loin tout ce qui a été fait par le régime précédent. Je ne citerai pas les nombreuses infrastructures visibles, ni des réussites dans le secteur primaire (agriculture, pêche, élevage). Je n’évoquerai même pas les contours de la vision d’un Sénégal émergent avec une société solidaire dans un État de droit déclinée dans le Plan Sénégal Émergent (PSE) référentiel de la politique économique et sociale du pays. Je ne disserterai pas non plus sur le Programme d’urgence de développement communautaire (PUDC), sur le Programme d’Urgence de Modernisation des Axes et Territoires Frontaliers (PUMA) ou encore sur le Programme de Modernisation des villes – PROMOVILLE. Tous ces programmes se défendent très bien sans artifice. Il suffit de préférer leur suivi réel aux rumeurs des sites douteux.

Cependant, même si je suis très sensible au PUDC, à tous les efforts de réduction des inégalités, à la hauteur et à la fermeté avec lesquelles le président Macky Sall nous a épargnés d’Ebola, a dénoué les crises politiques au Burkina et en Gambie, je reste extrêmement lucide sur nos défis persistants. Les systèmes, les dirigeants et les doux nouveaux visages réels ou imaginaires de l’impérialisme, souvent accusés, ont bon dos. L’incapacité individuelle (irresponsabilité consciente ou non) est la principale cause de la détresse hystérique qu’aucun taux de croissance ne vaincra. Si vous cherchez des coupables et des complices à nos malheurs, prenez juste un miroir, avant de poursuivre vos investigations ailleurs. Vous verrez, alors, un superbe ennemi que vous excuserez vite en le confiant à Dieu, malgré d’accablantes preuves.

Avec mes amitiés,

Latyr

Top 10 + Populaires

Afrique Connection TV