Ebola: les pays touchés lésés par le FMI

Afrique Connection | 22 / 12 / 2014 à 08:29

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Les exigences du FMI ont empêché une réponse coordonnée pour lutter contre l'épidémie.

Les plateaux médicaux des pays africains affectés par Ebola ont été affaiblis par les politiques du FMI.

Il s’agit du résultat d'une étude menée par des chercheurs de l'Université de Cambridge au Royaume-Uni.

"Une raison majeure pour laquelle l'épidémie d'Ebola se propage si rapidement est la faiblesse des systèmes de santé dans la région, et il serait regrettable que les causes sous-jacentes soient négligées", a déclaré l'auteur principal de l’étude, le sociologue Alexander Kentikelenis.

En examinant les politiques imposées par le FMI (Fonds Monétaire International) avant le déclenchement d'Ebola à partir des programmes de prêt du FMI entre 1990 et 2014 , les chercheurs ont examiné les effets sur la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone.

Ils ont identifié trois politiques clés qui ont mené à l'affaiblissement des systèmes de santé dans ces pays.

La mise en place de réformes économiques par le FMI pour réduire les dépenses du gouvernement en fait partie.

"Ces politiques ont été extrêmement strictes, absorbant les fonds qui pourraient être destinés à satisfaire les défis urgents en matière de santé", écrivent les chercheurs.

En 2013, juste avant l'épidémie d'Ebola, les trois pays se sont réunis pour les directives économiques du FMI, mais tous n'ont pas augmenté leurs dépenses sociales en dépit de besoins de santé urgents," a déclaré le professeur Lawrence King, co-auteur et sociologue à l'Université de Cambridge.

Par ailleurs, le FMI exige des plafonds sur la masse salariale du secteur public.

La mesure a un impact direct sur la capacité de ces pays à embaucher et à payer adéquatement les agents de santé comme les médecins et les infirmiers.

Une évaluation indépendante de l’institution financière datant de 2007 révélait que ces limites sont "souvent fixées sans tenir compte de l'impact sur les dépenses dans les domaines prioritaires".

L’institution de Bretton Woods milite aussi pour les systèmes de santé décentralisés.

Bien que le but de l’initiative soit de mieux adapter les soins de santé aux besoins locaux, les chercheurs pensent que dans la pratique, il sera difficile de mobiliser des réponses coordonnées en cas d’épidémies mortelles comme le virus Ebola.

Enfin, ces derniers mois, le FMI a annoncé 430 millions de dollars de financement pour aider à lutter contre Ebola en Afrique de l'Ouest, conduisant la directrice du FMI, Christine Lagarde à déclarer qu’il était bénéfique d'augmenter le déficit budgétaire quand il s'agissait de soigner les populations.

Un porte-parole du FMI a pour sa part nié qu’il existait un quelconque lien entre la propagation du virus Ebola et les politiques de l’institution financière.

BBC

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