Au Sénégal et en Afrique, la presse papier peut-elle survivre à la presse électronique ?

Afrique Connection | 24 / 08 / 2017 à 11:24

Cette question taraude les esprits depuis l’événement de l'ère numérique qui a démocratisé l'information via les sites internet d'informations et les réseaux sociaux. Et elle a fait l'objet d'un débat riche entre professionnels de l'information, samedi à Dakar. C'était en marge du 37e anniversaire de la section sénégalaise de l'Union de la Presse Francophone (UPF).

 

Voilà 37 ans que la section sénégalaise de l'UPF (Union de la Presse Francophone) a été porté sur les fonds baptismaux. L'actuelle équipe dirigée par El Hadj Abdoulaye Thiam, journaliste au Soleil, célèbre quand à elle, son premier anniversaire.

C'est l'une des antennes nationales les "plus actives" a relevé, à l'occasion, Madiambal Diagne, le président de la section internationale de l'UPF, cité par l'APS.

« Je ne le dis pas parce que je suis Sénégalais, mais par le dynamisme qui se manifeste par les nouvelles adhésions enregistrées par la nouvelle équipe dirigeante », a soutenu Madiambal Diagne.

Près de cinquante journalistes de la presse écrite, parlée et filmée, et d’une forte délégation d’anciens journalistes dont des fondateurs de l’UPF Sénégal, ont pris part aux travaux, renseigne le compte rendu parvenu à Afrique Connection.

« La presse a perdu beaucoup de choses, notamment dans le contenu mais aussi dans la gestion économique (...) « notre métier perd son professionnalisme avec Internet car avec un simple téléphone, des non professionnels peuvent faire le travail de nos confrères et consœurs »

 

Ce double anniversaire a été le prétexte pour l'UPF-Sénégal de poser le débat sur l'avenir de la presse écrite. Un avenir qui pose forcément question. Et pour cause. Le développement fulgurant de l'Internet au début des années 2000 a démocratisé l'information, avec l'avènement des sites d'informations qui, au fil des années, se sont imposées comme le moyen d'information le plus pratique et le plus sollicité par les lecteurs. Les réseaux sociaux ont accentué cette tendance.

Cette nouvelle donne a ainsi suscité un large débat entre acteurs du milieu, samedi 19 août à Dakar.La rencontre avait pour thème : « la presse papier peut-elle survivre à la presse électronique ? ». Le sujet a été introduit par le journaliste analyste politique, Momar Seyni Ndiaye, ancien chef de service au Quotidien national « Le Soleil », directeur de la Communication à la Société nationale des Eaux du Sénégal (SONES), et formateur.

« Les professionnels de l’information ont reconnu que l’Internet a changé les paradigmes dans l’exercice du journalisme plus particulièrement dans nos jeunes pays. Ce qui est une menace pour la presse papier. Selon les participants, la presse écrite doit s’adapter face à cette nouvelle donne qu’est le net », précise le compte-rendu de la conférence-débat.

Pour sa part, le conférencier, Momar Seyni Ndiaye, est d'avis que la presse écrite et la presse électronique, c’est une complémentarité qui pose surtout problème à la presse papier qui doit s’adapter. « La presse a perdu beaucoup de choses, notamment dans le contenu mais aussi dans la gestion économique », a-t-il soutenu. Ajoutant que beaucoup d’organes de presse sénégalais ne sont pas des entreprises de presse, et qu’ Internet a changé beaucoup de paradigmes parce qu’avec cet outil, ce qui est important, ce n’est plus de savoir comment et où chercher ce savoir, mais c’est d’avoir une synthèse de l’information. Et qu'avec l’Internet qui est la dématérialisation de la pratique du journalisme, n’importe qui peut se réclamer journaliste.

M. Ndiaye, toujours d'après le compte rendu de la rencontre, de poursuivre : « notre métier perd son professionnalisme avec Internet car avec un simple téléphone, des non professionnels peuvent faire le travail de nos confrères et consœurs ».

Le conférencier a surtout déploré la publication de fausses informations. « Il faut que la presse écrite s’adapte, améliore son contenu et réponde mieux à la demande des lecteurs et aille vers les journaux spécialisés. Selon lui, l’avenir de la presse sénégalaise et même audiovisuelle, ce sont avec les langues nationales.

Dans son intervention, le Président international de l’UPF, Madiambal Diagne a demandé de réfléchir sur l’offre proposée au public. Pour lui, il faut faire des articles fouillés et de bonnes analyses, car les journaux sont battus dans le factuel par la presse en ligne et les radios.

Enfin, Madiambal Diagne s’est félicité de cette symbiose entre anciens et jeunes membres de l’UPF, concluant que la jeune génération a besoin encore d’encadrement. Tout comme son pendant de la section locale, El Hadji Abdoulaye Thiam, qui s'est réjoui de la présence des anciens et des jeunes venus échanger d’expériences sur un sujet de brûlante actualité.

Un sympathique déjeuner a réuni les participants qui ont soufflé la bougie marquant l’An I de l’équipe renouvelée le 30 juillet 2016.

Cheikh SARR, Afrique Connection

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