dérive autoritaire en guinée

Alpha Condé, un président ne doit pas dire ça

Afrique Connection | 26 / 02 / 2020 à 10:49

Un référendum constitutionnel et des élections législatives boycottées par une opposition qui promet d'en empêcher la tenue, un Président autocratique qui appelle ses partisans à bastonner les éventuels perturbateurs...tous les ingrédients sont réunis pour faire du dimanche 1er mars une journée explosive à Conacry et dans les régions.

Aux scrutins qui s'annoncent en Guinée, c'est avant tout de lui qu'il s'agit: Alpha Condé, l'opposant historique devenu président, accusé par ses adversaires de dérive autocratique au point de chercher à plier la Constitution à son ambition de troisième mandat.

Malgré la contestation et les manifestants tués, Alpha Condé, 82 ans la semaine prochaine, n'entend pas se laisser dévier de la voie qu'il s'est tracée: doter son pays d'une Constitution "moderne", soumise dimanche à un référendum le même jour que des législatives. 

Il a "tellement déçu", juge Cellou Dalein Diallo, actuel chef de file de l'opposition, selon qui M. Condé a instauré "une république bananière, une dictature qui ne dit pas son nom".

Sanguin, Alpha Condé l'est certainement. Un jour, il réprimande des étudiants qui lui réclament les tablettes informatiques promises pendant sa campagne. "Vous êtes comme des cabris: +Tablettes, Tablettes!+", grince-t-il, sautant sur place à pieds joints.

Appel à bastonner

 

Il se targue de son bilan: réalisation de barrages hydroélectriques, révision des contrats miniers et mise au pas de l'armée, le tout alors que le pays a fait face à une épidémie d'Ebola (fin 2013-2016).

La grande affaire de son deuxième mandat est son projet de doter la Guinée d'une Constitution "qui réponde aux besoins du monde d'aujourd'hui", dont la lutte contre les mutilations génitales des filles et les mariages précoces, ou un juste partage des richesses, dans un pays pauvre malgré ses ressources minières.

Depuis octobre, un collectif de partis, de syndicats et d'associations a fait descendre dans les rues des dizaines, voire des centaines de milliers de Guinéens pour s'opposer à la réforme.

Certes, le projet de réforme maintient à deux le nombre de mandats autorisé. Mais, pour l'opposition, la nouvelle Constitution servira à M. Condé de prétexte pour remettre son compteur présidentiel à zéro.

"Après s'être pris pour Mandela, il a décidé de devenir Bokassa", l'ancien empereur de Centrafrique, accuse le collectif.

La vague de protestations, durement réprimée à plusieurs reprises, a coûté la vie à au moins 30 civils et un gendarme depuis octobre, sans le faire plier.

L'opposition promet d'empêcher de voter dimanche.

"Quiconque viendra pour détruire les urnes, frappez-le!", a lancé le président à ses partisans.

 

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