Un chef de milice du quartier musulman de Bangui tué en Centrafrique

Afrique Connection | 26 / 11 / 2018 à 06:27

Un chef de milice du quartier à majorité musulmane de Bangui, le PK5, a été tué dimanche par un commerçant du secteur théâtre d'un regain de violence ces derniers jours, a appris l'AFP auprès d'un imam et de plusieurs habitants.

Le corps de ce chef de milice, Mahamat Tahir, alias "Apo", a été déposé dimanche matin à la mosquée Ali Babolo, selon un imam.

"Il a été tué par un commerçant", indiqué un habitant du PK5, ajoutant que les hommes d'"Apo" sont ensuite allés "piller la boutique de ce commerçant" pour se venger.

Ce dernier avait refusé de fermer boutique à l'occasion d'une journée "ville morte" décrétée à la suite d'une fusillade mortelle au PK5 jeudi, selon plusieurs habitants.

"Apo" a été tué lors d'un échange de tirs avec le commerçant qui refusait d'obtempérer, a ajouté l'un de ces habitants qui a précisé qu'un médecin, appelé sur les lieux, n'a pu que constater la mort du chef de milice.

"Apo" avait pris à la tête d'une milice d'une vingtaine d'hommes en juin 2016 à la mort de son cousin, Kappo, tué lors d'un accrochage avec des soldats rwandais de la mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca).

On assiste à un regain de violences ces derniers jours au PK5 et les zones alentour: au moins six personnes ont été tuées et une vingtaine blessées, mercredi et jeudi, lors d'accrochages impliquant des milices entre elles ainsi que des milices et l'armée.

Le PK5, poumon économique de la capitale centrafricaine, est régulièrement le théâtre de violences meurtrières. En octobre, trois personnes y avaient été tuées.

En avril, des violences y avaient fait plusieurs dizaines de morts. Elles s'étaient ensuite propagées à proximité du PK5, avec notamment des combats autour d’une église catholique le 1er mai qui avaient fait au moins 24 morts et 170 blessés.

La Centrafrique a basculé dans la violence et le chaos en 2013 après le renversement du président François Bozizé par la rébellion Séléka, composée à majorité de musulmans du nord pays.

En réponse, des milices autoproclamées d'autodéfense, les antibalaka, avaient mené une contre-offensive.

Aujourd'hui, Bangui vit dans un calme relatif mais la quasi-totalité du territoire reste sous la coupe de groupes armés, qui combattent pour le contrôle des ressources et pour renforcer leur influence locale.

Avec AFP et VOA

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