En colère contre Me Moussa Bocar Thiam, ils haussent le ton depuis paris

"Mafia", "détournement du budget municipal", "fausses facturations", insalubrité...Les lourdes charges de la diaspora de Ourossogui contre leur Maire Moussa Bocar Thiam dont ils réclament la tête

Afrique Connection | 27 / 05 / 2019 à 09:48

Il y a un mois, le Maire de Ourossogui faisait le buzz en démissionnant du Ps pour faire les yeux doux à l'APR, le parti allié de son désormais ex parti. Mais à y voire de près, d'après la diaspora de Ourossogui en France et en Belgique, Me Moussa Bocar Thiam chercherait une "protection" dans le parti au pouvoir à cause de dérives qui lui sont imputés dans le cadre de la gestion de la mairie. Samedi, la diaspora a tenu une conférence de presse à Paris pour révéler les dossiers sales de Me Moussa Bocar Thiam qu'ils veulent bouter hors de leur mairie.

 

Voilà presque trois ans que la diaspora de Ourossogui dénonce à travers les réseaux sociaux les maux de leur cher village. Ces maux ont particulièrement comme nom: insalubrité et gestion aléatoire et informelle de l'hôpital, et de la gare routière, détournement du budget municipal, corruption à la boucherie municipale.

Samedi, à Paris, ils ont franchi un cap dans leur combat en étalant tous ces maux face à la presse. "Nous disons Stop, ça suffit", justifie Mamadou Abdoulaye Dia, un des intervenants. Qui décrit la gare routière de Ourossogui comme un "dépotoir de cercueils qui viennent de Dakar et d'ailleurs."

"A chaque vote de budget, c'est la mafia, la magouille, les fausses facturations" (Abdoulaye Mamadou Sy, 1er adjoint au Maire)

"Le Maire incarnait l'espoir de la jeunesse de Ourossogui, mais il a failli. On ne va plus se contenter de dénoncer sur les réseaux sociaux. Le combat commence maintenant sur le terrain", appuie Mamadou Sy.

Parmi les intervenants, il y avait aussi Abdoulaye Mamadou Sy, qui réside à Bruxelles. Il est le 1er adjoint au Maire de Ourossoghui, Me Moussa Bocar Thiam, qui a démissionné fin avril avec fracas du Ps pour s'annoncer à l'APR.
Après l'avoir soutenu, Abdoulaye Mamadou Sy fait aujourd'hui partie des principaux pourfendeurs du Maire. Et c'est en connaissance de cause qu'il révèle ce qui suit.

"A chaque vote de budget, c'est la mafia, la magouille, les fausses facturations. Nous avons dénoncé tout ça dans des courriers envoyés au Préfet. On a relevé dernièrement un problème dans le compte administratif de 2017 qui nous est arrivé  tardivement. Ce compte a spécifié que 60 à 70 % du budget a été dépensé. Le problème est que les secteurs censés en bénéficier n'ont rien vu (les écoles, le social, l'environnement, le sport...). Donc tout ce qui a été budétisé et débloqué n'est jamais arrivé à destination. On a un budget de 600 à 700 millions FCFA", lâche t-il face à la presse.
"Détournement de fonds publiques"

"Pour nous c'est un détournement de fonds publiques. Il a détourné les fonds publics, mais aussi le foncier. Aujourd'hui, nous alertons le Président de la République et lui demandons de nous aider à sortir Ourossogui de cette situation", ajoute Abdoulaye Mamadou Sy  qui est venu spécialement de Bruxelles pour assister à la conférence de presse.

"Les habitants de Ourossogui contribuent annuellement pour que leurs enfants puissent être dans de bonnes conditions. Mais le Maire est complètement en déphasage avec la notion de dévloppement....Il a spolié, volé, maltraité les populations. Ourossogui est gérée comme une famille depuis qu'il est là. Nous l'avons connu pauvre. S'il se permet donc de vivre aujourd'hui avec un train de vie extraordinaire, on se dit que c'est grâce au budget municipal qui n'arrive jamais à destination", renchérit un autre intervenant, Mamadou Abdoulaye Dia en l'occurrence.

"Au service d'urgence, c'est le business et la corruption. Si tu donnes 5000 ou 10 000 on te soigne en priorité en ta faisant entrer par une porte annexe (Ismael Sy)

Ismael SY, lui, a beaucoup insisté sur l'insalubrité "indescriptible" de l'hôpital de Ourossogui, avec photos à l'appui. Mais aussi sur la gestion informelle de la structure sanitaire avec son lot de "corruption", sans oublier le personnel médical qui, à l'en croire, privillégierait leurs affaires personnelles. 

"Au service d'urgence, c'est le business et la corruption. Si tu donnes 5000 ou 10 000 on te soigne en priorité en ta faisant entrer par une porte annexe. Ce qui veut dire que si tu n'a pas d'argent tu ne te soigne pas. Si tu prends un ticket modérateur de 2500, le médecin ou l'infirmier peut à tout moment rentrer en allant vaquer à ses occupations personnelles, les travaux champêtres par exemple. En fait, quand ils sont affectés à Ourossogui, ils arrivent les mains vides. Mais en un laps de temps ils sont propriétaires de troupeaux de moutons et de champs", accuse Ismael SY qui préside le comité de suvi mis en place par la diaspora à Paris.

"Les femmes de ménage ne sont pas en reste. Après leur travail, elles font du commerce dans l'enceinte de l'hopitâl, en proposant leurs marchandises aux malades", ajoute t-il, avant d'ajouter à son tour une couche sur le Maire Moussa Bocar Thiam:
"Pour nous c'est un voleur. S'il a quitté le Ps, c'est parce que ça commence à sentir mauvais pour lui. Il cherche donc une protection à l'APR. Mais Macky Sall doit comprendre que les habitants de Ourossogui l'ont vomis, que c'est un voleur qui vient chercher protection à son niveau."

A en croire Ismael SY, même la boucherie municipale n'est pas épargnée par la gangrène de la corruption, qui n'est pas sans mettre en danger les consommateurs.

"Il y a aussi le problème de la boucherie municipale. Les services vétérinaires et les agents municipaux ferment les yeux sur le business qui s'y passe. Parfois c'est des vaches déjà mortes que les bouchers proposent aux cklients. Parfois aussi c'est de la viande d'âne et de chien. Donc quand on donne 1000 ou 2000 aux contrôleurs, ils ferments les yeux sur tout ce qui est anormal."
Face à cette situation, les conestataires du Maire dans la diaspora disent avoir suspendu leurs investissements dans les infrastructures sur place, "en attendant un nouveau Maire".

"Aujourd'hui, nous sommes pessimistes par rapport aux investissements qu'on aurait souhaité faire à Ourossogui. Parce que tout ce qu'on fait ne peut pas prendre de la valeur. Par exemple, vous construisez une maison, quelques années ou quelques mois plus tard le pourtour devient dépotoir d'ordures. Dans ces conditions, vous ne trouvez pas de loueurs. On va peut-être aller investir ailleurs", fait savoir Abdoulaye Gadio, le porte-parole du jour. 

Bref, à quelques mois des élections locales, qui si le calendrier est respecté ont lieu le 1er décembre, la bataille pour la mairie de Ourossogui est déjà lancée. Dans cette perspective, reste à savoir maintenant si Macky Sall va "protéger" puis adouber l'avocat-accusé, qui aurait quité son allié Tanor Dieng pour ses beaux yeux marrons; ce au grand dam de la diaspora.

Thierno DIALLO, Afrique Connection

VIDEO: LE DISCOURS LIMINAIRE DE LA CONFERENCE DE PRESSE

 

Top 10 + Populaires

Afrique Connection TV