AGUIBOU PLEURE SON PÈRE ARONA

Hommage

Afrique Connection | 27 / 07 / 2017 à 10:15

Adieu mon ami, père Arona Diop. Depuis l'annonce de ton rappel à Allah (swt), les images ne cessent de défiler dans ma tête. Qui pour remettre au goût du jour, les échanges sulfureux, dont l'estime réciproque en est le socle, et d'autres, celles là plus nombreuses, pour me faire revivre les confessions intimes de deux créatures qui s'aiment et s'apprécient par Allah.

(...) Moustapha Niasse venait de se faire congédier par le président Wade

 

Lorsque j'ai adhéré à l'AFP, en 2001, au mois d'avril précisément de cette année, Moustapha Niasse venait de se faire congédier par le président Wade. Ce que, en son temps, nous avions déploré et condamné, car cela avait tout l'air d'une trahison, j'avais été convié à une réunion de la direction de Paris par Amadou Ndiaye, où il m'a été loisible d'exposer ma lecture quant aux perspectives.

Un exposé qui avait trouvé une résonance fort appréciable chez toi et que tu avais bien du mal à cacher, pour qui connaît ton caractère entier, fait tout d'un bloc. Depuis ce jour, il ne passait une semaine sans que nous nous voyions ou nous parlions. Plus important encore, j'étais devenu ton fils et toi mon père. Quelques soient les vicissitudes de la vie, que ce soient dans les pics de tensions ou dans les périodes bonenfantes, l'amour prenait, en toutes occasions, le dessus. Que la faucheuse peut nous paraître traîtresse par moment.

Adieu mon père, tu t'en es allé, l'âme libérée de son tombeau corporel, pour voyager vers l'éternité

 

Si je soupçonnais un seul instant que cet après-midi d'un mois d'octobre de 2015, où nous avons pris un café dans une boutique de la galerie du centre commercial de bagnolet, allait être notre dernière entrevue, j'allais immortaliser davantage ce moment. Bien que le contenu de nos échanges reste encore frais dans ma mémoire. J'aurais sacrifié le coq à Esculape, comme le fît Criton pour Socrate.

Je l'aurais remercié de m'avoir guéri de la vie par les enseignements que nos échanges ont enrichi mon âme sylphide. Oui, père Arona de ta voix rocailleuse, j'ai appris la sagesse que seule distille l'expérience de la vie, avec toute la charge de nuance et d'équivoque dont le décryptage requiert bien plus que le triptyque arendtien, la pensée, le jugement et la morale. Adieu mon père, tu t'en es allé, l'âme libérée de son tombeau corporel, pour voyager vers l'éternité. Puisse Allah t'accueillir dans son paradis très haut et te réserver une place de choix aux côtés de ses élus et prophètes.

Aguibou DIALLO

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