présidentielle sénégalaise de 2019

A PARIS, L’OPÉRATION SÉDUCTION DU CANDIDAT DÉCLARÉ PIERRE ATÉPA GOUDIABY (AVEC IMAGES)

Afrique Connection | 29 / 08 / 2018 à 10:03

Dix jours seulement après avoir annoncé solennellement sa candidature à la présidentielle sénégalaise de février 2019, l'architecte sénégalais Pierre Atépa GOUDIABY a fait sa première sortie publique dans son costume de candidat déclaré. Et c'est la diaspora sénégalaise en France qui a eu ce privilège. Lundi soir, le candidat et son staff parisien ont convié des personnes ressources de la diaspora, afin de leur présenter son projet de société mais aussi et surtout de les "écouter" sur les préoccupations des Sénégalais de l'Extérieur.

En 2012, sa candidature était envisagée. Mais il n'avait finalement pas franchi le pas. Cette fois, ça y est, Pierre Atépa Goudiaby est candidat à la présidentielle de 2019. Il a fait sa déclaration solennelle le 17 août dernier à Dakar. À 71 ans, l'architecte sénégalais, de renommée internationale, plonge ainsi dans la très bouillante mare politique sénégalaise. Une chose qu'il s'était, jusque-là, toujours abstenu de faire, malgré les nombreuses sollicitations, et même parfois d'intenses lobbyings.

« J'ai fait douze ans avec Abdoulaye Wade, mais je n'ai jamais fait pour autant de la politique, je n'ai jamais assisté à une réunion de son parti, je n'ai jamais pris une carte de membre d'un parti politique », rappelle t-il. Mais cette fois donc, Atépa est enfin décidé à passer à l'action politique. S'il était élu en février prochain, il continuerait toujours à dessiner les architectures d'édifices. Mais, s'empresse t-il de préciser, ce sera « pendant mes trois semaines de congés annuels, comme Senghor » qui profitait de ses vacances pour replonger dans la littérature.

À l'apparence, ce candidat déclaré, parmi 82 autres, veut mettre toutes ses chances à ses côtés. Aller vers tous les Sénégalais, où qu'ils puissent résider dans le pays mais aussi et surtout dans la diaspora, afin de leur exposer, détailler le bien fondé de son projet pour son pays. Aller vers eux, pour les « écouter » avant tout, afin de « co-construire » avec eux son programme, qui sera ainsi le fruit des préoccupations propres aux Sénégalais. C'est à Paris qu'il a démarré cette opération de séduction.

À l'évidence, pour lui aussi, la diaspora condtitue un maillon essentiel dans  sa politique, son projet. Parce que, justifie t-il, « quand on passe huit mois sur douze à l'étranger, on est quelque part un membre de la diaspora ».

"Nous n'aurons donc aucune tentation de nous faire corrompre"

 

Lundi soir, soit dix jours après avoir officialisé sa candidature, Pierre Atépa Goudiaby et son staff en gestation à Paris, ont convié des « personnes représentatives » de la diaspora, afin d'échanger avec elles. La rencontre s'est tenue au somptueux palace Saint-James, rue de Rivoli, où il a ses habitudes depuis quarante ans. Les invités sont des membres d'associations sénégalaises, des religieux, des membres de partis politiques, de la société civile, des anonymes.

Les échanges qui ont débuté dans une salle, seront poursuivis autour d'une grande table à manger, sur invite du candidat déclaré. Toutes les questions lui ont été posées. Sans tabou ! Mais il y avait surtout plus de contributions. Il n'a pas échappé par exemple à la très attendue question sur le « parrain » de sa candidature. Il se susurre en effet que derrière celle-ci, il y a la main invisible d'un certain...Macky Sall, le Président sortant. Mais Atépa, dans les échanges, comme face à la presse, martèlera à qui veut l'entendre qu'il n'en est rien. Que Macky n'est pas le promteur de sa candidature. « Mais pourquoi je travaillerai pour Macky SALL ? », insiste t-il, comme vous pouvez le voir sur la vidéo ci-dessous.  

En ouverture, l'architecte avait révélé ce qui a beaucoup pesé dans sa décision de se lancer à la conquête du Palais, en dépit de la réticence d'une partie de sa famille. 

« Des étudiants sont venus me voir il y a cinq à six mois (au Canada), avec un Cd et des prises de position. Ils ont essayé de me convaincre que je devais tout laisser tomber parce qu'ils pensaient- et je le pense aussi- qu'il y a trop de politique politicienne dans notre pays, et donc qu'il est temps que des gens qui n'ont rien à voir avec la politique puissent essayer de venir faire la politique autrement », révèle Atépa. Qui expliquera, puisque ces mêmes étudiants ont insisté par la suite, il a ainsi réfléchit et prêté attention à leur appel. C'est à partir de ce moment qu'il s'est mis à l'écriture de son nouveau livre, « Sénégal rek », qui est une trame de son projet pour le pays.

"Je ne joue pas comme Messi"

Pendant les échanges, une formule reviendra souvent sur les lèvres du candidat: "Je ne joue pas comme Messi, celui qui doit tout faire sur le terrain". Une façon de lancer un appel du pied à l'assistance, afin qu'elle puisse l'accompagner dans son projet. En tout cas, après la rencontre, à 23h, il a eu des appartés avec des personnes qui en ont fait la demande. Mais aussi avec d'autres que son équipe a approchés. Une opération de séduction qui se poursuivra ailleurs dans la diaspora, et au pays bien évidemment. 

Thierno DIALLO, Afrique Connection 

 

 

 

 

 

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