post-élection au Sénégal

Paris: Le retour fracassant de Seybani Sougou, qui repart à l'assault de Macky Sall

Afrique Connection | 30 / 04 / 2019 à 09:43

Connu pour ses contributions très critiques à l'endroit de Macky Sall, dénonçant régulièrement les "dérives judiciaires" et autres "fraudes électorales" de l'actuel régime, Seybani Sougou avait disparu de la circulation médiatique depuis les jours qui ont suivi la réélection de Macky Sall. Au point que certains avaient commencé à se demander pourquoi il était devenu soudain aphone. Mais, rassurez-vous, l'homme n'a pas retourné sa veste. Au contraire, il est resté égale à lui-même. Visiblement, comme la bande des quatre perdants, le chroniqueur politique basé à Paris était lui groggy par ce qu'il appelle "le hold up électoral du siècle". Aujourd'hui, Seybani Sougou signe son retour, revient en force en appelant à "stopper les dérives liberticides de Macky Sall". Avant qu'il ne soit trop tard?

VOICI LA TRIBUNE DE SEYBANI SOUGOU 

STOPPER LES DERIVES LIBERTICIDES DE MACKY SALL

« A ce rythme, et sans 1 forte mobilisation du peuple, Macky Sall assujettira les sénégalais »
Enivré par le pouvoir, déloyal, et foncièrement autoritaire, Macky SALL ne se fixe plus aucune limite. Avec le recul, les sénégalais doivent sûrement regretter en 2012, d’avoir commis l’erreur historique, de porter à la magistrature suprême, un homme dénué de toute morale politique, et pour qui, « la fin justifie tous les moyens ». La fonction présidentielle exige de la hauteur, un sens des responsabilités et une certaine noblesse : en 7 ans d’exercice du pouvoir, Macky a démontré qu’il n’a ni l’envergure, ni les qualités requises pour présider aux destinées du Sénégal.

Utilisant la police et la gendarmerie comme moyens de répression contre le peuple, déployant systématiquement l’armée sur tous les artères de la capitale (DAKAR), à chaque forfaiture (arrestation d’opposants, vote de lois illégales ou illégitimes par l’assemblée nationale, fraudes électorales, etc….), Macky Sall ne dirige désormais le Sénégal que par la violence et l’usage abusif, voire démesuré des forces publiques. Ayant littéralement fait sauter en éclats le code consensuel de 1992 (socle de la stabilité du pays), il multiplie les coups de boutoir contre la démocratie sénégalaise et s’enferre dans une gestion solitaire du pouvoir, synonyme de toutes les dérives.

"Les brebis galeuses du camp présidentiel"

Le hold up électoral du siècle réalisé en février 2019 grâce à la complicité active du Ministre de l’Intérieur Aly Ngouille N’DIAYE, et l’étonnante passivité de la CENA a prouvé que l’homme est capable de toutes les forfaitures pour se maintenir au pouvoir.

Aucun esprit rationnel (à part les brebis galeuses du camp présidentiel) ne croit à une victoire au 1er tour des présidentielles de 2019, et au taux fantaisiste de 58%. De fait, la Direction Générale des Elections, la Direction de l’Automatisation des Fichiers, et le Conseil Constitutionnel ont été réduits en succursales du pouvoir pour valider un scrutin frauduleux, et « dressés » pour obéir aveuglément à un apprenti dictateur qui rêve de devenir un potentat. Si Macky SALL a été déclaré élu légalement par le Conseil Constitutionnel à l’issue d’une prestation de serment qui ressemble à une pièce de théâtre, l’étrange atmosphère de « deuil national » qui a accompagné cette « pseudo victoire » est le signe d’un désenchantement des sénégalais.

Disons-le clairement : le nouveau mandat de Macky SALL est frappé du sceau d’illégitimité (à ce jour, aucun des 4 candidats de l’opposition ne reconnaît Macky SALL comme Président). Le 24 février 2019, c’est la machine à frauder de Macky SALL (et non le candidat Macky SALL) qui a remporté la victoire au 1er tour des élections présidentielles.

Après avoir favorisé le pillage des ressources du pays par son clan, placé son frère Aliou Sall (qui bénéficie d’une immunité), à la tête de la Caisse des Dépôts et Consignations, nommé son beau-frère Mansour Faye, au juteux poste de Ministre du Développement communautaire, de l’Equité sociale et territoriale , perverti la justice, réduite à sa plus simple expression, instrumentalisé de hauts magistrats aux ordres de l’exécutif, fracturé l’unité nationale avec des nominations connotées, neutralisé les corps de contrôles dépouillés de leurs prérogatives, et corrompu les rats (transhumants), Macky SALL, par son funeste projet de suppression du poste de 1er Ministre, compte régner en monarque et transformer les Sénégalais en valets. 

Macky SALL parachève ses basses œuvres de démantèlement de la démocratie sénégalaise

Avec le projet de loi scélérat et dévastateur de suppression du poste de 1er Ministre qui bouleverse radicalement l’équilibre institutionnel de notre pays, Macky SALL parachève ses basses œuvres de démantèlement de la démocratie sénégalaise.
22 articles de la Constitution feront l’objet d’une modification (40, 43, 49, 50, 51, 52, 53, 55, 56, 57, 59, 76, 80, 81, 82, 83, 84, 85, 86, 87, 101, et 103), par la seule volonté d’un homme assoiffé de pouvoir, qui a complétement perdu le Nord. Alors que la modification de l’article 50, entraînera de facto la vassalisation de l’administration au service exclusif de Macky Sall, « l’article 50 précise que le Président dispose de l’administration… », l’article 82 transformera, les députés de la majorité en godillots, autrement dit, de « simples jouets » entre les mains de Macky SALL.

Le libellé du nouvel article 82 est on ne peut plus clair : « Si le Président de la République le demande, l’assemblée nationale saisie se prononce sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements proposés ou acceptés par le Président de la République ». C’est le principe essentiel de la séparation des pouvoirs qui est remis en cause, par une immixtion dangereuse du pouvoir Exécutif, dans le domaine législatif.

Le débat agité autour de l’article 103 (choix de la voie référendaire ou voie parlementaire) ne doit pas occulter l’essentiel : la réalité est que le projet de suppression du poste de 1er Ministre initié, voulu et piloté par Macky Sall pour des raisons purement politiciennes, alors qu’il ne figurait nulle part dans son programme lorsqu’il sollicitait les suffrages des sénégalais relève de la tromperie.

Toute la gouvernance de Macky Sall depuis 2012 est bâtie sur le mensonge et la déloyauté

Toute la gouvernance de Macky Sall depuis 2012 est bâtie sur le mensonge et la déloyauté. Or, le Préambule de la Constitution proclame « la volonté du Sénégal d’être un Etat moderne qui fonctionne selon le jeu loyal et équitable entre une majorité qui gouverne et une opposition démocratique, et un Etat qui reconnaît cette opposition comme un pilier fondamental de la démocratie ». Lorsqu’on lit attentivement le décret n°2019-762 du 07 avril 2019 fixant la composition du gouvernement, on constate que 27 entités sont rattachées au 1er Ministre (réparties entre le Cabinet et le Secrétariat du Gouvernement), soit des milliers d’agents qui naviguent dans l’attente et l’incertitude totale, du fait de la boulimie du pouvoir et du culte de la personnalité de Macky SALL.

L’homme ne recule devant rien pour assouvir ses desseins, avec une propagande savamment distillée : le FAST TRACK, nouvelle trouvaille d’un régime, à court de concepts pour tenter de redonner du sens à son action.
Il ne faut point s’y tromper : le Fast TRACK est une gigantesque arnaque. Lorsque Macky SALL corrompt certains députés au vu et au su de tout le monde, en leur allouant la somme d’un million de F CFA et des billets pour la Mecque, il donne le ton ; pour les 5 ans à venir, le Fast Track sera pour le camp présidentiel « l’art de s’enrichir à une vitesse éclair ». 

Macky SALL n’est ni un démocrate, ni un homme de consensus. Son appel au dialogue n’est ni plus, ni moins que de la tartufferie. Son unique obsession est la conservation du pouvoir. S’il faille violer la loi, instrumentaliser la justice, torpiller les institutions, réprimer les opposants, emprisonner le plus grand nombre, restreindre les libertés individuelles et collectives, assujettir les citoyens et démanteler la démocratie sénégalaise, il le fera. Sans aucun d’état d’âme. Jusqu’à présent, Macky SALL a imposé sa loi, sa volonté et sa force aux sénégalais. 

Les citoyens sénégalais accepteront-ils sans sourciller d’être les « sujets » de Macky SALL ? Seul l’avenir nous le dira. Une chose est sûre : le peuple algérien a montré la voie, calmement, pacifiquement, mais avec une ferme détermination de maîtriser son destin.
Seybani SOUGOU – E-mail : sougouparis@yahoo.fr

 

 
Unesco: à la Délégation du Sénégal, cette innovation de l'Ambassadeur Souleymane Jules Diop saluée par les fonctionnaires et diplomates
A l'Unesco, les nombreux fonctionnaires évoluant dans les organes du secrétariat et ceux de la Délégation n'ont quasiment pas de relations. Certains ne se connaissent même pas. C'est cet impair qu'a  voulu corriger l'actuel Ambassadeur de la Délégation permanente du Sénégal, dès son arrivée. Souleymane Jules Diop a lancé officiellement, jeudi, un cadre qui permet les uns et les autres de se connaître davantage, de se soutenir, d'échanger sur certains dossiers...Une initiative qui tombe à son heure, d'après les fonctiooanires du secrétariat qui se sentent parfois délaissés.

C'est un concept inédit qu'a lancé l'Ambassadeur de la Délégation permanente du Sénégal à l'Unesco, ce jeudi en début-après midi. Il s'agit d'une plateforme dont le but est de rapprocher tous les fonctionnaires sénégalais servant dans cette maison mondiale de la Culture.
En effet, du fait qu'ils n'évoluent pas dans les mêmes sphères (certains servent au secrétariat, d'autres à la Délégation permanente du Sénégal), ces derniers n'ont pratiquement pas de relations. La plupart ne se connaissent même pas. Cet impair a toujours impacté sur l'intégration et l'évoluation de certains fonctionnaires. L'idée principale est ainsi de raffermir les liens, "se soutenir".
Dès sa nomination, en juin 2019, et bien avant-même son installation, Souleymane Jules Diop a ainsi identifié cet impair pour en faire un cheval de bataille.
"Réunir les Sénégalais du Secrétariat et de la Délégation a été mon voeu le plus cher que j'ai exprimé dès mon arrivée à l'Unesco. Dès ma nomination, j'ai commecé à travailler depuis Dakar avec Monsieur Mouhamadou Sarr sur cette question. Cela correspond aussi avec les instructions du Président de la République", a expliqué l'ancien ministre face à un parterre d'invités sénégalais, notamment l'Ambassadeur Doudou Diène, et de pays  voisins et frères du Sénégal (Gambie, Mali, etc.).
"Nous avons constaté une sorte de détachement des cadres de notre diaspora par rapport aux questions du pays. Le Président de la République m'a demandé de prendre contact avec les Sénégalais de l'Unesco, les cadres de la diaspora, mais de faire de la question de l'évolution des cadres et de leur bien-être à l'Unesco une de mes principales préoccupations", a précisé Souleymane Jules Diop.
Ce type de rencontre sera tenu deux fois dans l'année, renseigne l'Ambassadeur. Qui, avec ses équipes, peaufine également l'idée de fêter chaque année, (le 4 avril ou un autre jour) l'indépendance du Sénégal. A l'image de ce que fait déjà l'Ambassade du Sénégal à Paris.
Peu avant son discours, l'intiative de Souleymane Jules Diop avait été vivement saluée par les invités qui ont pris la parole.
"C'est quelque chose qu'il a décidé avant même de présenter ses lettres de créances. ça montre sa volonté de mettre les Sénégalais du secrétariat au coeur de son action et cela nous rassure. C'est quelque chose qui manquait un peu au sein du secrétairat. Cela permet de faire connainssance avec les Sénégalais de la Délégation, nouer des relations de travail", se réjouit Lamine Ndiaye, un fonctionnaire au sein du secrétariat.
"Je suis en poste depuis 7 ans, c'est la première fois que je suis invité à une telle cérémonie", appuie le Consul Général du Sénégal à Paris, Amadou Diallo.
"les fonctionnaires sénégalais dans cette maison sont tous fragilisés" (Doudou Diène)
Pour l'Ambassadeur Doudou Diène aussi, cette innovation tombe à son heure.
"L'initiative que vous avez prise de les regrouper et associer à la Délégation est très importante. Mais il va falloir que cette initiative soit suivie d'une grande attention  à la situation des Sénégalais en général individuellemnt et collectivement, au-delà de la vision culturelle que vous allez apporter", a lancé Doudou Diène, s'adressant à Souleymane Jules Diop.
Pour ce dernier, cette intiative est surtout salutaire parce que "les fonctionnaires sénégalais dans cette maison sont tous fragilisés. Chaque fonctionnaire peut veut raconter  son histoire personelle, chaque cas est une montagne et chaque est à la fois une souffrance individuelle, mais également un combat comme les Sénégalais savent le faire. Ils ont fait face et ils continuent de faire face."
Alors qu'il ne s'est installé que depuis quelques mois, Souleymane Jules Diop a déjà commencé de marquer de toute son empreinte son passage à l'Unesco.
En effet, deux semaines seulement après son installation, le Sénégal a réussi à renforcersa présence au conseil exécutif de l'Unesco. De plus, le Sénégal est présent dans six organes. Il a également été à la vice-présidence du comité de lutte contre le dopage.
Thierno DIALLO
Afrique Connection TV