Joel Decupper

Journaliste, écrivain franco-sénégalais

Afrique Connection | 16 / 02 / 2014 à 11:43

« Les années passaient et s’approcha l’avènement d’Abdou Diouf à la présidence de la <république. Je me souviens qu’en novembre 1980, Me Valdiodio Ndiaye, un homme si intelligent, me dit : « Decupper, vous êtes mal parti. Ce ne peut-être Abdou Diouf qui succédera à Senghor ; ce sera son neveu Adrien. » Cette inclination des républicains sénégalais à privilégier, déjà, la succession familiale n’est-elle pas étonnante ? Je me raccrochai néanmoins à ce que m’avait dit, un an plutôt, le président Kéba Mbaye en son bureau, à la présidence de la Cour suprême : « Ce sera Abdou Diouf, parce que Senghor le voudra et qu’avec lui, il escompte continuer à gouverner le Sénégal par Abdou Diouf interposé. » Il ajouta : « et je crois qu’il se trompe ! » J’avais tellement confiance en lui que je proposai en comité de rédaction une couverture consacrée à « Abdou Diouf, futur président » pour le numéro de janvier 1980. La rédaction d’Africa s’y opposa. Elle eut raison. A noter que le président Amadou Ahidjo du Cameroun fit le même calcul. L’un et l’autre se trompait. Ils n’avaient compris que leurs affidés ne disposaient pas de leur charisme. Ceux-ci devaient affirmer leur propre autorité en se distinguant de leurs maîtres », a écrit Joel Decupper dans son livre « Un Blanc dramatiquement noir », paru en juin 2013 à l’Harmattan. C’est ce qu’on appelle avoir une bonne mémoire.

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