YASMINE PRAZ DESSIMOZ

CHEF DES OPÉRATIONS DU CICR POUR L’AFRIQUE DU NORD ET DE L’OUEST

Afrique Connection | 18 / 02 / 2014 à 08:19

« On est accepté par les commandants de ces groupes armés ou rebelles »

 

 

Dans un entretien accordé au quotidien public du Sénégal, Le Soleil, la Chef des opérations du CICR pour l’Afrique du Nord et de l’Ouest, Yasmine Praz Dessimoz, a dévoilé les contraintes de la mission de son organisation :

 

« Prenez le Nord du Mali ; regardez le nombre de groupes armés qui se positionnent. Par conséquent, il faut suivre à la lettre les différents groupes pour savoir qui est qui et qui fait quoi. Maintenant, on a des contacts. On est accepté par les commandants de ces groupes armés ou rebelles. Seulement, on doit toujours renouveler ces contacts pour comprendre les différentes dynamiques. Aussi, les communautés nous aident beaucoup en montrant ce que nous faisons. C’est très important d’avoir ces contacts, les différentes personnes qui peuvent avoir une influence (…)

   
Cela n’est pas seulement propre au Sahel. On retrouve cela en Somalie. Seulement que le niveau de vulnérabilité dans le Sahel est assez élevé. Les difficultés sont liées à la crise économique, à la situation alimentaire, etc. Quand vous faites face à cette instabilité, à cette insécurité alimentaire au quotidien, c’est un choc supplémentaire que les familles et les populations doivent vivre. Et cette situation les rend encore plus vulnérables. On est toujours en train de jouer sur des difficultés chroniques qui sont là depuis longtemps et qui vont durer. A cela s’ajoute la situation conflictuelle qui rend encore les populations plus vulnérables. Cette situation va encore prendre plus de temps pour se normaliser. Face à cela, on doit non seulement réfléchir sur l’urgence du moment, mais essayer de se pencher sur le moyen terme également. Par exemple, aujourd’hui, dans le Nord du Mali, on ne fait pas que donner de la nourriture aux populations. On essaie d’abord de comprendre la situation parce qu’il y a des gens qui sont des nomades et qui ont du bétail et des agriculteurs. Pour ces derniers, on essaie de subvenir à leurs besoins et les aider à retrouver une vie normale.
Le point de départ des populations reste toujours la crise malienne. C’est très difficile d’avoir une évaluation précise des chiffres. Les Nations unies parlent de plus de 100.000 réfugiés dans les pays voisins. On en a encore en Mauritanie, au Nord du Burkina Faso, au Niger, dans le Sud de l’Algérie. On en a encore au Nord du Nigéria. Ce sont les dynamiques de déplacement. A cela s’ajoutent celles de la migration ». Courage, courage !

 

 

Top 10 + Populaires

Afrique Connection TV