Ibrahima Sène

Parti de l’Indépendance et du Travail (PIT, Sénégal)

Afrique Connection | 19 / 02 / 2014 à 06:50

« Si Macky Sall succombe aux sirènes de laudateurs, il se serait trompé lourdement sur le sens du  vote des sénégalais »

Face aux critiques formulées sur les recommandations de la Commission nationale de la réforme des institutions (CBRI), par l’entourage du Président sénégalais, Macky Sall, le numéro 2 du Parti de l’Indépendace du Travail (PIT), allié du parti présidentiel (Alliance pour la république, APR), Ibrahima Sène a dit quatre vérités dans la presse locale :

 
« Sur la limitation de l’âge des candidats à la Présidence  entre 35 et 70 ans, cela ne peut poser problème qu’à ceux qui pensent, qu’en dehors d’être Président de la République, il ne sert à rien de diriger un parti, ou même de s’engager politiquement pour servir le peuple. Le mal, au Sénégal qu’il faut éradiquer impérativement, c’est cette vision de la fonction du Président de la République. Heureusement,  les propositions de la CNRI,  sorties dans la presse et qui limitent significativement les pouvoirs du Président de la République,  vont dans le bon sens, pour une prise de conscience collective de ce mal. 
C’est aussi dans ce bon sens que vont l’interdiction du cumul de la fonction de Président de la République avec celle de  membre dans une direction politique, et la réduction de son mandat à 5 ans, avec la précision qu’il ne peut pas avoir plus de deux mandats successifs.
Donc, ceux qui pensent que l’interdiction de ce cumul est incompatible avec un régime présidentiel,  devraient se rappeler que Diouf  s’était conformé à cette exigence qui était dans la Constitution,  en démissionnant de la tête de son parti sous l’exigence de l’opposition d’alors. 
Que Wade soit revenu sur cette interdiction dans sa réforme de 2001 pour réaliser son projet de substitution de notre République démocratique en pleine construction, en un régime de « Despotisme éclairé » ou de « Césarisme  démocratique »,  devrait convaincre tout républicain démocrate de la nécessité de cette interdiction. 

 

Si Macky Sall est un républicain et un démocrate, il  devrait, comme le fit Diouf en 2000, non seulement adopter  ce projet sans y changer une virgule, mais aussi, exhorter son parti à en faire autant, avant d’appeler le peuple à faire de même lors du référendum qu’il devrait organiser à cet effet.
Par contre, s’il succombe aux sirènes de laudateurs qui lui demandent, tout  au plus ,  d’y faire un « tri » pour y prendre ce que lui convient, il se serait trompé lourdement sur le sens du  vote des sénégalais au second tour des Présidentielles de mars 2012,  qui lui ont accordé 65% de leur suffrage.
Les Sénégalais l’ont plébiscité comme un républicain et un démocrate  pour servir le peuple, et non comme un monarque ou despote qui le gouverne selon sa « volonté », sa «  vision », ou « son programme ».
S’il était élu au premier tour des Présidentielles autour de sa vision et de son programme, il aurait pu  légitimer une telle attitude envers le peuple qui lui aurait ainsi donné « carte blanche ».  

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