La cinglante réponse de l'Institut Mandela à David Gakunzi et Jeune Afrique

Afrique Connection | 11 / 01 / 2018 à 11:42

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Paul Kananura, président de l'Institut Mandela

Dans une tribune au vitriol paru sur Jeune Afrique, et intitulée « les zones d’ombre autour de l’« Institut Mandela de Paris », David Gakunzi, un intellectuel et militant burundais, s'insurge notamment contre le « prix du Courage » que cet organisme, qu'il qualifie de « non identifié », a récemment décerné au président burundais Pierre Nkurunziza. S'estimant diffamé, l'Institut Mandela apporte des précisions dans cette tribune envoyée à Afrique Connection, et que Jeune Afrique tarde à publier sous forme de « droit de réponse ».

 

Voici les précisions de l'Institut Mandela

« Les âmes ne sont pas vaincues par les armes, mais par l’amour et la générosité », Spinoza.

L’institut Mandela entend, par la présente, faire usage du droit de réponse suite à un article paru sur le site Jeune Afrique ce lundi 8 janvier 2018, intitulé David Gakunzi décrypte pour Jeune Afrique les zones d’ombre autour de l’« Institut Mandela de Paris ».

Le-dit article a clairement remis en cause l’intégrité de l’Institut Mandela ainsi que celui de ses membres suite à la désignation du Président burundais pour l’obtention du Prix Mandela du Courage 2017. Nous déplorons que Jeune Afrique l’ait publié dans le déni des règles d’éthique journalistique qui imposent que chaque information soit vérifiée et que les intéressés aient l’occasion de s’exprimer. Notre démarche ne vise pas à répondre aux propos dénigrants de l’auteur, connu pour son opposition farouche au Président Nkurunziza. Nous avons d’ailleurs des informations sur les véritables commanditaires de l’article signé par cet individu, intellectuel autoproclamé. Notre volonté consiste à ne pas laisser le lecteur dans l’ignorance des manœuvres visant à porter le discrédit.

L’Institut Mandela conteste vivement les allégations contenues dans l’article et tient à rappeler plusieurs éléments

Tout d’abord, l’Institut Mandela est une marque déposée, enregistrée sous le n° 174 384 853 et publiée au Bulletin officiel de la Propriété industrielle n ° 17/51. L’Institut Mandela n’est donc pas « un organisme non identifié ». Ses membres organisent des conférences de haut niveau auxquelles participent des personnalités reconnues pour leurs compétences et la qualité de leurs interventions.

Ensuite, il est opportun de rappeler que le ministre Olivier Stirn est le seul ministre en exercice ayant eu l’occasion de rendre visite à Nelson Mandela en prison. L’individu, auteur de l’article sur le site de Jeune Afrique, n’a pas jugé bon de donner cette information aux lecteurs, alors qu’il les abreuve de celles relatives à des ventes de centrales nucléaires et d’armes au régime d’apartheid par la France au moment où l’Institut Mandela n’existait pas.

Par ailleurs, il est important de faire savoir que les procédures de candidature et de sélection des prétendants aux Prix Mandela sont publiques et connues de tous. Elles sont d’ailleurs décrites sur notre site officiel www.institutmandela.com. Toute personne peut être candidat ou proposer une candidature. Le Comité de sélection est composé de cinq personnalités aux profils divers (un Ancien Ambassadeur, une Intellectuelle [président], un Scientifique, un Colonel [CR], une Membre de la société civile faisant fonction de secrétaire). Le Jury est composé de cinq personnalités (un Ancien Ambassadeur [Président], une ancienne ministre, un Général [2 S], un Intellectuel de renommée mondiale [secrétaire], une Membre de la société civile).

Pour assurer la transparence et éviter toute cooptation ou collision, les membres du Comité de sélection et du Jury ne se connaissent pas. Ils transmettent leur rapport au Président de l’Institut Mandela et au Secrétaire perpétuel des Prix Mandela qui assurent la liaison entre les deux structures indépendantes. Les membres du Comité de sélection et du Jury connaissent bien les problèmes africains et surtout leurs origines. Ils prennent les décisions en conséquence de cause. Ils ont sélectionné et primé 17 Lauréats pour 2017. 

La candidature du Président Nkurunziza a été proposée par 318 personnes, dont des Burundais, des Belges et des ressortissants d’Afrique de l’Ouest et de l’Est

En outre, revenons sur le Prix Mandela du Courage 2017 attribué au Président Nkurunziza et qui pose un problème à son opposant dans cet article de Jeune Afrique. La candidature du Président Nkurunziza a été proposée par 318 personnes, dont des Burundais, des Belges et des ressortissants d’Afrique de l’Ouest et de l’Est. Elle est argumentée et documentée sur l’origine de la crise politique que connaît le Burundi depuis 2015. Les soutiens de la candidature Nkurunziza rappelaient qu’il a été élu démocratiquement en 2005 suite aux élections générales organisées par le gouvernement qu’il ne contrôlait pas. Ils soulignaient que le parti politique de Nkurunziza a accepté les Accords d’Arusha (dont il n’était pas signataire) pour la paix au Burundi après une décennie de crise politico-ethnique et de rébellion.

Les signataires de cet Accord avaient mis une clause d’élection du Président de la République au suffrage indirect en pensant en bénéficier pour accomplir aisément deux mandats constitutionnels au suffrage direct. Ayant perdu l’élection indirecte, ils ont décrié le troisième mandat du président actuel, qui n’est pas anticonstitutionnel selon les jugements de la Cour Constitutionnelle du Burundi et du Tribunal de la Communauté d’Afrique de l’Est saisie respectivement par l’Opposition burundaise. Le premier mandat de Nkurunziza a été unanimement salué par l’ensemble des Burundais pour son bilan positif en matière de réconciliation nationale et de développement endogène. La fin du second mandat a été entachée par les vieux démons burundais avec une tentative de coup d’État.

Son échec est à l’origine de la crise politique actuelle. De nombreuses manipulations subsistent. La fabrication de fausses preuves pour déstabiliser le pays est en est une. Nous avons en mémoire les images des tueries d’un conflit en Afrique de l’Ouest, attribuées au pouvoir de Nkurunziza et projetées dans le journal télévisé de France 3 qui a reconnu plus tard, par un communiqué de rédaction, une manipulation de l’information. Voilà en résumé, quelques-uns des arguments des soutiens de candidature de Nkurunziza au Prix Mandala et qui ont manifestement convaincus, après vérification d’usage, les membres du Comité de sélection et du Jury.

L’Institut Mandela a subi des pressions téléphoniques et écrites pour revenir, aux mépris des procédures, sur sa décision de primer le Président Nkurunziza

L’Institut Mandela a subi des pressions téléphoniques et écrites pour revenir, aux mépris des procédures, sur sa décision de primer le Président Nkurunziza. Il n’est pas étonnant que ce qu’ils n’ont pu obtenir par pression, ils cherchent à le faire par cet article diffamatoire. L’esprit des Prix Mandela n’est pas de récompenser l’absence des problèmes, mais plutôt la volonté de résoudre ou de faire face aux problèmes. Le Prix Mandela du Courage décerné au Président Nkurunziza s’inscrit dans cette philosophie d’encourager des actions positives et difficiles. Toutes les décisions du Comité de sélection et du Jury sont souveraines.

L’auteur de l’article, qui allait de de chaîne de télévision française en chaîne de télévision pour soutenir le coup d’État au Burundi de 2015, veut retrouver une crédibilité perdue dans l’échec de déstabilisation de son pays en détruisant la réputation d’un institut dont les actions sont connues et appréciées de tous sur la scène parisienne et internationale. Toutes nos conférences (une dizaine chaque année) rencontrent un franc succès, vérifiable à travers les photos et vidéos publiés sur notre site, mais également à travers la presse.

Dans sa présentation, l’intellectuel autoproclamé de Jeune Afrique a omis d’informer les lecteurs qu’il est ami et conseiller personnel de major Pierre Buyoya, auteur de deux Coups d’État pour devenir le Président du Burundi et qui a raté le troisième contre le Président Nkurunziza. Cela devait permettre aux lecteurs de comprendre les motivations de cet article diffamatoire, visant à ternir l’image de l’Institut Mandela.

La haine de cet auteur contre le Président Nkurunziza est bien connue sur les réseaux sociaux. Elle l’empêche d’émettre un avis objectif et de faire preuve de rigueur et d’éthique. Il est regrettable que le journal Jeune Afrique soit tombé dans ce piège. Nous espérons que l’avenir lui permettra d’éviter de tels écueils et souhaitons à ce journal, que nous avons toujours respecté, de réussir sa mission qu’est la sienne.

Le Service de Communication de l’Institut Mandela

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