sénégal

CANDIDATURES Á LA DÉPUTATION AU SEIN DE L'APR FRANCE : QUELLE LECTURE ? (PAR BEN YAHYA SY)

Afrique Connection | 12 / 04 / 2017 à 11:49
Ben Yahya SY. Un des memnres de la Convergence des Cadres Républicains France/Sénégal, une structure de l'Apr, le parti au pouvoir au Sénégal

« Écrire, c'est hurler sans bruit. » Marguerite Duras

 

Le samedi 8 avril 2017, un secrétariat pour recueillir les candidatures à la Députation a rencontré les candidats dont les dossiers étaient considérés comme « complets ». C'est l'occasion pour nous d'analyser en toute lucidité, ce processus qui laisse transparaître beaucoup de failles aussi bien au niveau de l' APR que de la DSE France. La première d'entre elles est l'absence notoire de circulaire de l' administrateur ou du président informant les militants et sympathisants sur la possibilité de se présenter, les conditions à remplir et le canevas à suivre. L'inexistence d'un tel dispositif montre à suffisance la difficulté de taille à laquelle était confrontée ce secrétariat monté de toutes pièces et par conséquent avec une durée de vie plus qu' éphémère.

Sur le plan purement politique, le nombre de candidatures enregistrées est la preuve d'un besoin incontestable de démocratie interne réclamée urbi et orbi depuis ce fameux 8 novembre 2013. C'est un carton rouge brandi contre un système, qui décourage les militants et sympathisants sincères qui ne demandent qu'à travailler, et considéré comme une bande de copains aux mains inexpertes et inexpérimentées qui n'est en place que pour se servir et non servir.

 

Ce rush de candidatures et la stratégie mise en place par les membres autoproclamés du secrétariat (...) est une gifle magistrale portée aux théoriciens de la « candidature naturelle »

 

Ce rush de candidatures et la stratégie mise en place par les membres autoproclamés du secrétariat consistant à faire monter la surenchère dans un premier temps et de pousser dans un second temps les candidats à se désister au profit de l'actuel coordonnateur de la DSE, est une gifle magistrale portée aux théoriciens de la « candidature naturelle ». Aucune candidature ne peut être naturelle si elle n'est pas sous-tendue par les mécanismes de la démocratie interne.

A (lire) également: Ben Yahya Sy: « Il y a des forces rétrogrades qui n’ont jamais voulu la restructuration de la DSE-France, craignant pour leurs privilèges »

C'est là que la célèbre phrase de François Xavier Verschave « la défense désespérée de nos illusions est le second rempart à l'avancée de la vérité » trouve tout son sens, toute sa splendeur. Les militants et sympathisants ne veulent pas que la générosité ne soit pas un mot qui ne se traduit pas en acte. Et force est de constater que la redistribution des cartes ne s'est jamais faite car le système d’accaparement est resté le même. C’est pour ainsi dire qu'un travail politique de fond n'a jamais été fait en direction des « petites mains » qui ne demandent qu'à être écoutées, respectées et entendues. Au contraire, elles sont à la limite considérées comme du « bétail électoral » à qui il faudra juste parler de Macky Sall pour les endormir. Le 30 juillet 2017, c'est demain et demain se préparait au soir du 20 mars 2016. Depuis cette date, le doute et les tergiversations n'étaient plus permis.

La colère est palpable dans nos rangs et le risque est grand qu'elle s'amplifie pour se transformer en une lame de fond si par malheur nous ne nous reconnaîtrions pas dans les choix qui seront faits sous peu

Cependant le sentiment le mieux partagé chez les militants et sympathisants de France est le doute. Le doute qui d'après Aristote est de début de la Sagesse devient un doute politique qui fragilise, démoralise et qui ne dissipe pas les ténèbres dans les bataillons républicains. Ce doute à la base la vertu cardinale du militaire, vertu de pragmatisme, de la mise à l'épreuve volontaire de ses propres croyances, devient une grande faiblesse qui conduit au pessimisme et au renoncement. Et il n'est pas pas inutile de rappeler que la naissance du doute chez Montaigne fut d’abord la conséquence d’une défaite.

Le vœu du président de l' APR exprimé lors de son passage à Paris au mois de mars, d'avoir une majorité aux législatives quelque soient les personnes investies sur les listes, est perçu comme un « chantage affectif » par bon nombre de militants et sympathisants républicains. C'est le lieu de demander au camarde Président de nous aider à l'aider car nous voulons des Députés à nous dédiés pas des thuriféraires d'une personne, d'un lobby ou d'une caste établie. La colère est palpable dans nos rangs et le risque est grand qu'elle s'amplifie pour se transformer en une lame de fond si par malheur nous ne nous reconnaîtrions pas dans les choix qui seront faits sous peu. Jusqu'à la preuve du contraire, nous demeurons maîtres de nos cartes d'électeurs et une fois dans l'isoloir nous voterons en âme et conscience car le contrat moral qui nous lie n'est pas de suivre aveuglément quitte à trahir nos convictions profondes.

A (re)lire également: La belle leçon de morale politique entachée. Par Ben Yahya SY

 

Paraphrasant Hegel, Principes de la philosophie du droit, nous disons que « ce qui est rationnel est réel et ce qui est réel est rationnel. » et c'est pourquoi après avoir fait une analyse sans complaisance des candidatures à la Députation, nous vous exhortons à faire des choix qui seront un retour au chemin véritable de la politique au vu des sacrifices consentis et surtout de nous épargner la paralysie complète des forces vives de la famille républicaine de France et Navarre.

Ben Yahya SY

Convergence des Cadres Républicains

CCR France

 

Top 10 + Populaires