Investitures aux législatives : la représentation nationale doit être à l'image du pays (Par Abdou FLEUR)

Afrique Connection | 15 / 05 / 2017 à 10:02

La jeunesse doit être au cœur du jeu politique. La représentation nationale doit être à l'image du pays. Ce n’est pas une simple faculté, c’est une exigence absolue car, « l’argile fondamentale de notre œuvre est la jeunesse. Nous y déposons tous nos espoirs et nous la préparons à prendre le drapeau de nos mains », disait Che Guevara.

Le fait de dire que la jeunesse est l’avenir et de le chanter sur tous les toits du monde est très noble en soi, mais au regard de la pratique, depuis les indépendances, la jeunesse sénégalaise est associée aux seuls mots : « une jeunesse oubliée », « une jeunesse toujours reléguée au second plan », « une jeunesse abandonnée à elle-même ». La jeunesse sénégalaise est incontestablement le parent pauvre de notre système politique et institutionnel. Pourtant, on peut se targuer d’avoir une jeunesse bien formée, une jeunesse dynamique et patriote, en première ligne sur tous les fronts. Le seul fait d’être jeune ne doit pas être un handicap mais au contraire, une véritable opportunité car, elle est le présent et le futur.

La représentation nationale n’est pas à l’image du pays. En effet, au Sénégal, la jeunesse représente plus de 60% de la population. De plus, elle est en première ligne sur tous les combats. Pourtant, la jeunesse est très mal représentée, à tous les niveaux. La jeunesse est en marge des sphères de décisions. A titre d’exemple, la jeunesse représente moins de 3% à l’assemblée nationale, là où on décide de l’avenir de la nation, donc de la jeunesse. Au conseil économique, social et environnemental, il n’y a même pas 1% de jeunes. C’est le même constat dans toutes les formations politiques au Sénégal, notamment à l’APR. Quel paradoxe ! On décide pour la jeunesse, mais sans elle. La conclusion qu’on peut en tirer c’est qu’on décide naturellement contre elle, en ce sens qu’elle supporte le poids historique des décisions et engagements des différents gouvernements. Ce constat est sans doute le symbole d’une crise profonde de représentation démocratique au Sénégal.

Pourtant, malgré ce constant peu reluisant, la jeunesse est incontestablement l’artisan du renouveau. Elle doit faire l’avenir, surtout dans un monde globalisé aux défis multiples. La jeunesse doit participer aux votes des lois qui concernent son avenir. Une assemblée ne peut être forte sans une présence massive de jeunes. Elle est l’énergie, la force vive du pays.

Dès lors, je lance un appel à tous les jeunes républicains, en particulier, tous les jeunes sénégalais en général, à se mobiliser pour une présence massive de la jeunesse à l’hémicycle.
Pour cela, la seule alternative, c’est de combattre l'immobilisme, la résignation et ainsi, opérer le véritable changement tant attendu.

Par ailleurs, le recyclage des hommes politiques empêche naturellement le renouvellement de la classe politique. Par conséquent, il faut mettre à mal cette usine à fabriquer des politiciens professionnels qui s’éternisent au pouvoir pendant des générations. On ne peut pas éternellement continuer à jouer la même musique au fil des temps. Autre génération, autre musique. La politique est une mission et non une profession. Dès lors, le renouvellement de la classe politique est plus qu'une demande, c'est une exigence.
Abdou FLEUR
Secrétaire Administratif COJER/France

Top 10 + Populaires

Afrique Connection TV