AU SÉNÉGAL, Y A T-IL UN CAPITAINE A BORD?

Afrique Connection | 21 / 10 / 2017 à 09:55

TRIBUNE

Depuis quelques temps, la réputation du Sénégal sur l’international s’écorne sérieusement et il n’y a aucune réaction de la part de nos autorités pour nous protéger des attaques extérieures et éclairer la lanterne des Sénégalais, mais également prouver ou réaffirmer la réactivité et l’efficacité de notre diplomatie.


L’ambassadeur de l’Arabie Saoudite à Dakar, à travers la presse sénégalaise, nous dit qu’il y a eu de l’ingérence de la part du Qatar sur la libération de Karim Wade. Il affirme même que les autorités qatari ont tenté de faire pression sur le gouvernement du Sénégal, afin que Mr Wade revienne au pays pour la fin du ramadan.

Résultat de recherche d'images pour "ibrahima wade bruxelles"Ibrahima Wade, l'auteur de la tribune


Quelques jours après, c’est le ministre qatari des affaires étrangères qui, dans une interview accordé au journal Jeune Afrique, nous dit que si le Qatar est intervenu dans la libération de Karim Wade et l’a accueilli sur son sol, c’est pour des raisons humanitaires et sur la demande des autorités sénégalaises. Parlant des positions prises par nos autorités lorsque l’Arabie Saoudite a rompu ses relations diplomatiques avec le Qatar, le ministre des affaires étrangères qatari affirme que le président Macky Sall a reconnu s’être trompé devant le roi qatari. On pourrait se demander même s’il ne s’est pas excusé pour rentrer dans les bonnes grâces de ce pétromonarque, à la tête d’une des nations les plus riches au monde.


Ainsi, l’Arabie Saoudite et le Qatar se livre une bataille par presse interposée sur le dos du Sénégal sans que nous autorités ne réagissent réellement.
L’actualité scolaire est dominée par cette décision des autorités sénégalaises de fermer les écoles Yavuz Selim du Sénégal, sur la pressions du président turc dit-on. Cette école pourtant avait fini de démontrer son utilité dans l’espace scolaire du pays et beaucoup de parents d’élèves se sont sacrifiés pour permettre à leurs enfants d’être scolarisés dans cet établissement.

 

Notre souveraineté nationale, en tant que Etat « indépendant » et notre survie en tant que économie émergente, sont attaquées sans que personne ne se dresse en bouclier pour protéger notre pays


Il parait aussi que le géant multinational Auchan qui, rencontre même en Europe des résistances pour s’implanter dans certaines communes à cause des menaces qu’il fait peser sur le commerce de proximité, va étendre ses tentacules au Sénégal. Aucun commerçant sénégalais ne pourrait résister aux prix qui seront pratiqués par ce géant et je vous prédis la mort imminente du commerce de détail et à la clé des milliers de chômeurs qui vont rejoindre ces millions de Sénégalais désœuvrés.


Notre souveraineté nationale, en tant que Etat « indépendant » et notre survie en tant que économie émergente, sont attaquées sans que personne ne se dresse en bouclier pour protéger notre pays. Quand on sait le rôle que joue le secteur informel dans le pays, laisser un si grand géant du commerce plurisectoriel, dicter sa loi de marché et pratiquer des dumpings sur les prix, risque de déstabiliser définitivement tous les équilibres socio-économiques du Sénégal.


Notre diplomatie doit être plus réactive quant aux sujets qui touchent à notre souveraineté nationale et protéger notre économie et ceux qui portent la ‘croissance économique informelle’, qui nourrit la population sénégalaise devrait être la boussole qui guide le capitaine qui est à la barre du navire Sénégal.
Mais ces derniers temps, avec toutes les attaques (diplomatiques, économiques, migratoires etc.) subies par le Sénégal, le navire semble tanguer dangereusement, sur cette mer mondialisée et truffée de mines anti-développement des grandes puissances et des sociétés multinationales, qui ne cherchent qu’à pêcher pour leurs propres intérêts.

Ibrahima Wade, Bruxelles
Secrétaire Général Un Autre Avenir

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