Tribune

MANIFESTE DE FARLU: LE POUVOIR AUX CITOYENS

Afrique Connection | 28 / 08 / 2019 à 02:36

Nous observons les mutations qui traversent notre société, ce creuset
de toutes les influences intellectuelles et humaines, avec un regard
lucide, sous le rapport duquel la troisième voie, plus qu'une idéologie,
s'impose comme une transition, un médium qui, en même temps qu'il
coexiste avec le système des partis, se projette à leur substitution. Voilà
un moment que la mort des idéologies, est consacrée par la fin de la
guerre froide, préfigurant ainsi la fin toute proche des partis politiques.
Si bien que les exigences des peuples et leur prise en charge en
appellent à d'autres modes d'intervention collective qui, s’ils y associent
les appareils classiques, partis politiques et /ou syndicats, traduisent
doctement l'impératif d'une approche horizontale. Nous le voyons
bien chez les sociaux-démocrates d'Amérique et de l'Europe de l'Ouest.
En vérité, l'évanescence des partis , caractérisée par leur incapacité à
combiner transformation et équité entre les différentes composantes du
corpus social, ne serait-ce que sous le rapport capital et travail salarié,
et, dans le même prolongement, les dotations déséquilibrées entre les
territoires, régions et Etats, avec ses cortèges de disparités, participe du
maintien d'un statu quo, avec comme présupposé que le modèle
ultralibéral demeure le seul à porter les transformations par les réformes
progressives.

Pire, la capitulation des élites devant la logique mercantile de la
spéculation boursière, au point que les forces politiques sur les
échiquiers, par leur inconsistance idéologique et, le plus souvent, leur
logique de prébendes, a engendré la primauté de l'économique sur le
politique.
Quand la bourse surenchérit sur la côte des titres et autres valeurs, les
politiques quant à eux s'ajustent au gré des sondages, des fabriques
d'opinions au procédé pseudo scientifique, dont la finalité est de
subordonner les politiques publiques aux attentes du Marché. Ce modèle
mondialiste dominant, d'inspiration occidentale et d'essence impérialiste
qui a, tant bien que mal, réussi la prouesse de réduire en peaux de
chagrin les idées et forces dites de gauche, tout en se gaussant de sa
prédominance, se voit malgré tout opposé à des contre-cultures
endogènes de résistance et de déconstruction de ses logiques.
L'irruption de candidats comme Sanders et de Trump au sein des
appareils politiques traditionnellement conservateurs, par leur culte de
l'élitisme et du mysticisme savant, au moyen de discours antisystème
dont la résonance au sein des couches populaires ont rendu possible
leur ascension dans un échiquier proprement réservé aux professionnels
de la politique, a quelque chose qui relève de l'indice de la fin toute
proche de la démocratie représentative de type partite.
La preuve par mille que les prémisses du mouvement des indignés, nés
à la faveur de la crise de la dette en Europe du Sud et leurs
conséquences, n'étaient pas qu'une réaction, telle que la pensée
dominante a voulu le faire passer. À contrario, d'une conséquence, la
naissance de ce type de mouvements sociaux-politiques met en relief les
limites Épistémologiques du mondialisme, au-delà desquelles, pour
avancer il urge, à défaut d'inventer de nouveaux, de changer de
paradigmes.
Pour notre part, nous partisans de la troisième voie, non pas celle
introuvable de Blair, Schröder et Clinton, perdue dans les dédales du
choc des civilisations, mais celle qui établit un contrôle direct du
constituant sur ses mandants. La doctrine de la troisième voie, c'est de
faire sauter les cloisons partisanes qui structurent l'échiquier et qui
réduisent la transparence, la gestion participative et inclusive ou encore
le contrôle citoyen à de la littérature populiste, voire politicienne.

Désormais il est établi que les citoyens, contre toute attente et dépit des
conditions sociales précaires, résultante des modes de gouvernance
auxquels ils sont confrontés de longue date, développent par leurs
moyens propres et/ou collectifs des alternatives, pour s'informer, se
former et se mobiliser, quelque soit le sujet ou l'enjeu.
Qui plus est, nous assistons aux prémices d'une ère nouvelle de la
démocratie représentative, celle qui inaugure le pouvoir révocatoire de
tout dépositaire de mandat par les citoyens, lorsque ceux-ci s'estiment
trahis ou abusés. Dès lors la troisième voie que nous appelons de nos
vœux, pour ainsi dire le FARLU (forces africaines pour la
rassemblement, la liberté et l'unité ) se donne pour ambition de fédérer
les citoyens aux thématiques relatives à la gouvernance politique,
économique, sociale et culturelle.
Un projet politique dont la seule vocation sera de mettre à la disposition
des citoyens les outils nécessaires à leur conscientisation et devenir, in
fine, une force autonome de transformation qualitative. Toutefois,
FARLU dont l'évocation sonne en wolof être prêt, entend de la même
manière que les problèmes du Sénégal, endosser le combat aux côtés
de toutes les forces vives africaines qui luttent pour le respect de la
dignité et de la liberté de l'homme africain.

A Paris, New york, Viennes, Londres , Dakar, le 23/08/19

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