L’autre drame de la fièvre hémorragique en Afrique de l’Ouest

En Guinée, Sierra Léone et Liberia, 4000 enfants devenus orphelins et rejetés à cause d’Ebola

Afrique Connection | 01 / 10 / 2014 à 09:23

Dans le sillage des morts causés par le virus Ebola, et qui augmentent de jour en jour, des milliers d’enfants guinéens, sierra-léonais et libériens sont en train de vivre un drame dans le plus grand anonymat. Devenus orphelins, ils sont également rejetés par leur entourage familial. L’UNICEF tire la sonnette d’alarme et entreprend une batterie de mesures à l'endroit de ces enfants triplement victimes, et dont le nombre risque de doubler dans 15 jours.

C’est l’autre revers de la médaille d’Ebola sur lequel les médias n’insistent pas forcément, et qui pourtant constitue un véritable drame pour les enfants des trois pays les plus affectés par la maladie hémorragique. Il s’agit de tous ces mômes subitement devenus orphelins, suite au décès d’un ou de leurs parents à cause d’Ebola. Ils seraient au moins 3 700 enfants dans cette situation en Guinée, Sierra Léone et au Liberia. Ce constat d’UNICEF est plus qu’alarmant. Et il démontre à quel point cette couche est vulnérable à trois égards : les enfants meurent du virus, ils en deviennent orphelins, mais ils sont aussi rejetés par l’entourage familial par crainte de l'infection.  « Des milliers d'enfants vivent dans des conditions précaires suite au décès de leur père, de leur mère ou d’autres membres de leur famille, », a déclaré Manuel Fontaine, Directeur régional de l'UNICEF pour l'Afrique de l’Ouest et l'Afrique centrale, qui vient de rentrer d'une visite de deux semaines dans la sous-région, cité par le service de presse de l’agence onusienne.

« Ces enfants, ajoute t-il, ont besoin qu’on leur accorde de toute urgence une attention et un appui particuliers. Mais beaucoup d'entre eux se sentent indésirables et même abandonnés. Les orphelins sont généralement pris en charge par un membre de la famille élargie mais, dans certaines communautés, la peur du virus Ebola l’emporte de plus en plus sur les liens familiaux. »

Le drame est que, d’après les estimations de l’UNICEF, le nombre d’enfants orphelins à cause d’Ebola, qui a nettement augmenté ces dernières semaines, « risque de doubler » d’ici à la mi-octobre.  

L’UNCFEF a relevé un autre d’Ebola chez les enfants, psychologique celui-là : « le virus Ebola a également un profond impact sur les enfants, surtout quand on doit les isoler, eux ou leurs parents, pour le traitement. »

L’UNICEF déclenche une batterie de mesures

Un état de fait qui a amené l’organisation à lancer une batterie de mesures pour venir en aide aux mômes des trois pays affectés :  

Au Libéria : formation de 400 assistants sociaux et agents de santé, spécialistes de santé mentale,  soutien familial et communautaire à destination des enfants touchés par le virus Ebola et fourniture des soins à ceux qui ont été rejetés par leurs communautés ou dont les familles ont péri. 

En Sierra Leone : formation en soins des plus de 2 500 personnes qui ont survécu à Ebola pour soigner et soutenir les enfants placés en quarantaine dans des centres de traitement

En Guinée : l'UNICEF et ses partenaires apporteront un appui psychosocial à environ 60 000 enfants et à leurs familles vulnérables dans les communautés touchées par le virus Ebola.

Thierno DIALLO

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

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