Ebola: le Sénégal appelé à ouvrir un corridor humanitaire

Afrique Connection | 05 / 09 / 2014 à 09:06

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Les humanitaires ont besoin de Dakar pour acheminer, entre autres, de l'aide alimentaire dans les pays touchés par Ebola, comme ici au Liberia (Reuters)

La plupart des compagnies aériennes ont interrompu leurs vols vers les trois pays les plus touchés par Ebola, ce qui complique la tâche de ceux qui luttent contre l’épidémie.

Alors que des experts soulignent l'importance d'une bonne prise en charge des patients sur le terrain –  complément indispensable à la recherche de traitements et vaccins –, la communauté humanitaire basée à Dakar a en effet besoin d’un corridor pour acheminer leur aide.

Depuis trois semaines, le Sénégal a fermé ses frontières terrestres, maritimes et aériennes aux trois pays les plus touchés par la fièvre Ebola. Si les humanitaires engagés dans la lutte comprennent ces mesures, celles-ci posent en retour d’autres problèmes particulièrement graves. Car la communauté humanitaire a besoin de Dakar comme base régionale pour pouvoir acheminer dans les trois pays touchés les équipes médicales obligées de faire des rotations, le matériel et l’aide alimentaire urgente. Tous les bureaux régionaux des organisations de l’ONU, ainsi que des ONG comme MSF, sont en effet installés à Dakar.

Négociations en cours

Selon plusieurs sources, des négociations sont en cours avec le gouvernement pour voir dans quelle mesure le Sénégal pourrait assouplir ses restrictions et ouvrir un corridor humanitaire. « Jusqu’à présent, on nous refuse la possibilité d’opérer à partir de Dakar, on nous renvoie vers d’autres pays. Or nous avons besoin de positionner ne serait-ce qu’un avion à Dakar qui puisse faire des allers-retours assortis bien entendu des précautions sanitaires afférentes », explique un expert onusien. Et d’insister : « Il faut bien comprendre que nous sommes engagés dans une véritable course contre la montre, les défis logistiques sont gigantesques. Nous avons aussi besoin, au plus vite, de la solidarité des pays africains, et surtout de celle du Sénégal ».

Contre Ebola, l'importance de la prise en charge sur le terrain

Deux cents experts se réunissent à Genève les 4 et 5 septembre sous l'égide de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour faire le point sur les traitements actuels contre Ebola. Mais face à l'épidémie, « le traitement médicamenteux est un atout, mais ça n’est pas l’essentiel », souligne Bernadette Murgue. La directrice adjointe de l'Institut de microbiologie et des maladies infectieuses de l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) pointe également l'importance de la prise en charge des patients sur le terrain : les infrastructures, le personnel médical, ou encore le simple fait de parvenir à nourrir les personnes prises en charge. 

rfi

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