Vingt ans après, les plaies à vif d'une rescapée du génocide rwandais

Afrique Connection | 07 / 04 / 2014 à 10:55

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Immaculée Mukarwego, à Bruxelles, en mars. | DR

« J'ai deux vies », dit Immaculée. La première s'est arrêtée au Rwanda le 7 avril 1994. Pour elle, « c'était hier ». Sa seconde vie a pourtant vingt ans. Elle a commencé en Belgique au lendemain du génocide perpétré dans son ancien pays contre les Tutsi.

Immaculée Mukarwego a 51 ans. Au Rwanda, sa vie était douce, pleine d'amour. Douzième d'une fratrie de treize enfants, fille d'un des juges de Kigali, elle gérait une maison d'édition dépendant du ministère de la coopération belge. Au printemps 1994, son travail devait la conduire pour la première fois à Bruxelles. Mais au pays des Mille  Collines, l'ambiance est devenue électrique. Immaculée décide, le 6 avril, de reporter son voyage. Ce jour-là, l'avion du président Juvénal Habyarimana est abattu par un missile. Les massacres de Tutsi commencent une demi-heure après l'attentat. Ils vont durer cent jours. 800 000 Tutsi – et Hutu modérés – seront tués, selon l'estimation des Nations unies.

Le 7 avril, les miliciens Interahamwe hutu frappent à sa porte. Immaculée leur tend l'enveloppe contenant l'argent du billet d'avion. Ils repartent. Un ami de son ex-mari vient la chercher avec ses deux enfants de 3 et 7 ans. Ce mécanicien hutu musulman prend le risque de les cacher dans le cabanon où il entrepose les pièces de véhicules en réparation. Leur apportant farine de manioc ou haricots rouges, il sera le seul à les voir pendant trois mois. Pas question de sortir. Juste devant la maison, un barrage est mis en place pour trouver les Tutsi tentant d'échapper aux tueries.

« AU MOINS, POUR LUI C'EST FINI »

« Trois mois à attendre la mort. Tu sais que tu ne vas pas t'en sortir, mais tu ne sais pas quand ils vont te tuer. Dans dix heures ? Dix secondes ? Cette nuit ? Demain ? Cette peur extrême te bouffe. ‘Au moins, pour lui c'est fini’, voilà ce que tu te dis lorsque tu apprends la mort d'un proche. La douleur vient après. »« Après », c'est quand elle découvre que les autres membres de sa famille n'ont pas survécu. A partir du 10 juillet, Immaculée va parcourir Kigali, reprise par les troupes tutsi du Front patriotique rwandais (FPR). La ville est « tapissée de cadavres ». Il y a les chiens errants qui s'en nourrissent et Immaculée qui les retourne, à la recherche d'un visage familier.

Elle se met aussi en tête de collecter des objets ayant pu leur appartenir. Revient chaque jour à l'emplacement de la maison familiale désormais rasée, creuse le sol du jardin des voisins. Comme des milliers de Rwandais hutu redoutant les représailles du FPR, ils ont fui vers le Congo. Avant de partir, ils ont enfoui le butin le moins précieux de leurs pillages.

Dans sa brouette, Immaculée entasse tout ce qu'elle trouve. Les pulls de son frère, le collier de sa mère. « J'étais devenue folle. Je marchais toute la journée, à peine habillée, des poux plein la tête, une plaie à la cheville juste recouverte d'un tissu pour la protéger des mouches. Depuis le 7 avril, je n'avais plus eu aucune nouvelle d'eux. Comme j'avais survécu alors qu'on me croyait morte, je pensais que c'était pareil pour eux. Ils avaient aussi des amis, de quoi payer les miliciens. Mais en fait, l'amitié n'existe plus à ce moment. Il n'y a rien à expliquer non plus. J'ai payé, on m'a épargnée ; mon frère a payé, il s'est fait tuer d'une balle. »

C'est ce qu'elle s'entend dire à son arrivée à Bruxelles en septembre 1994.« Comment expliquez-vous que vous ayez survécu, alors que toute votre famille est morte, madame ? » Le fonctionnaire de l'immigration doute de sa sincérité. Vingt ans après, elle, n'a toujours pas trouvé de réponse. S'en est remise au « destin ». Elle ne peut pas non plus expliquer les circonstances exactes de la mort des membres de sa famille. Pas la force de se renseigner. Elle l'a fait pour sa mère, avant de quitter Kigali. Elle en pleure encore.

« MORTS DE FAIM OU DE SOIF »

« Un voisin l'a déposée à la sortie de la ville. Elle a marché des jours vers le sud du pays d'où nous étions originaires [cette région du sud appelée Boutare, la seule à être dirigée par un préfet tutsi, fut dans un premier temps épargnée par les massacres]. Ma mère est arrivée jusqu'à notre paroisse, c'est là qu'elle a été attrapée et enfermée avec d'autres, dans un local sans eau ni nourriture. Ils sont morts de faim ou de soif. »

Elle sait aussi pour sa sœur, Mukazayire. En 2001, l'exhumation d'une fosse commune est filmée. La caméra s'attarde sur ce qui reste des corps. Devant son écran, Immaculée reconnaît le short en jean de Mukazayire.
Les bouts de tissu sont devenus une obsession. « On ne peut pas commencerson deuil sans avoir la preuve que c'est fini. Voir une dépouille, ça permet de sedire : ‘Bon, son corps est là, ça s'arrête là.’ Je sais que je ne retrouverai pas celui de ma mère. Mais les affaires des tués ont été entreposées à côté du local où elle est morte. J'espère y voir un de ses habits. » Peut-être ira t-elle l'été prochain.

En 1997, sur le point d'obtenir son passeport belge, Immaculée retourne au Rwanda. Il lui faut s'assurer que ce n'est pas là qu'elle veut vivre. Les dix jours que doivent durer son séjour lui semblent une éternité. L'absence de ses proches la saisit dès son arrivée à l'aéroport. L'impression d'être dans un gros « courant d'air »... Elle n'a plus rien à faire là-bas.

Sa vie est désormais à Bruxelles. Elle recommence tout. Se fait engager comme secrétaire de direction, devient gestionnaire d'équipe. Depuis peu, elle travaille au service des marchés publics de la ville. Immaculée s'est remariée en 2001 avec un avocat. Il a adopté ses deux enfants. Elle a aussi entrepris des études de droit et s'est engagée au côté du collectif des Parties civiles de Belgique, actif dans les quatre procès de génocidaires qui ont eu lieu dans son pays d'accueil. Pour elle,faire aboutir un procès, c'est un peu organiser l'enterrement d'un Tutsi qui n'y a pas eu droit. Ça lui a permis d'apaiser sa colère aussi.

« Avant, j'en voulais au monde entier, dès que je voyais un Hutu, la haine montait. J'en avais des ulcères à l'estomac. Les procès m'ont permis de comprendrequ'ils n'étaient pas tous à mettre dans le même sac. Une condamnation, ça permet aussi de se dire qu'au moins, les autres n'ont pas fait ce pourquoi celui-ci vient d'être jugé. »

« LE GÉNOCIDE M'A PRIS TOUT CE QUE J'AVAIS »

En 2009, elle réclame le report de l'audience d'Ephrem Nkezabera, surnommé le « banquier du génocide ». Trop malade pour venir au tribunal, il sera condamné par défaut, fera appel du jugement et mourra judiciairement innocent. Immaculée n'a pas envie que cela se reproduise pour un haut fonctionnaire de Kigali, contre lequel elle a pourtant déposé plainte. Hutu et Tutsi se croisent régulièrement en Belgique. L'ex-colonisateur accueille la plus importante diaspora rwandaise, 30 000 selon l'ambassade. Un jour, à l'arrêt de tram du quartier européen, Immaculée reconnaît un visage familier. Celui de l'homme qui aurait ordonné la mort d'un groupe de femmes et d'enfants, parmi lesquels sa belle-sœur et ses neveux.

Elle sort de la rame, le salue. Avant qu'il ne lui dise d'un air gêné : « Je suis désolé, je n'ai rien pu faire pour la famille de votre frère », elle a déjà ce qu'elle veut. Lieux de résidence et travail. Des renseignements obtenus sous prétexte defaire la conversation, mais nécessaires pour déposer plainte et ouvrir l'instruction. La justice belge a traîné, le haut fonctionnaire de Kigali a été diagnostiqué malade d'Alzheimer. Immaculée ne veut plus entendre parler d'un quelconque jugement. A la barre, la rescapée veut être confrontée à la vérité.

Elle a compris que s'acharner n'apporte rien. Le désir de vengeance est le seul sentiment que le temps a atténué. La douleur, elle, s'accroît à mesure que les années passent. Son chagrin est « comme une tumeur qui ne peut pas êtresoignée ». Parfois, elle n'arrive pas à lui échapper. « Je vis ma vie comme les gens normaux, sauf que je ne suis pas normale. Le génocide m'a pris tout ce que j'avais. Il me manque une partie de moi. Je suis toujours au bord d'un gouffre. Pour ne pas y sombrer, je lutte en permanence, m'accroche à tout. Mes enfants, mon mari, les gens qui m'aiment. Je le dois à ceux qui sont partis, il faut que je vive et que je vive vraiment. »

Elle a appris à rire souvent, à tenir à distance le sentiment de culpabilité éprouvé par certains survivants. N'a jamais vu de psy. Préfère beaucoup travailler. Fait dusport dès qu'elle a une minute. Toujours bien habillée, impeccablement maquillée. Personne, et surtout pas les Hutu de Bruxelles ne doivent « voir ce qu'elle a dans son cœur ».

« Jamais au grand jamais je ne m'effondrerais devant eux. Hors de question qu'ils puissent penser ‘le boulot est fini’, on a même réussi à tuer ceux qui sont restés vivants. »

Le Monde.fr

Vingt ans après, les plaies à vif d'une rescapée du génocide rwandais

Afrique Connection | 07 / 04 / 2014 à 10:55

« J'ai deux vies », dit Immaculée. La première s'est arrêtée au Rwanda le 7 avril 1994. Pour elle, « c'était hier ». Sa seconde vie a pourtant vingt ans. Elle a commencé en Belgique au lendemain du génocide perpétré dans son ancien pays contre les Tutsi.

Immaculée Mukarwego a 51 ans. Au Rwanda, sa vie était douce, pleine d'amour. Douzième d'une fratrie de treize enfants, fille d'un des juges de Kigali, elle gérait une maison d'édition dépendant du ministère de la coopération belge. Au printemps 1994, son travail devait la conduire pour la première fois à Bruxelles. Mais au pays des Mille  Collines, l'ambiance est devenue électrique. Immaculée décide, le 6 avril, de reporter son voyage. Ce jour-là, l'avion du président Juvénal Habyarimana est abattu par un missile. Les massacres de Tutsi commencent une demi-heure après l'attentat. Ils vont durer cent jours. 800 000 Tutsi – et Hutu modérés – seront tués, selon l'estimation des Nations unies.

Le 7 avril, les miliciens Interahamwe hutu frappent à sa porte. Immaculée leur tend l'enveloppe contenant l'argent du billet d'avion. Ils repartent. Un ami de son ex-mari vient la chercher avec ses deux enfants de 3 et 7 ans. Ce mécanicien hutu musulman prend le risque de les cacher dans le cabanon où il entrepose les pièces de véhicules en réparation. Leur apportant farine de manioc ou haricots rouges, il sera le seul à les voir pendant trois mois. Pas question de sortir. Juste devant la maison, un barrage est mis en place pour trouver les Tutsi tentant d'échapper aux tueries.

« AU MOINS, POUR LUI C'EST FINI »

« Trois mois à attendre la mort. Tu sais que tu ne vas pas t'en sortir, mais tu ne sais pas quand ils vont te tuer. Dans dix heures ? Dix secondes ? Cette nuit ? Demain ? Cette peur extrême te bouffe. ‘Au moins, pour lui c'est fini’, voilà ce que tu te dis lorsque tu apprends la mort d'un proche. La douleur vient après. »« Après », c'est quand elle découvre que les autres membres de sa famille n'ont pas survécu. A partir du 10 juillet, Immaculée va parcourir Kigali, reprise par les troupes tutsi du Front patriotique rwandais (FPR). La ville est « tapissée de cadavres ». Il y a les chiens errants qui s'en nourrissent et Immaculée qui les retourne, à la recherche d'un visage familier.

Elle se met aussi en tête de collecter des objets ayant pu leur appartenir. Revient chaque jour à l'emplacement de la maison familiale désormais rasée, creuse le sol du jardin des voisins. Comme des milliers de Rwandais hutu redoutant les représailles du FPR, ils ont fui vers le Congo. Avant de partir, ils ont enfoui le butin le moins précieux de leurs pillages.

Dans sa brouette, Immaculée entasse tout ce qu'elle trouve. Les pulls de son frère, le collier de sa mère. « J'étais devenue folle. Je marchais toute la journée, à peine habillée, des poux plein la tête, une plaie à la cheville juste recouverte d'un tissu pour la protéger des mouches. Depuis le 7 avril, je n'avais plus eu aucune nouvelle d'eux. Comme j'avais survécu alors qu'on me croyait morte, je pensais que c'était pareil pour eux. Ils avaient aussi des amis, de quoi payer les miliciens. Mais en fait, l'amitié n'existe plus à ce moment. Il n'y a rien à expliquer non plus. J'ai payé, on m'a épargnée ; mon frère a payé, il s'est fait tuer d'une balle. »

C'est ce qu'elle s'entend dire à son arrivée à Bruxelles en septembre 1994.« Comment expliquez-vous que vous ayez survécu, alors que toute votre famille est morte, madame ? » Le fonctionnaire de l'immigration doute de sa sincérité. Vingt ans après, elle, n'a toujours pas trouvé de réponse. S'en est remise au « destin ». Elle ne peut pas non plus expliquer les circonstances exactes de la mort des membres de sa famille. Pas la force de se renseigner. Elle l'a fait pour sa mère, avant de quitter Kigali. Elle en pleure encore.

« MORTS DE FAIM OU DE SOIF »

« Un voisin l'a déposée à la sortie de la ville. Elle a marché des jours vers le sud du pays d'où nous étions originaires [cette région du sud appelée Boutare, la seule à être dirigée par un préfet tutsi, fut dans un premier temps épargnée par les massacres]. Ma mère est arrivée jusqu'à notre paroisse, c'est là qu'elle a été attrapée et enfermée avec d'autres, dans un local sans eau ni nourriture. Ils sont morts de faim ou de soif. »

Elle sait aussi pour sa sœur, Mukazayire. En 2001, l'exhumation d'une fosse commune est filmée. La caméra s'attarde sur ce qui reste des corps. Devant son écran, Immaculée reconnaît le short en jean de Mukazayire.
Les bouts de tissu sont devenus une obsession. « On ne peut pas commencerson deuil sans avoir la preuve que c'est fini. Voir une dépouille, ça permet de sedire : ‘Bon, son corps est là, ça s'arrête là.’ Je sais que je ne retrouverai pas celui de ma mère. Mais les affaires des tués ont été entreposées à côté du local où elle est morte. J'espère y voir un de ses habits. » Peut-être ira t-elle l'été prochain.

En 1997, sur le point d'obtenir son passeport belge, Immaculée retourne au Rwanda. Il lui faut s'assurer que ce n'est pas là qu'elle veut vivre. Les dix jours que doivent durer son séjour lui semblent une éternité. L'absence de ses proches la saisit dès son arrivée à l'aéroport. L'impression d'être dans un gros « courant d'air »... Elle n'a plus rien à faire là-bas.

Sa vie est désormais à Bruxelles. Elle recommence tout. Se fait engager comme secrétaire de direction, devient gestionnaire d'équipe. Depuis peu, elle travaille au service des marchés publics de la ville. Immaculée s'est remariée en 2001 avec un avocat. Il a adopté ses deux enfants. Elle a aussi entrepris des études de droit et s'est engagée au côté du collectif des Parties civiles de Belgique, actif dans les quatre procès de génocidaires qui ont eu lieu dans son pays d'accueil. Pour elle,faire aboutir un procès, c'est un peu organiser l'enterrement d'un Tutsi qui n'y a pas eu droit. Ça lui a permis d'apaiser sa colère aussi.

« Avant, j'en voulais au monde entier, dès que je voyais un Hutu, la haine montait. J'en avais des ulcères à l'estomac. Les procès m'ont permis de comprendrequ'ils n'étaient pas tous à mettre dans le même sac. Une condamnation, ça permet aussi de se dire qu'au moins, les autres n'ont pas fait ce pourquoi celui-ci vient d'être jugé. »

« LE GÉNOCIDE M'A PRIS TOUT CE QUE J'AVAIS »

En 2009, elle réclame le report de l'audience d'Ephrem Nkezabera, surnommé le « banquier du génocide ». Trop malade pour venir au tribunal, il sera condamné par défaut, fera appel du jugement et mourra judiciairement innocent. Immaculée n'a pas envie que cela se reproduise pour un haut fonctionnaire de Kigali, contre lequel elle a pourtant déposé plainte. Hutu et Tutsi se croisent régulièrement en Belgique. L'ex-colonisateur accueille la plus importante diaspora rwandaise, 30 000 selon l'ambassade. Un jour, à l'arrêt de tram du quartier européen, Immaculée reconnaît un visage familier. Celui de l'homme qui aurait ordonné la mort d'un groupe de femmes et d'enfants, parmi lesquels sa belle-sœur et ses neveux.

Elle sort de la rame, le salue. Avant qu'il ne lui dise d'un air gêné : « Je suis désolé, je n'ai rien pu faire pour la famille de votre frère », elle a déjà ce qu'elle veut. Lieux de résidence et travail. Des renseignements obtenus sous prétexte defaire la conversation, mais nécessaires pour déposer plainte et ouvrir l'instruction. La justice belge a traîné, le haut fonctionnaire de Kigali a été diagnostiqué malade d'Alzheimer. Immaculée ne veut plus entendre parler d'un quelconque jugement. A la barre, la rescapée veut être confrontée à la vérité.

Elle a compris que s'acharner n'apporte rien. Le désir de vengeance est le seul sentiment que le temps a atténué. La douleur, elle, s'accroît à mesure que les années passent. Son chagrin est « comme une tumeur qui ne peut pas êtresoignée ». Parfois, elle n'arrive pas à lui échapper. « Je vis ma vie comme les gens normaux, sauf que je ne suis pas normale. Le génocide m'a pris tout ce que j'avais. Il me manque une partie de moi. Je suis toujours au bord d'un gouffre. Pour ne pas y sombrer, je lutte en permanence, m'accroche à tout. Mes enfants, mon mari, les gens qui m'aiment. Je le dois à ceux qui sont partis, il faut que je vive et que je vive vraiment. »

Elle a appris à rire souvent, à tenir à distance le sentiment de culpabilité éprouvé par certains survivants. N'a jamais vu de psy. Préfère beaucoup travailler. Fait dusport dès qu'elle a une minute. Toujours bien habillée, impeccablement maquillée. Personne, et surtout pas les Hutu de Bruxelles ne doivent « voir ce qu'elle a dans son cœur ».

« Jamais au grand jamais je ne m'effondrerais devant eux. Hors de question qu'ils puissent penser ‘le boulot est fini’, on a même réussi à tuer ceux qui sont restés vivants. »

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