« Ma galère pour Laurent Gbagbo »

Armand Iré, auteur du livre « Côte d'Ivoire : vote sanglant, douleurs d'exil »

Afrique Connection | 15 / 02 / 2014 à 06:32

Dimanche 9 février, Armand Iré, qui se définit comme « communicateur de formation et journaliste par accident », présentait à la Maison de l'Afrique, à Paris, son livre intitulé « Côte d'Ivoire : vote sanglant, douleurs d'exil », publié aux éditions L'Harmattan.

Resté proche de l'ancien Président ivoirien, Laurent Gbagbo, en détention à la Cour pénal international (CPI), Armand Iré se bat aujourd'hui dans son exil parisien, aux côtés d'autres partisans et sympathisants du Front Populaire Ivoirien (FPI), l'ancien parti au pouvoir, pour la libération de son mentor politique. Lors de son discours introductif, il est largement revenu sur son histoire personnelle avec Laurent Gbagbo, et son parcours de combattant pour rejoindre sa terre d'exil, la France.

« Quand Laurent Gbagbo est arrivé au pouvoir, j'avais déjà beaucoup de convictions de gauche. Mais on va dire que c'est avec lui que la cuillère en or s'est construite dans ma bouche. Parce que c'est avec Laurent Gbagbo que j'ai obtenu mon premier boulot, grâce à sa politique d'emploi ouvert à tous les jeunes. J'ai fait les concours d'entrée à la fonction publique de Côte d'Ivoire. Ces concours existaient avant, mais la majeure partie des gens n'était pas au courant. C'est quand Gbagbo est arrivé qu'on en a fait la découverte, car il y avait des affiches partout pour inciter les Ivoiriens à tenter leur chance. En matière politique, je suis proche du Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo. C'est dans les années 80 que j'ai découvert Laurent Gbagbo. Ma mère était libraire. J'avais ainsi la possibilité de lire les invendus des journaux. Le journal que je lisais le plus c'est Jeune Afrique. Un jour, j'apprends à travers d'un article de ce journal qu' Houphouët- Boigny avait un opposant. Il était mentionné qu'il avait gagné un procès contre Jeune Afrique. Sur la photo illustrant l'article avec obligation de publication, Laurent Gbagbo portait un blouson en cuir et un jean. J'ai demandé à ma mère : « C'est qui ce Monsieur qui se dit opposant d'Houphouët Boigny ? » Elle répond : « C'est lui Laurent Gbagbo. Actuellement, il vit en France, mais, un jour, il va rentrer en Côte d'Ivoire ». C'est comme ça que j'ai découvert l'homme.
Quand il est rentré en 1988, le pays commence à bouillonner, les syndicats à s'activer. Il a créé son parti. Moi, j'ai commencé à étudier le type, à utiliser ses tics. Et je n'étais pas le seul. Si vous remarquez bien, beaucoup de personnalités proches de Laurent Gbagbo l'imitent dans sa façon de marcher, de parler. Il est vraiment contagieux, ce Monsieur.

J'ai eu la chance d'arriver à un certain niveau de la vie ivoirienne. Je travaillais au Conseil général de Goudlo, en tant que chargé de communication. J'étais de pleins pieds dans l'organisation et dans les dossiers à envoyer à la présidence. Il m'arrivait de voir le Monsieur (Gbagbo, NDLR). Ce que je remarquais, c'est son extrême humanité. Sincèrement, ce Monsieur m'a contaminé. C'est pourquoi j'ai vécu un choc, lorsqu'à peine installé au pouvoir en 2002, il fait face à une rébellion.
Du Conseil général de Goudlo, je suis allé au Port Autonome d'Abidjan (PAA) rejoindre un Monsieur qui s'appelle Marcel Gossio (ancien Directeur du PAA, il est rentré d'exil en janvier, NDLR). C'est un grand. N'en déplaise en certains. C'est un Monsieur que je respecte. J'ai beaucoup d'admiration pour lui.

J'ai écrit mon livre (Côte d'Ivoire : vote sanglant, douleurs d'exil) parce qu'il fallait que je parle, que je donne mon regard sur la politique ivoirienne, sur la vie même du pays. Ce livre part des années 60 avec la prise pouvoir de Houphouit- Boigny, jusqu'à chute de Laurent Gbagbo et l'arrivée d'Alassane Outtara dans les chars de la communauté internationale.
La guerre commence. Mais, au début, c'était la guerre des médias. Avec un agent de la RTI, on s'est dit qu'il faut qu'on bosse. On a alors pris sa voiture, avec une caméra, on est parti dans les rues de Yopougon. C'était chaud. On se faufile entre les balles, entre les combattants de la liberté. On arrive à la résidence présidentielle, on rentre à Cocody, en traversant tous les chek- point des miliciens. On voit que des soldats de Guillaume Soro. Je me suis demandé si c'est Ouattara qui est élu ou Soro. On fait tout pour rejoindre le colonel Bouamou qui était de l'autre côté de la RTI. Il nous prend sur sa 4X4, il nous dépose à la RTI. Là-bas, on fait tourner en boucle le film de notre tournage. On a fait un travail extraordinaire.

Je suis parti de Cocody le 7 (avril 2011, NDLR). Je n'avais pas pris une douche depuis trois jours. Les militaires nous chassaient. Après la première attaque, on ne voyait que des soldats de Guillaume Soro, aucun soldat de Ouattara.

La journée du 11 (avril 2011, NDLR) est indescriptible. Je sortais d'une veillée de prière, et j'avais dormi jusqu'à l'après-midi. Soudain ça commence à crier dans tout le quartier. Je m'approche, je découvre le calvaire : c'est Michel Gbagbo qui est en train de se faire bastonner, à son arrivée au Golf. C'est le choc (...)

Les échos parlaient de plus en plus de quartiers libérés (...) A chaque fois que je demande après quelqu'un, on me dit qu'il est parti. Je me suis alors dit que je vais prendre la route d'exil comme tout le monde. Je ne voulais pas rester au Ghana. Je ne voulais pas me retrouver là-bas avec tout le monde comme à Cocody (...) Je voulais aller quelque part où je serai tranquille, afin de pouvoir méditer sur ce comment on en est arrivé là. Je suis allé à Cotonou (Bénin), où m'a accueilli une de nos anciens stagiaires au Port Autonome d'Abidjan. Mais l'ambiance n'y était pas pro- Gbagbo. Les Cd de l'arrestation de Laurent Gbagbo s'y vendaient comme des petits pains. C'était très douloureux (...) Un jour, je reçois un appel anonyme sur mon téléphone. J'entends une voix me dire : « Toi le ministère guerrier-là, c'est à Cotonou que tu es caché. Tu penses qu'on ne sait pas là où tu es ? ». Après cet épisode, j'ai dit à mon hôte que Cotonou ce n'est plus sûr pour moi, il faut que j'avance.

J'ai alors repris mon chemin. J'ai traversé le grand Nigéria. J'arrive au Cameroun. Sans passeport. Sur un barrage, je tombe sur un policier qui me dit que je vais te rapatrier dans ton pays. De 13h jusqu'à 20 h, je lui demande pardon. Il prenait tout son temps, il est allé en ville, il est revenu. A 21 h, il m'appelle et me dit : « Tu sais, on est en plein année électorale au Cameroun. Venir ici sans- papiers, on va vous prendre pour un mercenaire. On va s'arranger. Comme il fait nuit, il y a mois de barrage. Tu paies 1000 francs à chaque barrage ». Je lui demande combien je lui donne ? Moi qui m'attendais à ce qu'il me réponde 100 000 francs, il dit donnes-moi 30 000 francs (...)

Je tombe sur un pasteur nigérian. Il me suggère de prendre de Douala qui ne partira que deux jours plus tard. Il me dit que le train est plus sûr parce qu'il n'y a pas de contrôle à l'intérieur (...) A Douala, on m'a contrôlé dans une voiture. Je n'avais pas de papiers évidement. Tous ceux qui était avec moi dans cette voiture on commencé alors à crier : « Comment peut-on entrer dans le pays sans-papier ? Il peut brûler notre pays un jour, donc il ne faut pas le laisser le partir ». Quand la tension est retombée, je me suis alors expliqué. J'ai dit : "Je suis de la Côte d'Ivoire, je suis un partisan de Laurent Gbagbo. Je suis en train de fuir ». Le gendarme me répond : « Pourquoi tu ne m'a pas dis ça dès le départ ? » (...) Finalement, on m'a laissé partir.
Je vivais tranquillement au Cameroun, parce qu'il y avait une tendance favorable à Laurent Gbagbo. Jusqu'à ce qu'un jour, je suis malheureusement rattrapé par la politique de la Côte- d'Ivoire. Ma rédaction du Nouveau Courrier m'appelle pour me demander de couvrir la dédicace du livre du journaliste Charles Onana, "Côte d'Ivoire, le coup d'État" (...) J'arrive à la dédicace. Je suis alpagué par deux policiers en civil. Ils me demandent si je suis le ministre Justin Koné Katinan. Je réponds que non. Je leur montre mes papiers, en leur précisant que je suis juste venu couvrir la dédicace en tant que journaliste. Ils insistent que je suis Koné Katinan. On m'embarque. Pendant trois jours, ils m'interrogent. Ils étaient convaincus que je suis Koné Katinan. Ils finirent par me laisser en me disant que je ne dois pas mener d'activités politiques au Cameroun (...)

J'ai continué mon chemin d'exil jusqu'en France. Avec l'aide des mes amis camerounais ».

Propos recueillis par Thierno Diallo

 

 

« Ma galère pour Laurent Gbagbo »

Armand Iré, auteur du livre « Côte d'Ivoire : vote sanglant, douleurs d'exil »

Afrique Connection | 15 / 02 / 2014 à 18:32

Dimanche 9 février, Armand Iré, qui se définit comme « communicateur de formation et journaliste par accident », présentait à la Maison de l'Afrique, à Paris, son livre intitulé « Côte d'Ivoire : vote sanglant, douleurs d'exil », publié aux éditions L'Harmattan.

Resté proche de l'ancien Président ivoirien, Laurent Gbagbo, en détention à la Cour pénal international (CPI), Armand Iré se bat aujourd'hui dans son exil parisien, aux côtés d'autres partisans et sympathisants du Front Populaire Ivoirien (FPI), l'ancien parti au pouvoir, pour la libération de son mentor politique. Lors de son discours introductif, il est largement revenu sur son histoire personnelle avec Laurent Gbagbo, et son parcours de combattant pour rejoindre sa terre d'exil, la France.

« Quand Laurent Gbagbo est arrivé au pouvoir, j'avais déjà beaucoup de convictions de gauche. Mais on va dire que c'est avec lui que la cuillère en or s'est construite dans ma bouche. Parce que c'est avec Laurent Gbagbo que j'ai obtenu mon premier boulot, grâce à sa politique d'emploi ouvert à tous les jeunes. J'ai fait les concours d'entrée à la fonction publique de Côte d'Ivoire. Ces concours existaient avant, mais la majeure partie des gens n'était pas au courant. C'est quand Gbagbo est arrivé qu'on en a fait la découverte, car il y avait des affiches partout pour inciter les Ivoiriens à tenter leur chance. En matière politique, je suis proche du Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo. C'est dans les années 80 que j'ai découvert Laurent Gbagbo. Ma mère était libraire. J'avais ainsi la possibilité de lire les invendus des journaux. Le journal que je lisais le plus c'est Jeune Afrique. Un jour, j'apprends à travers d'un article de ce journal qu' Houphouët- Boigny avait un opposant. Il était mentionné qu'il avait gagné un procès contre Jeune Afrique. Sur la photo illustrant l'article avec obligation de publication, Laurent Gbagbo portait un blouson en cuir et un jean. J'ai demandé à ma mère : « C'est qui ce Monsieur qui se dit opposant d'Houphouët Boigny ? » Elle répond : « C'est lui Laurent Gbagbo. Actuellement, il vit en France, mais, un jour, il va rentrer en Côte d'Ivoire ». C'est comme ça que j'ai découvert l'homme.
Quand il est rentré en 1988, le pays commence à bouillonner, les syndicats à s'activer. Il a créé son parti. Moi, j'ai commencé à étudier le type, à utiliser ses tics. Et je n'étais pas le seul. Si vous remarquez bien, beaucoup de personnalités proches de Laurent Gbagbo l'imitent dans sa façon de marcher, de parler. Il est vraiment contagieux, ce Monsieur.

J'ai eu la chance d'arriver à un certain niveau de la vie ivoirienne. Je travaillais au Conseil général de Goudlo, en tant que chargé de communication. J'étais de pleins pieds dans l'organisation et dans les dossiers à envoyer à la présidence. Il m'arrivait de voir le Monsieur (Gbagbo, NDLR). Ce que je remarquais, c'est son extrême humanité. Sincèrement, ce Monsieur m'a contaminé. C'est pourquoi j'ai vécu un choc, lorsqu'à peine installé au pouvoir en 2002, il fait face à une rébellion.
Du Conseil général de Goudlo, je suis allé au Port Autonome d'Abidjan (PAA) rejoindre un Monsieur qui s'appelle Marcel Gossio (ancien Directeur du PAA, il est rentré d'exil en janvier, NDLR). C'est un grand. N'en déplaise en certains. C'est un Monsieur que je respecte. J'ai beaucoup d'admiration pour lui.

J'ai écrit mon livre (Côte d'Ivoire : vote sanglant, douleurs d'exil) parce qu'il fallait que je parle, que je donne mon regard sur la politique ivoirienne, sur la vie même du pays. Ce livre part des années 60 avec la prise pouvoir de Houphouit- Boigny, jusqu'à chute de Laurent Gbagbo et l'arrivée d'Alassane Outtara dans les chars de la communauté internationale.
La guerre commence. Mais, au début, c'était la guerre des médias. Avec un agent de la RTI, on s'est dit qu'il faut qu'on bosse. On a alors pris sa voiture, avec une caméra, on est parti dans les rues de Yopougon. C'était chaud. On se faufile entre les balles, entre les combattants de la liberté. On arrive à la résidence présidentielle, on rentre à Cocody, en traversant tous les chek- point des miliciens. On voit que des soldats de Guillaume Soro. Je me suis demandé si c'est Ouattara qui est élu ou Soro. On fait tout pour rejoindre le colonel Bouamou qui était de l'autre côté de la RTI. Il nous prend sur sa 4X4, il nous dépose à la RTI. Là-bas, on fait tourner en boucle le film de notre tournage. On a fait un travail extraordinaire.

Je suis parti de Cocody le 7 (avril 2011, NDLR). Je n'avais pas pris une douche depuis trois jours. Les militaires nous chassaient. Après la première attaque, on ne voyait que des soldats de Guillaume Soro, aucun soldat de Ouattara.

La journée du 11 (avril 2011, NDLR) est indescriptible. Je sortais d'une veillée de prière, et j'avais dormi jusqu'à l'après-midi. Soudain ça commence à crier dans tout le quartier. Je m'approche, je découvre le calvaire : c'est Michel Gbagbo qui est en train de se faire bastonner, à son arrivée au Golf. C'est le choc (...)

Les échos parlaient de plus en plus de quartiers libérés (...) A chaque fois que je demande après quelqu'un, on me dit qu'il est parti. Je me suis alors dit que je vais prendre la route d'exil comme tout le monde. Je ne voulais pas rester au Ghana. Je ne voulais pas me retrouver là-bas avec tout le monde comme à Cocody (...) Je voulais aller quelque part où je serai tranquille, afin de pouvoir méditer sur ce comment on en est arrivé là. Je suis allé à Cotonou (Bénin), où m'a accueilli une de nos anciens stagiaires au Port Autonome d'Abidjan. Mais l'ambiance n'y était pas pro- Gbagbo. Les Cd de l'arrestation de Laurent Gbagbo s'y vendaient comme des petits pains. C'était très douloureux (...) Un jour, je reçois un appel anonyme sur mon téléphone. J'entends une voix me dire : « Toi le ministère guerrier-là, c'est à Cotonou que tu es caché. Tu penses qu'on ne sait pas là où tu es ? ». Après cet épisode, j'ai dit à mon hôte que Cotonou ce n'est plus sûr pour moi, il faut que j'avance.

J'ai alors repris mon chemin. J'ai traversé le grand Nigéria. J'arrive au Cameroun. Sans passeport. Sur un barrage, je tombe sur un policier qui me dit que je vais te rapatrier dans ton pays. De 13h jusqu'à 20 h, je lui demande pardon. Il prenait tout son temps, il est allé en ville, il est revenu. A 21 h, il m'appelle et me dit : « Tu sais, on est en plein année électorale au Cameroun. Venir ici sans- papiers, on va vous prendre pour un mercenaire. On va s'arranger. Comme il fait nuit, il y a mois de barrage. Tu paies 1000 francs à chaque barrage ». Je lui demande combien je lui donne ? Moi qui m'attendais à ce qu'il me réponde 100 000 francs, il dit donnes-moi 30 000 francs (...)

Je tombe sur un pasteur nigérian. Il me suggère de prendre de Douala qui ne partira que deux jours plus tard. Il me dit que le train est plus sûr parce qu'il n'y a pas de contrôle à l'intérieur (...) A Douala, on m'a contrôlé dans une voiture. Je n'avais pas de papiers évidement. Tous ceux qui était avec moi dans cette voiture on commencé alors à crier : « Comment peut-on entrer dans le pays sans-papier ? Il peut brûler notre pays un jour, donc il ne faut pas le laisser le partir ». Quand la tension est retombée, je me suis alors expliqué. J'ai dit : "Je suis de la Côte d'Ivoire, je suis un partisan de Laurent Gbagbo. Je suis en train de fuir ». Le gendarme me répond : « Pourquoi tu ne m'a pas dis ça dès le départ ? » (...) Finalement, on m'a laissé partir.
Je vivais tranquillement au Cameroun, parce qu'il y avait une tendance favorable à Laurent Gbagbo. Jusqu'à ce qu'un jour, je suis malheureusement rattrapé par la politique de la Côte- d'Ivoire. Ma rédaction du Nouveau Courrier m'appelle pour me demander de couvrir la dédicace du livre du journaliste Charles Onana, "Côte d'Ivoire, le coup d'État" (...) J'arrive à la dédicace. Je suis alpagué par deux policiers en civil. Ils me demandent si je suis le ministre Justin Koné Katinan. Je réponds que non. Je leur montre mes papiers, en leur précisant que je suis juste venu couvrir la dédicace en tant que journaliste. Ils insistent que je suis Koné Katinan. On m'embarque. Pendant trois jours, ils m'interrogent. Ils étaient convaincus que je suis Koné Katinan. Ils finirent par me laisser en me disant que je ne dois pas mener d'activités politiques au Cameroun (...)

J'ai continué mon chemin d'exil jusqu'en France. Avec l'aide des mes amis camerounais ».

Propos recueillis par Thierno Diallo

 

 

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