France

L'OM mène la fronde contre l'accord entre Monaco et la LFP

Afrique Connection | 15 / 02 / 2014 à 04:02

Aux côtés de six clubs, dont le PSG, Vincent Labrune conteste l'accord passé entre la LFP et Monaco

Le club olympien occupe tous les terrains. Le sportif, évidemment, avec un déplacement de haute importance dimanche à Saint-Étienne, qui conditionnera forcément en grande partie la fin de saison des troupes de José Anigo. Mais le club olympien n'ambitionne pas seulement une place sur le podium de la Ligue 1 ; il défend aussi ses intérêts économiques.

Dans un contexte financier toujours plus complexe - avec les recettes des droits télé revues à la baisse, des revenus de billetterie fortement impactés notamment par les travaux du stade Vélodrome, et l'instauration de la taxe à 75 % -, l'OM veille au grain. Et l'accord trouvé entre la LFP et l'AS Monaco, le 24 janvier dernier - le club de la Principauté conservant son siège social sur le Rocher en contrepartie de deux versements de 25 millions d'euros à la Ligue - est forcément resté en travers de la gorge de Vincent Labrune. 

"Notre position n'a pas changé depuis janvier 2013", insiste le président de l'OM, cosignataire d'un courrier adressé hier aux 40 clubs professionnels afin de les informer qu'une "action contentieuse" allait être engagée pour remettre en cause cet accord. Labrune, qui avait déjà voté contre cet accord il y a trois semaines, mène ainsi la fronde aux côtés de Lille, Bordeaux, Montpellier, Lorient, Caen et... du PSG !

"Cet accord est un non-sens pour le football français en général et l'OM en particulier, peste le président olympien. C'est une question de principe. On n'a rien contre Monaco, mais cet accord n'a tout simplement pas de sens et c'est pour ça qu'on avait déjà voté contre. Aujourd'hui, il se trouve qu'un club qui n'est pas élu au Conseil d'administration de la LFP (Bordeaux, ndlr) a décidé d'engager un recours. Nous nous y sommes associés, en envoyant ce courrier à tous les clubs pros. D'autres vont peut-être nous rejoindre, ou pas. On verra ce qui se passe. Mais la principale question est : comment se fait-il que des clubs ont voté pour ?"

Thiriez : "Une position mercantile"

Concrètement, l'AS Monaco doit s'acquitter de 50 M€ en deux ans pour "s'acheter" le droit d'évoluer en Ligue 1. Mais si cette coalition se dit "surpris(e) par le caractère précipité et peu transparent de cet accord, qui sur le fond méconnaît plusieurs principes de droit" pour motiver sa démarche, les inquiétudes pourraient se trouver ailleurs. Déjà, les avantages fiscaux de la Principauté (*)permettront à l'ASM de rapidement amortir cette somme. Et l'OM sait qu'il ne pourra pas lutter à moyen terme face à un club monégasque trop puissant ; le PSG, de son côté, voit d'un mauvais oeil cette concurrence émergente. Une alliance de circonstance qui n'est pas pour déplaire à l'OM, qui voit son entreprise prendre davantage de poids.

En creux, certains mettent déjà en avant des querelles concernant la future répartition de ce petit magot. C'est la position qu'a soulignée hier Frédéric Thiriez, dans un courrier adressé aux clubs. "Ce qu'ils veulent en semant le désordre et la confusion, c'est faire pression avant la discussion sur la répartition des fonds versés par Monaco afin d'être favorisés au détriment des autres clubs. Cette position mercantile et irresponsable ne pourra empêcher l'application d'un accord dans lequel la Ligue est dorénavant pleinement engagée avec l'appui d'une forte majorité des élus, l'avis favorable du président de la FFF, et qui a été approuvé à la fois par les pouvoirs publics français et la Principauté de Monaco."

L'OM s'est lancé dans un nouveau match contre Monaco et l'instance nationale. Sans aucune certitude de pouvoir en sortir vainqueur...

 

(*) La Principauté de Monaco n'est pas soumise à l'impôt sur le revenu ni à la taxe à 75 %, et les charges patronales y sont très faibles (15,4 %

Afrique Connection TV