Koffi Annan critique les pays riches sur leur réaction tardive face à Ebola

« Si cette crise avait frappé une autre région, on aurait probablement géré cela très différemment »

Afrique Connection | 17 / 10 / 2014 à 09:29

kofi_2297702b.jpg

Le Ghanéen Kofi Annan, septième Secrétaire général de l'Organisation intenrationale des nations unis (ONU, 1997-2006))

L'ancien Secrétaire général des Nations Unis, Koffi Annan en veut aux pays riches, coupables de n'avoir pas réagi à temps face à la propagation de l'épidémie Ebola en Afrique de l'Ouest.

La persistance d'Ebola en Afrique de l'Ouest a fait sortir Koffi Annan de ses gongs. Pas seulement du fait que la maladie continue de tuer, mais surtout à cause de la lenteur observée dans la réaction de la communauté internationale. Interrogé par la chaîne de télévision BBC, l'ancien Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unis (ONU, 1997-2006) n'a, en effet, pas usé d'un lange diplomatique pour dire ce qu'il pense de cette situation. « Je suis déçu par la communauté internationale parce qu'elle n'avance pas plus rapidement », a indiqué dans un premier temps le Ghanéen. Avant de lancer une pierre dans le jardin des pays riches. « Je montre du doigt les pays qui ont les moyens (...) mais il y a plusieurs pays à blâmer », a soutenu Koffi Annan, qui précise : « Si cette crise avait frappé une autre région, on aurait probablement géré cela très différemment ». Et d'insister : « En fait si vous regardez l'évolution de la crise, la communauté internationale ne s'est vraiment réveillée que lorsque la maladie est arrivée en Amérique et en Europe ». Une drôle de coïncidence qui amène le Prix Nobel de la Paix 2001 à cette conclusion : « On n'avait pas besoin de mois pour faire ce que nous faisons aujourd'hui. »

Il faut dire que depuis plusieurs mois, des aides sont annoncées au gré des sommets et autres rencontres régionales et internationales aux fins d'endiguer l'épidémie qui est partie de la Guinée en fin de l'année dernière avant de se propager en Sierra-Léone et au Liberia. Mais le moins que l'on puisse dire, toutes ces promesses tardent à être suivies d'effets, quand elles ne sont tout simplement pas oubliées dans les tiroirs.

Les pays riches rechignent à envoyer du personnel médical dans les pays affectés

Aussi, les engagements des Occidentaux sont généralement d'ordre matériel. Or, les pays affectés par l'épidémie ont aujourd'hui surtout besoin de personnel soignant, pour satisfaire une demande croissante de jour en jour. À l'évidence, les pays riches sont très réticents à l'idée d'envoyer sur place des ressources humaines, de peur sans doute qu'elles soient contaminées, comme ce fut le cas déjà de nombre de médecins et d'infirmiers américains et européens.

L'épidémie Ebola a tué plus de 4 000 personnes depuis fin décembre 2013, essentiellement au Liberia, en Sierra-Léone et en Guinée. Et l'urgence d'agir est plus que nécessaire, puisque les prévisions de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) sont très alarmantes. En décembre, estime l'organisation, on pourrait atteindre 10.000 nouvelles infections par semaine.

Jean OLOHOU

Afrique Connection TV